« Après que » + indicatif (passé composé ou passé antérieur)

Bonjour, j’ai un petit doute d’accord concernant certaines phrases construites avec la locution « après que ».

Avec cette locution,  il faut utiliser un temps de l’indicatif, OK, mais ensuite c’est au niveau de la concordance des temps, où cela se corse en ce qui me concerne :

Passé simple + Passé antérieur ; Présent + Passé composé ; Passé composé + Passé surcomposé, etc.

J’ai lu quelque part que l’on pouvait substituer le passé composé le passé surcomposé (un peu trop littéraire) :

« Après qu’il est parti, nous nous sommes mis à table. »

Peut-on également envisager de substituer le passé antérieur au passé composé ?

« Après qu’il fut parti (passé antérieur) , nous nous sommes mis (passé composé) à table. »

Autre exemple qui me pose problème :

« Après qu’il a disparu (passé composé) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Peut-on ici utiliser le passé antérieur à la place du passé composé ?

« Après qu’il eut disparu (passé antérieur) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Merci pour votre aide.

Bon dimanche,
LeDonk

LeDonk Maître Demandé le 30 avril 2017 dans Accords

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8 réponse(s)
 

Bonjour LeDonk,

Effectivement la locution « après que » se construit avec un temps de l’indicatif.

Vous trouverez ici les règles de concordance des temps.

C’est ce que vous avez écrit : « Passé simple + Passé antérieur ; Présent + Passé composé ; Passé composé + Passé surcomposé, etc. »

On peut remplacer dans la langue courante le passé simple, il est vrai très peu utilisé, par le passé composé : Après qu’il fut parti , nous nous sommes mis/mîmes à table. 

« Après qu’il a disparu (passé composé) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. » N’est pas correct en effet.

Ici le passé composé a remplacé le passé surcomposé et le verbe de la principale doit être au passé composé. L’action est également passée : Après qu’il a eu disparu dans l’immeuble, Paul et moi avons crié avec force. 

Ou le passé antérieur en utilisant le passé simple dans la principale : Après qu’il eut disparu dans l’immeuble, Paul et moi criâmes avec force.

PhL Grand maître Répondu le 30 avril 2017

Bonjour Phl, merci pour votre éclaircissement et le lien.

Cependant, concernant la dernière phrase : « Après qu’il a disparu (passé composé) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Pourquoi n’est-elle pas correcte, je ne comprends pas très bien, puisque c’est bien  « présent + passé composé ».

À quel temps devrait-on employer le verbe « disparaître », si l’on veut conserver l’emploi du présent dans la suite de cette phrase ?

Sur le site BDL, ils donnent un exemple passé composé + présent : « Après qu’ils sont arrivés, ils vont saluer ma tante. » (Qui est censé être correcte.)

Je ne comprends pas très bien la différence avec ma phrase.

Merci pour votre aide.

LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 30 avril 2017

La différence est que le verbe de la principale exprime une action passée et non contemporaine du moment où l’on parle. Si on laisse le présent, cela signifie que l’on veut parler d’une action qui se répète toujours dans les mêmes circonstances.

Paul et moi crions avec force parce qu’il a disparu.
Paul et moi crions toujours fort après qu’il a disparu. Le présent indique une habitude, un fait intemporel, exprimé par « toujours ».
Bien sûr on pourrait se passer de « toujours » et le recours au présent de l’indicatif exprimerait ce fait intemporel, cette habitude, ce fait systématique. Chaque fois qu’il disparaît, nous crions : Paul et moi crions fort après qu’il a disparu.
Mais : Paul et moi avons crié après qu’il a eu disparu.
On relate un fait qui a eu lieu dans le passé. Ils ont crié mais ne sont pas en train de crier au moment où l’on parle.

Après qu’ils sont arrivés, ils vont saluer ma tante. L’emploi de « vont » indique une habitude. C’est comme cela que je l’analyse.

le 30 avril 2017.

Merci Phl. Effectivement.

Mais dans un récit à la narration au présent comment se sortir de cette « impasse » ?

Ne peut-on pas écrire ainsi ?

« Après qu’il eut disparu (passé antérieur) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Merci.

le 30 avril 2017.

Plutôt : Paul et moi crions avec force en constatant qu’il avait disparu ?

le 30 avril 2017.

Rebonjour PhL,

J’ai discuté avec un ami « pointilleux » en orthographe qui vient de me donner son avis, et j’aimerais avoir le vôtre, concernant cette fameuse phrase : « Après qu’il eut disparu (passé antérieur) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Dixit mon ami : « Le temps présent, lors d’une narration, peut prendre une valeur stylistique de passé simple (ou d’imparfait) : et on peut donc le faire concorder avec un passé antérieur, ce qui collerait avec le « après que » ==> Passé simple / Passé antérieur (présent de l’indicatif). »

Qu’en pensez-vous ?

