Accord participe passé pronominal

Répondu

Bonjour à tous,

Ma question concerne l’accord dans la phrase suivante : « Les poules se sont attaqué(es) à ma poule préférée. »
Comment accorderiez-vous ?

Pour ma part, voici ma réflexion : « Les poules se sont attaquées », signifierait qu’elles s’attaquent elles-mêmes, ce qui n’est pas le cas puisqu’elles s’attaquent « à ma poule préférée ». Donc je n’accorderai pas.

Cependant quand je vois dans le Jouette la liste des verbes pronominaux par gallicisme, « s’attaquer à » en fait partie. Il est dit que le participe passé de ces verbes s’accorde avec le sujet. Voici les exemples donnés :
« Elle s’est doutée du traquenard. »
« Ils se sont aperçus de leur erreur. » (Personnellement, je n’accorderai pas celui-là car ils ne se sont pas aperçus eux-mêmes.)
« Elle s’est jouée de lui. »
« Ils s’en sont saisis. »
« Ils se sont tus. » (Pour celui-ci, je comprends la logique. Ils ont tu eux-mêmes. C’est très inélégant, mais ça marche.)

Donc, ma grande question est de savoir si j’accorde ou non. J’ai envie de ne pas accorder, mais si le Jouette dit qu’il faut accorder, je devrais le suivre. Le problème est que je ne comprends pas sa logique.

Merci beaucoup pour vos réponses !

Zamy Amateur éclairé Demandé le 6 novembre 2015 dans Accords

Bonjour,

Vous avez écrit:
« Ils se sont aperçus de leur erreur. » (Personnellement, je n’accorderai pas celui-là car ils ne se sont pas aperçus eux-mêmes.)

Il  s’agit du verbe « s’ apercevoir de quelque chose » ─ verbe intransitif ─ qui signifie prendre conscience de, se rendre compte de .

« Ils se sont aperçus enfin de ce qui crève les yeux à tout le monde. »

le 6 novembre 2015.

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10 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Il ne faut pas analyser le pronom comme un COD ou un COI sinon vous faites fausse route.
Dans tous les exemples que vous citez, les verbes sont essentiellement pronominaux et le pronom ne peut s’analyser. Le participe passé s’accorde alors avec le sujet. De plus, on s’aperçoit que les verbes sont, tout simplement, au passé composé.
Le pronom fait partie intégrante du verbe, comme s’apercevoir, se taire, s’absenter, s’enfuir, s’évader, se méfier, se repentir, etc.

S’attaquer : les poules s’attaquent… Les poules se sont attaquées (passé composé) [à ma poule préférée].
Se douter : elle se douteElle s’est doutée (passé composé) [du traquenard].
S’apercevoir : ils s’aperçoivent… Ils se sont aperçus (passé composé)  [de leur erreur].
Se jouer : elle se joue… Elle s’est jouée (passé composé)  [de lui].
Se saisir : ils se saisissent… Ils se sont saisis (passé composé)… Ils s’[en] sont saisis.
Se taire : ils se taisent. Ils se sont tus (passé composé).

Pour ce dernier exemple, ne dites pas « ils ont tus eux-mêmes ». On accorde avec le sujet, mais surtout pas avec un COD imaginaire.

jean bordes Grand maître Répondu le 6 novembre 2015

Aucun des verbes cités dans la question n’est essentiellement pronominal,
Un verbe essentiellement pronominal est un verbe qui ne s’emploie qu’à la voix pronominale, c’est-à-dire obligatoirement avec un pronom réfléchi. Voici une liste non exhaustive de verbes essentiellement pronominaux :

