« Celui dont » repris par pronom personnel COD « le »

Bonjour,

Dans la phrase suivante : « Par quoi définit-on le héros si ce n’est par celui dont la noblesse d’âme et la haute vertu le distinguent du commun des mortels? », j’ai l’impression que « celui dont » ne devrait pas être repris par « le », mais ce n’est qu’une impression « à l’oreille ». J’ai consulté les règles d’utilisation de « dont », notamment, mais ça ne m’a pas vraiment aidée. Instinctivement, j’aurais plutôt écrit « celui que la noblesse d’âme et la haute vertu distinguent du commun des mortels », mais, à la réflexion, ça ne me semble pas juste non plus.

Est-ce qu’au moins l’une de ces deux versions est correcte ?

Merci beaucoup par avance pour vos éclaircissements.

Solirame Débutant Demandé 3 jours auparavant dans Général

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4 réponse(s)
 

Bonsoir,

Pour ma part je perçois une nuance :

— dont la noblesse le distingue du commun. se perçoit de cette manière : la noblesse de la personne (dont) distingue la personne (le) du commun.

— que sa noblesse distingue du commun. se perçoit de cette manière : la noblesse de la personne (sa) distingue la personne (que) du commun.

Un pronom relatif  et un pronom personnel pour la première phrase, on insiste sur la personne elle-même, une pronom relatif et un pronom possessif dans la deuxième,on insiste sur ce que la personne possède : la noblesse.

Ouatitm Grand maître Répondu 3 jours auparavant

Ah mais moi aussi. Le sens est légèrement différent. Il me semble néanmoins que cette nuance doit vraiment être justifiée pour être choisie (parce que la phrase est lourde) et que dans bien des cas elle soit inutile. Mais pas toujours, bien sûr.

3 jours auparavant.

Les deux formulations sont correctes.
1 Par quoi définit-on le héros si ce n’est par celui dont la noblesse d’âme et la haute vertu le distinguent du commun des mortels ?
On a subordination de la deuxième de ces phrases de base :

a) par quoi définit-on le héros si ce n’est par celui (-ci)
b) la noblesse d’âme et la haute vertu de celui(-ci) le distinguent du commun des mortels
Le deuxième « celui » (b, complément du nom introduit par « de ») est correctement remplacé par dont dans la phrase complexe 1

2 Par quoi définit-on le héros si ce n’est par celui que la noblesse d’âme et la haute vertu distinguent du commun des mortels
a) Par quoi définit-on le héros si ce n’est par celui(-ci)
b) la noblesse d’âme et la haute vertu distinguent celui(-ci) du commun des mortels

Le deuxième « celui » (b, complément d’objet direct) est correctement remplacé par que dans la phrase complexe 2

Les deux phrases ne sont pas construites de la même façon. La 2, la vôtre, est plus fluide. La première est maladroite parce qu’elle accumule les pronoms : celui, dont, le

Remarque : je suis gênée par la préposition « par »  et j’écrirais plutôt (plus juste) :
Comment définit-on le héros si ce n’est ainsi : celui que la noblesse d’âme et la haute vertu distinguent du commun des mortels ?

Tara Grand maître Répondu 3 jours auparavant

Bonsoir,

Je crois que je compliquais beaucoup (et inutilement) les choses en essayant d’analyser cette phrase de mon côté.

Merci infiniment pour votre réponse très claire!

Solirame Débutant Répondu 3 jours auparavant

C’est peut-être une autre question, mais moi, c’est surtout la transition « si ce n’est pas celui » qui me semble totalement invalide. Je vais donc modifier et simplifier la phrase pour limiter ma réponse à la partie que vous avez mise en gras.

La proposition présentée est syntaxiquement valide, et votre proposition alternative sera également valide si vous mettez un déterminant possessif.

Voici une femme. La noblesse de cette femme la distingue du commun. Sa noblesse la distingue du commun.
— Voici une femme que sa noblesse distingue du commun.
— Voici une femme dont la noblesse la distingue du commun.

Autre exemple :
— Heureux est le patron que ses ouvriers respectent.
— Heureux est le patron dont les ouvriers le respectent.
Vous trouvez la deuxième phrase moins intéressante ? Moi aussi. Mais pas plus que vous je n’en connais la raison, car elle est syntaxiquement correcte. Le pronom « le » est-il moins légitime parce qu’il fait référence à « le patron » en enjambant « les ouvriers » ? Faut-il distinguer différents types de rapports de possession ? Ne faut-il pas faire cohabiter dans une même phrase des mots d’antécédents variés ? ou d’antécédents identiques mais construits différemment ? Fait il mettre en rapport « dont les » (mis pour « ses ») et « le » (mis pour « le patron »), et tirer une conclusion ? Une forme est-elle simplement plus directe que l’autre ?

Si vous parlez parfaitement le français, mais que vous avez cependant une forte réticence vis-à-vis de l’une de ces constructions, il y a forcément une raison linguistique à cela. Et c’est cette raison que vous ne réussissez pas à identifier et formaliser. Nous non plus. Depuis quelques années, j’ai feuilleté quelques dizaines de livres, et cette question n’est jamais abordée ; apparemment on a toujours le choix entre les deux possibilités syntaxiquement valides (« dont la » ou « que sa ») indépendamment de l’utilisation d’un autre pronom à suivre. N’hésitez pas à continuer à chercher comment analyser cette intuition de phrase mal construite, car il y existe forcément une raison.

CParlotte Grand maître Répondu 3 jours auparavant
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