Merci.

LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 1 mai 2017

Bonjour.

Le Grevisse semble autoriser la construction « Passé antérieur + Présent ».

Dixit Grevisse concernant le passé antérieur : « Le verbe principal est souvent au passé simple, mais les autres temps du passé ne sont pas exclus. »

Il semble donc permis de construire une phrase utilisant la locution « Après que » avec du présent et du passé antérieur, c’est bien cela ?

« À la fin de la réunion, après qu’il eut remis (passé antérieur) les documents dans sa mallette, Jean pose (présent) une main glacée sur l’avant-bras de Pierre. »

« Après qu’il eut disparu (passé antérieur) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Merci.

LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 4 mai 2017

Bonjour LeDonk,

Je viens de constater que vous me posiez de nouvelles questions. Je suis désolé de cette réponse tardive.

Votre ami a raison de souligner que le présent de l’indicatif peut être employé pour exprimer un fait passé que l’on veut présenter comme s’il était en train de se produire au moment où l’on parle. C’est ce que l’on appelle le « passé historique ».

Nous marchions, les douze coups de midi retentissent.

Aussi, dans une narration, cet emploi peut se justifier. On veut donner l’impression que l’action se passe sous nos yeux.

On peut donc dire « Paul et moi crions avec force » au présent alors qu’il s’agit d’un fait passé que l’on raconte. Mais dans ce cas la concordance des temps reste la même, toute votre description se situe dans le moment présent. Cela ne change rien à la concordance des temps.

Et comme je l’indiquais, l’indicatif ne peut être utilisé dans la principale d’une subordonnée introduite par « après que », que pour exprimer une action habituelle, répétitive.

En revanche votre analyse de la phrase donnée comme exemple dans le Grevisse n’est pas bonne puisque « je me suis agenouillé » est le passé composé de s’agenouiller. Avec la passé antérieur, le verbe de la principale doit rester au passé.

PhL Grand maître Répondu le 5 mai 2017

Bonjour PhL, merci pour votre réponse, c’est sympathique de votre part de m’aider à comprendre (oui, désolé, c’est du passé composé, pas du présent, au temps pour moi) .

En fait pour mieux m’aider à comprendre, quel temps devrais-je utiliser à la place du passé antérieur dans les 2 exemples en gardant la construction de la phrase telle quelle ?

« À la fin de la réunion, après qu’il eut remis (passé antérieur) les documents dans sa mallette, Jean pose (présent) une main glacée sur l’avant-bras de Pierre. »

« Après qu’il eut disparu (passé antérieur) dans l’immeuble, Paul et moi crions (présent) avec force. »

Merci.

LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 5 mai 2017

Pour la première phrase, le sujet du verbe de la principale étant également celui de la subordonnée,

– j’aurais utilisé l’infinitif passé pour la subordonnée : après avoir remis les documents…, sinon le passé antérieur

– pour la principale, je considère que l’action se passe dans le passé et j’utiliserais le passé simple : « À la fin de la réunion, après qu’il eut remis les documents dans sa mallette, Jean posa une main glacée sur l’avant-bras de Pierre. »

Pour la seconde, c’est le même raisonnement : « Après qu’il eut disparu dans l’immeuble, Paul et moi criâmes avec force. »

Si le présent avait été utilisé dans la principale pour exprimer une action habituelle, le verbe de la subordonnée aurait été au passé composé.

le 5 mai 2017.

Merci PhL, je commence à comprendre « un peu ».

L’emploi de l’infinitif passé semble effectivement supprimer bon nombre de questions quant à la concordance des temps :

« À la fin de la réunion, après avoir remis les documents dans sa mallette, Jean posa une main glacée sur l’avant-bras de Pierre. »

Sinon, si pas d’infinitif passé possible, en cas d’utilisation stylistique du présent, la bonne combinaison est donc :

« Après que Jean eut disparu dans l’immeuble, Paul et moi crions avec force. »

Car, hormis le passé composé, je ne vois pas quel autre temps, que le passé antérieur, utiliser avec un présent narratif.

Mille mercis pour vos explications et votre patience.

Bonne soirée,
LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 5 mai 2017

Pour la seconde phrase je persiste à dire que l’emploi du présent dans la principale est fautif.

Mais on peut proposer : Jean disparaissait dans l’immeuble. Nous crions avec force.

le 5 mai 2017.

Bonjour PhL, Merci. Bon week-end à vous.
LeDonk

LeDonk Maître Répondu le 6 mai 2017
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