Concordance des temps

Bonjour,

Dans les deux phrases suivantes, faut-il laisser le verbe de la proposition subordonnée au présent ou le mettre à l’imparfait (ce que j’aurais tendance à  vouloir faire)? Les deux sont-ils corrects ? Dans ce cas, la nuance consiste-t-elle à insister ou pas sur une vérité générale ?
-C’est à ce moment-là que j’ai compris que le savoir scientifique n’est pas le même partout.
-Je ne suis pas le premier chercheur à avoir découvert que le savoir scientifique est intrinsèquement lié au lieu de sa production et à sa réception.
Qu’en pensez-vous ?
Merci par avance

Karineavec1K Amateur éclairé Demandé le 25 décembre 2020 dans Général

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5 réponse(s)
 

Le présent de vérité générale sert à exprimer des faits valables de tout temps. ex. Les chimpanzés ne peuvent apprendre que quelques mots.
Pour cette raison, le présent est le temps du langage scientifique.

Toutefois, dans vos phrases, vous pouvez employer l’imparfait pour la concordance des temps. Le lecteur comprendra que la réalité énoncée est encore vraie.

joelle Grand maître Répondu le 25 décembre 2020

Justement, j’hésite pour ce type de phrase. Vous utiliseriez de préférence l’imparfait dans ce cas-là ?  Le présent vous paraît-il quand même acceptable dans des phrases comme celles-ci ?

Karineavec1K Amateur éclairé Répondu le 25 décembre 2020

Personnellement, j’utiliserais l’imparfait sans problème.

le 25 décembre 2020.

 

Le présent e l’indicatif peut être utilisé avec une valeur intemporelle, c’est-à-dire pour évoquer un événement qui déborde du strict moment de parole. On l’emploie ainsi pour exprimer une vérité générale (dans l’espace et dans le temps – au moins pendant très longtemps), une habitude ou un état immuable, c’est-à-dire des faits qui demeurent vrais dans le temps. Les proverbes, les maximes, les définitions en sont de bons exemples.

La Terre fait partie du système solaire. Elle n’est pas tout à fait ronde.
L’homme est un mammifère.
A chaque jour suffit sa peine. 

Or, qu’en est-il de C’est à ce moment-là que j’ai compris que le savoir scientifique n’est pas le même partout ?  Je considère que le locuteur n’exprime pas ici une vérité générale. En effet, le (vrai) savoir scientifique est le même partout, sinon il n’est scientifique. Il  demeure vrai dans le temps et pour  la communauté scientifique internationale. Ex. : la théorie de la relativité générale de Einstein est un « savoir scientifique » en ce sens) depuis 1915. 

Dès lors, j’emploierais l’imparfait de l’indicatif dans les deux phrases, puisque l’affirmation en cause, loin d’être une vérité générale, est purement et simplement erronée. 

Rem. sur la 2e phrase ; il est reconnu depuis assez longtemps que les connaissances scientifiques (ex. : la théorie de la relativité restreinte, celle de la mécanique quantique n’ont pas surgi n’importe où et n’importe quand : importance du pays et de l’époque, en plus de celle du génie d’un homme : Newton, Einstein…). Mais ce n’est pas de cela que traite la seconde phrase.

 

Prince Grand maître Répondu le 25 décembre 2020

Vous dites Prince :
En effet, le (vrai) savoir scientifique est le même partout, sinon il n’est pas scientifique.
Je n’en suis pas très sûre.

Tout d’abord, quelle serait la différence entre un vrai savoir et un faux savoir scientifique?
La science remet constamment ses acquis en question. Bien des théories sont avant tout des hypothèses qui sont vulgarisées parfois comme des vérités.
Un fait scientifique est une vérité scientifique temporaire jusqu’au moment où il peut être rationnellement validité ou rationnellement falsifié, et ce moment est continuellement repoussé.
Autre question alors : est-ce que tout le monde a accès aux mêmes avancées scientifiques ?  Il  semble évident que non.On ne peut pas affirmer que le savoir scientifique est le  même partout… cela reviendrait à dire aussi que tout un chacun sait (par exemple) que : le ptérodactyle n’était pas un dinosaure, l’autre côté de la lune n’est pas le côté sombre, la lune n’est pas la seule à être responsable des marées,il y a huit planètes dans notre système solaire, l’espace n’est pas dénué de gravité, le sel élève le point d’ébullition de l’eau, la gravité n’est pas une force qui tire vers le bas, les tournesols ne suivent pas le soleil mais s’orientent presque toujours vers l’Est, la force de Coriolis n’affecte pas le drainage de l’eau.

Et donc pour revenir au point de langue qui nous intéresse, pourquoi pas en effet le présent de vérité générale (que je préfère à l’imparfait, tout à fait acceptable cependant) :  C’est à ce moment-là que j’ai compris que le savoir scientifique n’est pas le même partout.

« L’homme peut bien dompter la nature, mais il est assujetti à sa pensée. »Fustel de Coulanges.

Tara Grand maître Répondu le 26 décembre 2020

Vous dites Prince :
En effet, le (vrai) savoir scientifique est le même partout, sinon il n’est pas scientifique.
Je n’en suis pas très sûre.

Tout d’abord, quelle serait la différence entre un vrai savoir et un faux savoir scientifique?
La science remet constamment ses acquis en question. Bien des théories sont avant tout des hypothèses qui sont vulgarisées parfois comme des vérités.
Un fait scientifique est une vérité scientifique temporaire jusqu’au moment où il peut être rationnellement validité ou rationnellement falsifié, et ce moment est continuellement repoussé.
Autre question alors : est-ce que tout le monde a accès aux mêmes avancées scientifiques ?  Il  semble évident que non.On ne peut pas affirmer que le savoir scientifique est le  même partout… cela reviendrait à dire aussi que tout un chacun sait (par exemple) que : le ptérodactyle n’était pas un dinosaure, l’autre côté de la lune n’est pas le côté sombre, la lune n’est pas la seule à être responsable des marées,il y a huit planètes dans notre système solaire, l’espace n’est pas dénué de gravité, le sel élève le point d’ébullition de l’eau, la gravité n’est pas une force qui tire vers le bas, les tournesols ne suivent pas le soleil mais s’orientent presque toujours vers l’Est, la force de Coriolis n’affecte pas le drainage de l’eau.

Et donc pour revenir au point de langue qui nous intéresse, pourquoi pas en effet le présent de vérité générale (que je préfère à l’imparfait, tout à fait acceptable cependant) :  C’est à ce moment-là que j’ai compris que le savoir scientifique n’est pas le même partout.

« L’homme peut bien dompter la nature, mais il est assujetti à sa pensée. »Fustel de Coulanges.

Tara Grand maître Répondu le 26 décembre 2020
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