Concordance des temps

Bonsoir,

J’ai un doute sur les temps utilisés dans cette deuxième phrase, vous paraît-elle correcte ?

« Ces peluches sont ridicules et on me demande de les vendre à un prix d’or. Si Lola était encore là, je doute que l’idée eut été acceptée, mais, au moins, on les aurait rendues exceptionnelles. »

Merci !

Feenie Membre actif Demandé le 11 juillet 2022 dans Conjugaison

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4 réponse(s)
 

C’est correct, sous réserve du contexte (temps du reste du texte).
Si Lola était encore là, je doute que l’idée eût été (PQP du subj. en raison du verbe principal douter qui appelle le subjonctif) acceptée, mais, au moins, on les aurait rendues exceptionnelles (conditionnel passé).
Ne pas oublier l’accent circonflexe au subj.

joelle Grand maître Répondu le 11 juillet 2022

1/
En supprimant la proposition intermédiaire, votre phrase est du type :
— Si elle était là, on aurait fait telle chose.
Alors que la règle générale de la concordance entre la condition et la conséquence est plutôt :
a) Indicatif imparfait + conditionnel présent
— Si elle était là, on ferait telle chose.
b) Indicatif plus-que-parfait + conditionnel passé
— Si elle avait été là, on aurait fait telle chose.
Donc non, puisque c’est votre question, la concordance des temps n’est manifestement pas respectée.
Qu’une action passée dépende d’un état présent, ce n’est pas logique, ça semble incorrect, mais peut-être avez-vous vos raisons pour avoir mélangé les temps, cela arrive.

2/
On peut, comme vous l’avez fait, décaler un jugement au présent portant sur une hypothèse entière vers l’intérieur de la conséquence :
a) Doutes-tu que [si elle était là je ferais cela] ?
–> Si elle était là, doutes-tu que je ferais-je cela, penses-tu que ça marcherait ?
b) Doutes-tu que [si elle avait était là j’aurais fait cela] ?
–> Si elle avait été là, doutes-tu que j’aurais fait cela, penses-tu que ça aurait marché ?
C’était juste une vérification, avec une phrase simplifiée. Ça colle bien, il n’y a manifestement pas de problème de ce côté-là : il est possible de placer un verbe supprimable au présent, même si ce verbe est le verbe principal, dans la proposition qui devrait être au conditionnel. On ne met au conditionnel que le verbe de la conséquence lui-même, et non le verbe qui l’introduit.

3/
On peut utiliser le subjonctif plus-que-parfait à la place du conditionnel passé.
* Voix active
— on aurait accepté l’idée = on eût accepté l’idée
* Voix passive
— l’idée aurait été acceptée = l’idée eût été acceptée
Vous voyez au passage que le subjonctif plus-que-parfait s’écrit avec un accent circonflexe. Sans accent, vous avez un passé antérieur, qui n’a pas sa place ici.

4/
Rectifiez l’articulation des deux propositions coordonnées.
Je lis dans votre phrase ce sens : « on aurait refusé de le faire, mais, au moins, on l’aurait fait autrement ».
C’est incohérent, car si on ne le fait pas, on ne peut pas le faire autrement. C’est pourquoi je vous propose : « on aurait refusé de le faire, ou du moins on l’aurait fait autrement ».

5/
Avec les deux propositions de conséquence, pour mieux faire le parallèle, je vais me permettre de :
— faire le choix du récit au passé avec une bonne concordance des temps (1b)
— retirer le « je doute que » (2)
— mettre la deuxième proposition à la voix active (3)
— mettre la deuxième proposition au conditionnel passé (3)
— mieux coordonner (« ou du moins » à la place de « mais au moins ») (4)
–> Si Lola avait encore été là, on n’aurait pas accepté l’idée de les vendre, ou du moins on les aurait rendues exceptionnelles.
J’ai conscience d’avoir modifié votre phrase, mais je voulais partir d’une phrase incontestablement claire et bien construite. Êtes-vous convaincu que cette dernière phrase est correcte syntaxiquement, avec trois propositions bien articulées entre elles ? Si non, n’hésitez pas à répondre pour préciser votre pensée.

6/
Articulez les deux phrases.
a) La première phrase (« ces peluches sont… ») est clairement au présent, ça ne peut pas être une erreur. La deuxième phrase va du présent au passé. C’est donc peut-être l’articulation des deux phrases qui pose problème ?
Soyez très clair sur ce que vous voulez dire, en ajoutant des adverbes de temps :
— On me demande maintenant cela, mais si Lola était encore là aujourd’hui, me le demanderait-on ?
— On me demande maintenant cela, mais si Lola avait encore été là, me l’aurait-on demandé ?
— On me demande maintenant cela, mais à l’époque, quand Lola était encore là, me l’aurait-on demandé, et dans ce cas qu’aurais-je répondu ?
Puis faites votre choix sur le temps à utiliser dans la condition au début de la deuxième phrase.

7/
À vous de décider :
* Peut-être que le mieux (si j’ai compris votre intention) est l’articulation (1b) indicatif plus-que-parfait + conditionnel passé.
* Coordonnez, si vous pensez qu’il faut le faire, les deux propositions au conditionnel avec la conjonction « ou ».
* Conservez sans problème le « je doute que », que j’ai supprimé le temps de l’examen de la phrase.
* Conservez sans problème la voix passive pour la première conséquence et la voix active pour la seconde conséquence.
* Je ne ne vois aucun intérêt à utiliser des formes différentes du conditionnel dans les deux conséquences coordonnées. Pourquoi ne pas simplement utiliser le conditionnel passé dans les deux propositions ? Pourquoi panacher (si elle avait été là, on eût fait ceci et on aurait fait cela ; si elle avait été là, on aurait fait ceci et on eût fait cela) ? C’est possible syntaxiquement, mais n’est-ce pas un peu ridicule ?

Benezet Grand maître Répondu le 11 juillet 2022

Si Lola était encore là, je doute que l’idée eût été acceptée, mais, au moins, on les aurait rendues exceptionnelles.
Il n’y a pas de raison d’éliminer « je doute ».

« Douter que », pour exprimer une conviction est suivi du subjonctif
Ce n’est que lorsqu’il exprime une hypothèse qu’il faut utiliser le conditionnel et quand le verbe douter est au présent, ce ne pourrait être que le conditionnel présent.

==> en aucun cas ici on ne pourrait avoir : je doute que l’idée aurait été acceptée
– parce qu’on a un conditionnel passé après « douter » qui lui, est au présent
– parce que la phrase exprime une conviction et pas une hypothèse
—–
Il faut donc écrire
je doute que l’idée eût été acceptée 
(subjonctif plus que parfait passif)
Remarques
1 si le fait d’être accepté était au présent on aurait eu : je doute que l’idée soit acceptée
2 comme le subjonctif plus que parfait (comme son imparfait) sont désuets on les remplace souvent par le subjonctif passé et on peut avoir :
Je doute que l’idée ait été acceptée (subjonctif  passé passif)
3 à la forme active : je doute qu’on eût accepté l’idée ou, pour éviter une forme verbale vieillie : qu’on ait accepté l’idée

—-
Le reste de la phrase ne pose pas problème

Tara Grand maître Répondu le 12 juillet 2022

Merci pour vos réponses si complètes, c’est très utile !

Feenie Membre actif Répondu le 12 juillet 2022
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