absenter (s’)
abstenir (s’)
accouder (s’)
accroupir (s’)
acoquiner (s’)
affairer (s’)
agenouiller (s’)
amouracher (s’)
arroger (s’)
autocensurer (s’)
autodétruire (s’)
autoproclamer (s’)
blottir (se)
contorsionner (se)
déhancher (se)
démener (se)
dénuer (se)
déprendre (se)
désertifier (se)
désister (se)
dévergonder (se)
ébattre (s’)
ébrouer (s’)
écrier (s’)
écrouler (s’)
efforcer (s’)
égosiller (s’)
emparer (s’)
empiffrer (s’)
empresser (s’)
encanailler (s’)
encorder (s’)
endimancher (s’)
enfuir (s’)
engouer (s’)
enquérir (s’)
ensuivre (s’)
entraider (s’)
entredéchirer (s’)
entredétruire (s’)
entredévorer (s’)
entrégorger (s’)
entremettre (s’)
entretuer (s’)
envoler (s’)
époumoner (s’)
éprendre (s’)
esclaffer (s’)
escrimer (s’)
évader (s’)
évanouir (s’)
évertuer (s’)
exclamer (s’)
extasier (s’)
fier (se)
formaliser (se)
gargariser (se)
gausser (se)
immiscer (s’)
ingénier (s’)
insurger (s’)
interpénétrer (s’)
méconduire (se)
méfier (se)
méprendre (se)
morfondre (se)
mutiner (se)
obstiner (s’)
pâmer (se)
parjurer (se)
pavaner (se)
prélasser (se)
rabougrir (se)
ramifier (se)
raviser (se)
rebeller (se)
rebiffer (se)
récrier (se)
réfugier (se)
réincarner (se)
renfrogner (se)
rengorger (se)
repentir (se)
revancher (se)
scléroser (se)
suicider (se)
tapir (se)
targuer (se)
toquer (se)
trémousser (se)
vautrer (se)

le 6 novembre 2015.

Bonjour,

Je pensais avoir clairement répondu à la question en mentionnant qu’il s’agissait du passé composé du verbe s’attaquer.

Dans votre réponse vous mélangez deux types de verbes : les verbes essentiellement pronominaux et ceux que l’on qualifie ─ d’essentiellement pronominaux ─ mais qui peuvent exister à une autre forme que la forme pronominale  et qui ont  alors un autre sens.
Dans cette dernière catégorie on peut ranger :
s’attaquer, se douter, s’apercevoir, se jouer, se saisir, se résoudre, s’énerver…

En revanche

S’enfuir, s’absenter, s’éprendre , s’ingénier, s’acharner, se départir, s’abstenir, s’emparer… sont des verbes qui n’existent qu’à la forme pronominale.

Quoi qu’il en soit ces verbes essentiellement pronominaux s’accordent toujours avec le sujet.

Elle s’est repentie de ses erreurs.
Elles se sont souvenues de nos promesses.
Ils se sont abstenus d’en parler.

Remarque:

Placé après un infinitif, le participe passé d’un verbe essentiellement pronominal s’accorde avec le sujet sous entendu de l’infinitif.
Après s’être enfuie, elle revint.

Exception:

Le participe passé du verbe s’arroger pourtant essentiellement pronominal ne s’accorde pas avec le sujet, mais avec le complément d’objet si celui-ci est placé avant lui.
Les droits qu’elle s’est
arrogés.
Elle s’est
arrogé la permission de minuit.

le 6 novembre 2015.

Dans votre exemple ainsi que dans la liste que vous donnez, le pronom « se » s’analyse comme le Cod, les autres compléments faisant office de COI : « à ma poule préférée » est le COI.
Donc on accorde.

Pour les participes passés à la forme pronominale, il y a des subtilités difficilement accessibles.

Pour simplifier, on accorde avec le sujet SAUF :
Si le verbe est intransitif (ils se sont parlé); toujours invariable.
S’il y a un Cod après :
Je me suis lavé les mains (contrairement à « je me suis lavée).

joelle Grand maître Répondu le 6 novembre 2015

Bonjour,

Quoiqu’ils forment leurs temps composés avec L’auxiliaire être, les verbes pronominaux peuvent avoir un complément d’objet direct. Pour  le trouver, il convient de remplacer être par avoir et de se demander sur quel être ou quelle chose portera l’action exprimée par le verbe. S’il existe  un complément d’objet direct devant le participe passé celui-ci s’accordera en genre et en nombre avec lui.

