Accord du participe passé de  »s’accorder à »

Bonsoir,

dans la phrase suivante :  »L’étonnante supériorité que les historiens se sont accordé(?) à reconnaître en lui est due à l’harmonieux équilibre des plus belles facultés. »,  faut-il accorder le participe passé avec  »supériorité  » ? Ou bien, faut-il considérer le pronom  »se » comme inanalysable et accorder le verbe avec  »les historiens » ?

Merci beaucoup !

French Amateur éclairé Demandé le 18 septembre 2021 dans Accords

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3 réponse(s)
 

Bonsoir,

D’accord avec joelle, sauf sur le caractère inanalysable du pronom se : selon moi, on est en présence d’un verbe pronominal réciproque avec se COD.

phil-en-trope Grand maître Répondu le 18 septembre 2021

Je complète un peu ma réponse après lecture de celle de Chaudron.

La réciprocité signifiée par ce verbe me semble indiscutable, la paraphrase avec l’un (préposition) l’autre le montre : Ils se sont accordés l’un (avec) l’autre (comme Ils se sont parlé l’un (à) l’autre ; Ils se sont souri l’un (à) l’autre ; Ils se sont regardés l’un l’autre ; etc.).

La transformation à la voix non pronominale donnée par Chaudron une personne n’en accorde pas une autre n’est évidemment pas correcte, puisqu’il manque un élément, il convient de dire :

Accorder quelqu’un avec* quelqu’un, où l’on voit bien que le premier complément est COD.

Ce qui donne : L’historien A accorde l’historien B avec l’historien A, et réciproquement

 

(Quant au cas a1) évoqué par Chaudron, c’est un sens réfléchi où se est analysable et COI, mais ce sens n’est pas celui de la phrase de French.)

 

(Sinon, joelle avait déjà indiqué que supériorité était le COD de reconnaître et non de accordés.)

 

 

* Et non à, comme le propose Chaudron dans son point a2).

 

le 19 septembre 2021.

Dernière option : ils se sont accordés à reconnaître.
supériorité est le COD de reconnaître et non de accordés.

joelle Grand maître Répondu le 18 septembre 2021

De toute façon, on n’accorde pas avec « supériorité », qui est COD de l’infinitif « reconnaître » et non du participe passé « accordé ».
On raisonne selon ce modèle :
— La supériorité qu’ils ont acceptée.
— La supériorité qu’ils ont reconnue.
— La supériorité qu’ils ont accepté de reconnaître.

La question est donc totalement indépendante de la présence d’un COD antéposé.
Elle devient simplement : comment s’accorde « s’accorder » ?
Votre réponse est la bonne :
— Si le pronom est analysable, on évacue immédiatement la possibilité qu’il soit analysé comme COD (une personne n’en accorde pas une autre), on en fait donc un équivalent de COI, et on n’accorde pas.
— Si le pronom n’est pas analysable, on accorde avec le sujet, en considérant que c’est un verbe obligatoirement pronominal dans cette acception.

a1) S’agit-il d’un verbe transitif direct, construit pronominalement, avec un pronom « se » syntaxiquement équivalent à un COI ?
— Accorder une pause à quelqu’un
— Ils lui ont accordé une pause
— Elle s’est accordé une pause
— Ils se sont accordé une pause
Là, on n’accorde pas.
a2) d’une variante avec un sens réciproque ?
— Les deux pays se sont accordé réciproquement (l’un à l’autre) des facilités fiscales.
On n’accorde pas non plus avec une construction pronominale réciproque.

b) tous les autres sens, toutes les autres constructions, devraient accepter l’accord avec le sujet, même quand on se demande pourquoi.
Plusieurs dictionnaires dont le TLF disent que les acceptions « s’accorder = aller ensemble » et « s’accorder = se mettre d’accord » sont des constructions pronominales réciproques de verbes transitifs, et dans ce cas il ne faudrait pas accorder (cette veste et cette cravate se sont accordé entre elles ; la directrice et le comptable se sont accordé sur un point ; comme : ils se sont téléphoné).
Mais cela va clairement contre l’usage. On constate dans la littérature que « s’accorder » est un verbe ayant son sens propre, et dont le participe passé s’accorde généralement avec le sujet.

Il ne faut pas croire que c’est évident, et on ne peut pas savoir sans se poser la question de l’usage, car c’est vraiment par convention qu’on écrit avec des règles différentes « ils se sont plu à penser ceci » et « ils se sont accordés à penser cela ». Le premier verbe conserve son datif et refuse l’accord, le second s’affranchit de son origine et demande l’accord de son participe passé avec le sujet.

Chaudron Maître Répondu le 19 septembre 2021
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