« Au volant » – une question de pléonasme

Répondu

Bonjour Mesdames et Messieurs

Penseriez-vous que « au volant de ma voiture » est un genre de pléonasme?

Je veux dire que quand on est « au volant », ça veut forcément dire que l’on est le conducteur du véhicule. (Source)

Dans la plupart du temps, on conduit un vehicule connu.

Ex:
1) Quand j’étais un chauffeur de bus et j’étais au volant, ce serait sûr que je conduis mon bus.
2) Quand j’étais un chauffeur privé et j’étais au volant, ce serait sûr que je conduis la voiture de mon maître.
3) Quand j’étais connu parmi mes amis pour posséder une voiture, ce serait sûr que je conduis ma propre voiture.
Etc.

Faudrait-il alors dire « au volant de mon bus », « au volant de la voiture de mon maître », « au volant de la/ma voiture »?

Ne suffirait-il pas de dire « au volant (périod) »?

Ex:
Je te téléphone au volant.
Au lieu de
Je te téléphone au volant de la/ma voiture.

Bien sûr, si mes amis ne me connaissaient pour avoir une voiture, il faudrait spécifier cette voiture…genre, au volant de la voiture de Michel.
Et ça, cela n’est pas un pléonasme.

Ex:
Je te téléphone au volant de la voiture de Michel.

Merci beaucoup.

Edwin

Edwindwianto Grand maître Demandé le 20 août 2020 dans Question de langue
4 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Être au volant signifie être aux commandes d’un véhicule. Le terme véhicule est générique et, comme vous le faites remarquer, on peut être au volant d’une automobile, d’un camion, d’un autobus, d’un canot à moteur, etc.
Il ne faut pas voir des pléonasmes partout.
Il me semble comprendre que vous soulignez le fait qu’il est parfois inutile de préciser quelque chose parce que l’émetteur du message et son récepteur savant de quoi ils parlent. Il est vrai que si je dis à mon mari que je suis au volant, il sait très bien que je ne suis  pas au volant d’un camion.

Mais la précision n’est pas pour autant un pléonasme parce qu’il ne s’agit pas d’une répétition à ce qui a été énoncé. Je peux d’ailleurs être au volant d’une voiture qui n’est pas à moi sans vouloir le préciser.

Dans le mot « volant » il n’y a pas nécessairement la notion d’automobile.
Autre exemple : ce peut être avec fierté que j’annonce : je suis au volant de ma voiture: avec un accent sur le possessif « ma ».

Tara Grand maître Répondu le 20 août 2020

Merci Madame pour votre réponse.

Edwin

le 20 août 2020.

Pour faire éclairer ma question, j’ai cité une théorie de ce site qui est aussi soutenue par le BtB.

Selon cette théorie, un pléonasme, il s’agit aussi de dire une chose qui est déjà claire sans que l’on ait à la dire.
(Something that is already implied.)

Ex:
Je l’ai vu de mes propres yeux.
>>> de quoi vous serviriez-vous pour voir, sinon de vos propres yeux?

Je conduis ma voiture sur les routes de Paris.
>>> allez, sur quoi conduiriez-vous votre voiture, sinon sur la route?
>>> ça suffit alors de dire « je conduis ma voiture à Paris ».
>>> je crois même pouvoir en supprimer « ma voiture » >>> je conduis à Paris.

Mais, ce genre de pléonasme n’est pas interdit, parce qu’il ajoute du « style » à une parole.
Je suis donc d’acc avec Madame Tara qui a dit « Autre exemple : ce peut être avec fierté que j’annonce : je suis au volant de ma voiture: avec un accent sur le possessif « ma ». »

Néanmoins ce genre de parole est classé comme un pléonasme, selon ces sources (les liens au dessus).

Alors, revenons à ma question initiale.
« Au volant de la/ma voiture », il est aussi classé comme un pléonasme?
Vue que, « de la/ma voiture » est déjà clair sans que l’on doive le dire.

Mais, je suis d’acc que l’on peut dire « au volant de ma voiture » et aucune théorie ne l’interdit.

Merci.

Edwin

Edwindwianto Grand maître Répondu le 20 août 2020

Il ne s’agit pas de théories mais de bien comprendre ce qu’est un pléonasme Edwin.
Vous écrivez : Selon cette théorie, un pléonasme, il s’agit aussi de dire une chose qui est déjà claire sans que l’on ait à la dire.
Il n’est dit nulle part qu’il s’agit d’une chose déjà claire.
Si quelqu’un me voit pleurer et que je dis : » je pleure, tu vois ». Ce n’est pas un pléonasme.