Exemples:

I -Le COD est le pronom réfléchi. Le participe passé s’accorde avec lui.

Elle s’est coupée. (Elle a coupé s’ , c’est à dire elle-même)
Il se sont lavés. ( Ils ont lavé eux-mêmes.)

II- Le COD n’est pas le pronom réfléchi, mais un nom placé devant. le participe passé s’accorde avec ce nom.

Les privations qu’il s’est imposées.( Il a imposé des privations à lui-même.)
Guillaume et Victor se sont lancé des boules de neige. ( ils ont lancé quoi ? des boules de neige l’un sur l’autre). le COD est placé après , donc pas d’accord.

ATTENTION !

L’indice pronominal (me, te, se, nous, vous, se)  a parfois une fonction peu définie.

Exemple:

Les gâteaux qu’elles se sont partagés. (Elles ont partagés les gâteaux.)

On voit mal quelle est la fonction de se.

De même

Les poules se sont attaquées … ( Les poules  ont attaqué la poule préférée.)
Quelle est la fonction de se ?

le 6 novembre 2015.

Non ! Ce sont des verbes essentiellement pronominaux et le pronom ne peut pas être analysé. Le pronom n’est ni COD ni COI.
Le participe passé s’accorde alors, tout simplement, avec le sujet, mais pas avec un COD imaginaire.

le 6 novembre 2015.

Les gâteaux qu’elles se sont partagés. : inutile d’analyser « se » puisque le COD « gâteaux »est placé avant.

le 6 novembre 2015.

Bonjour,

Il s’agit tout simplement du verbe s’attaquer (à ) conjugué au passé composé de l’indicatif.

au présent : les poules s’attaquent à ma poule préférée.
au passé composé : les poules se sont attaquées à ma poule préférée.

czardas Grand maître Répondu le 6 novembre 2015

Effectivement, je n’avais pas analysé le « se » comme étant le COD. C’est plus clair dans mon esprit maintenant.
Merci beaucoup pour vos réponses !

Zamy Amateur éclairé Répondu le 6 novembre 2015

Se n’est pas COD !
Il y a un changement de sens entre attaquer et s’attaquer, comme entre apercevoir et s’apercevoir (de quelque chose). S’attaquer est donc essentiellement pronominal, se n’est pas analysable, l’accord sr fait donc avec le sujet.

Nanou0 Maître Répondu le 6 novembre 2015

Donc, récapitulons :

  • « se », dans le cas des verbes pronominaux par gallicisme, ne peut pas être analysé ;
  • qu’il y ait un COI après ce genre de verbes pronominaux n’influence pas l’accord avec le participe passé ;
  • les verbes pronominaux par gallicisme s’accordent sans exception avec le sujet.

Merci beaucoup Jean Bordes. Votre réponse est claire.

Zamy Amateur éclairé Répondu le 6 novembre 2015

Votre résumé est aussi très clair. Mais qu’entendez-vous ici par « gallicisme » ?
Il ne faudrait pas se fourvoyer.

le 6 novembre 2015.

Jean Bordes, pour sourire :

Gallicisme [n.m.] exemple de tournure typiquement française, illustrée par un exemple avec un coq bien gaulois… (in Gallinacées et autres  syllepses ineptes).

le 6 novembre 2015.

Je ne sais pas ce que sont des verbes pronominaux par gallicisme. Pourriez-vous m’en donner la définition ?

Il y a,  comme dans toutes les règles, une ou des exceptions : le verbe s’arroger.

le 6 novembre 2015.