Un pléonasme est la répétition d’une notion qui est inutile par l’emploi d’un mot qui n’apporte aucune information supplémentaire au premier.

Je sors dehors est sans doute un pléonasme parce que « sortir » signifie déjà « passer du dedans au dehors ».
Je continue encore de lire est un pléonasme parce que la notion de « encore » est présente dans le verbe « continuer ».
Ils collaborent ensemble est un pléonasme parce que des personnes qui collaborent travaillent ensemble.
Un jeune bébé – un bénévole volontaire – consteller d’étoiles – un démon maléfique… autant de pléonasmes.

Le pléonasme concerne les mots, pas les situations.

Savoir si un pléonasme est une erreur de style ou au contraire un effet de style signifiant est encore autre chose.
Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qu’on appelle vu (Molière) : La phrase est fortement pléonastique mais c’est un choix de l’auteur en vue d’un effet expressif particulier.

Tara Grand maître Répondu le 20 août 2020

—–
Il n’est dit nulle part qu’il s’agit d’une chose déjà claire.
—–

C’est ma compréhension.
Et en référence à une théorie que j’ai cité comme ci-dessous, j’ai reformulé ce que la théorie du pléonasme dit.

—-
Confirm Your Understanding By Repeating and Restating the Other Person’s Idea. Another way to be sure you’ve understood what the other person is saying is to repeat what you heard using your own words.
—-

Voyons, vous avez écrit

—–
Un pléonasme est la répétition d’une notion qui est inutile par l’emploi d’un mot qui n’apporte aucune information supplémentaire au premier.
—–

Pourquoi « je l’ai vu de mes yeux » est-elle un pléonasme?
Parce que l’addition de « de mes yeux » est inutile, il n’apporte aucune information supplémentaire(*).
C’est à dire que c’est déjà clair sans que l’on ait à le dire(**). (Something that is already implied).
D’après moi, ce que (*) veut dire est pareil  à ce que (**) dise.

Je sors dehors.
Dehors = inutile = être déjà clair du verbe « sortir ».

Je conduis sur la route
Sur la route = inutile = être déjà clair

La même logique…
Au volant de la/ma voiture = « de la/ma voiture », serait-il aussi inutile?.
Dans la plupart du temps, c’est déjà clair, n’est-ce pas?

Bien sûr, s’il y a un besoin qui exige plus d’explanation, on peut dire « au volant de la voiture d’Edwin ».
Mais « de la/ma voiture », lui-même, serait-il aussi inutile?…même si on peut le dire!

Encore une fois, je ne suis pas en l’encontre de ce genre de pléonasme.
Je suis d’acc que l’on peut au 100% dire « je l’ai vu de mes yeux », « je sors dehors » et …… « je suis au volant de la/ma voiture ».

Je veux juste classer cette phrase « au volant de la/ma voiture ».
Serait-elle aussi du genre pléonastique?

Pour conclure cette bonne discution, on classe « de la/ma voiture » comme un pléonasme ou pas?

Merci

Edwin

Edwindwianto Grand maître Répondu le 21 août 2020

Mais non Edwin relisez mes messages : je suis au volant de ma voiture n’a rien d’un pléonasme et je conduis sur la route non plus. je peux conduire dans une rue, sur le trottoir si cela me chante.
Pléonasme :  terme ou expression qui répète ce qui vient d’être énoncé

Souvent le pléonasme vicieux est dû à l’ignorance du sens des mots. La personne qui dit « s’avérer vrai » ignore que « s’avérer » signifie « se révéler vrai ».
Dire « préférer plutôt » montre qu’on ne sait pas ou qu’on néglige le fait que »plutôt » montre la préférence.
Quand il est clair qu’un prétexte est une fausse raison, on ne dit pas un » faux prétexte ».
Etc.
Je le répète : le pléonasme concerne les mots, le sens précis des mots. Quand par erreur, on dit deux fois la même chose, on commet un pléonasme vicieux.
Je suis au volant de ma voiture : je ne dis pas, dans cet énoncé, deux fois la même chose. Et même si ce que je dis est évident pour qui m’écoute, je ne fais pas de pléonasme.
J’espère que cette fois, vous aurez compris.

le 21 août 2020.

Merci Maman

Je suis votre conseil…au volant de ma voiture =/= pléonasme

Edwin

le 22 août 2020.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.