Bonjour,

Comparons ces deux phrases :

Pierre s’est évanoui. (1)

Pierre s’aperçoit de son erreur. (2)

Dans la phrase 1, le verbe évanouir n’existant pas, il est impossible d’établir une relation entre le sujet Pierre et le pronom personnel s’.

Dans la phrase 2, le verbe apercevoir existe mais avec un sens différent de la forme pronominale:

Pierre aperçoit Paul.

II est donc impossible  d’établir une relation entre le sujet Pierre et le pronom personnel s’.

Ces verbes sont dits de sens vague ou lexicalisé.

On distingue:

  • Les verbes n’existant qu’à la forme pronominale, parfois appelés verbes essentiellement pronominaux, comme s’évanouir, s’écrouler, se souvenir … :

La tour s’est écroulée.

  • Les verbes pouvant être employés, soit à la voix active, soit à la forme pronominale. Leur sens change alors:

Pierre s’ennuie. Pierre ennuie son petit frère.

Pierre se rappelle ses vacances en Italie. Pierre m’a rappelé ce matin.

 

Il faut veiller à l’accord du participe passé des verbes pronominaux.

Le participe passé des verbes pronominaux de sens lexicalisé s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet:

Il s’est évanoui. Elle s’est évanouie. Ils se sont évanouis. Elles se sont évanouies.

 Pour bien accorder tous les autres verbes pronominaux, il faut déterminer si le pronom réfléchi dans sa relation avec le sujet, occupe la fonction de C.O.D. ou celle de C.0.I. :

– s’il est C.O.D., il y a accord en genre et en nombre avec le sujet:

Marie s’est séchée. (Marie a séché « se ».)

– s’il est C.0.I. ou C.O.5., pas d’accord:

Marie s’est séché les cheveux, (Marie a séché les cheveux à « s’ ».)

 

Remarque :

Un même verbe pronominal peut avoir des sens différents :

Pierre s’aperçoit dans la glace. (réfléchi)

Pierre et Paul s’aperçoivent dans la rue. (réciproque)

Ce bâtiment s’aperçoit de loin. (passif)

Pierre s’aperçoit de son erreur. (lexicalisé)

 

 

czardas Grand maître Répondu le 7 novembre 2015

Jean Bordes et czardas,

Je n’ai pas encore assez de points pour vous répondre dans un commentaire. J’espère que vous verrez mes explications sur les verbes pronominaux par gallicisme.

J’ai trouvé que le verbe « s’attaquer » faisait partie de la liste des verbes pronominaux par gallicisme dans le Dictionnaire d’orthographe et d’expression écrite, d’André Jouette.
Il n’y a pas vraiment d’explication donnée. Voilà ce qu’on en dit : « verbes non réfléchis dont la liste n’a été décidée que par l’usage, ainsi que le dit la grammaire de l’Académie ». Voici la liste donnée :

s’apercevoir de
s’attaquer à
s’attendre à
s’aviser de
se battre comme, en
se connaître à, en
se défier de
se départir de
se douter de
s’échapper de
s’ennuyer de
se jouer de
se moquer de
se plaindre de
se porter vers
s’en prendre à
se prévaloir de
se railler de
se refuser à
se résoudre à
se saisir de
se servir de (utiliser)
se taire

« Verbe pronominal par gallicisme » signifie que ces verbes font partie d’une construction idiomatique, spécifique au français.
Dans le Jouette, il y a un petit paragraphe concernant essentiellement ce type de verbes. D’autres paragraphes concernent d’autres catégories de verbes pronominaux.

Zamy Amateur éclairé Répondu le 7 novembre 2015

Bonsoir, le verbe acharner peut-être transitif également…

Manuel Grand maître Répondu le 20 juin 2019

S’acharner ? C’est un essentiellement pronominal ?

le 20 juin 2019.

Peut être et non peut-être (pardon !).

Manuel Grand maître Répondu le 20 juin 2019
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