Accord de « s’être rendu »

Répondu

Le Dictionnaire de l’Académie explique qu’il faut écrire :

Elles se sont rendues indispensables.

Il y a d’autres exemples sur la page de l’Académie que je comprends, mais celle-là, non.

Ne doit-on pas raisonner ainsi : on se rend indispensable à quelqu’un : donc le « se » devrait être COI, et donc pas d’accord. Mais mon raisonnement est faux visiblement.
Pourriez-vous me dire pourquoi ?

Dans le même ordre d’idée, l’accord dans cette phrase est-il correct ?

…le pays dans lequel elle s’était rendu.

alain1979 Érudit Demandé le 5 novembre 2021 dans Accords

Merci à tous pour vos réponses.
En cherchant sur le site, j’ai trouvé une réponse de Joëlle qui clarifie et explique la règle. Elle répond à une question sur l’accord dans la phrase : « Elle s’est jetée dans le travail. »
Joëlle explique :
« Se jeter » dans le travail ou dans le sport est un verbe pronominal autonome car il n’a pas le sens de « jeter ».
Il faut accorder avec le sujet si c’est autonome, donc : « Elle s’est jetée dans le travail ».

Par conséquent, ici aussi, « se rendre » est un verbe pronominal autonome (puisqu’il n’a pas le sens de « rendre »). Et en tant que verbe pronominal autonome, il doit s’accorder, donc, en effet, comme les amis le disent : « Le pays dans lequel elle s’était rendue ».

le 5 novembre 2021.

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6 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Bonjour,

Je comprends votre interprétation mais ici le verbe est « se rendre » et non pas forcement « se rendre indispensable », on peut tout aussi bien se rendre fou, se rendre malade…. Pour moi « indispensables » est ici attribut du sujet « Elles »

Pour moi ici le pronom « se » serait donc COD du verbe rendre car elles ont rendu qui ? —> « elles-mêmes » indispensables à qui ? (COI, ici non précisé)

Qu’en pensez-vous?

BeN Amateur éclairé Répondu le 5 novembre 2021

Grand merci de votre réponse, cher ami. Je pense que vous avez tout à fait raison.

le 5 novembre 2021.

Bonjour Alain,

Suivi d’un attribut. Passer d’un état à un autre de son propre fait. À force d’excès, elles se sont rendues malades.

Le Bon usage

« On sait que l’accord des verbes pronominaux dépend, le plus souvent, de la fonction du pronom complément dans la proposition où se trouvent ces verbes. On distingue ainsi Elle s’est lavée, phrase où le pronom s(e) est complément d’objet direct du verbe laver, d’Elle s’est lavé les mains, où ce même pronom est complément d’objet indirect du verbeIl en va de même avec le verbe rendre et l’on se gardera bien de confondre Elle s’est rendue à la ville et Elle s’est rendue coupable d’une petite indiscrétion, phrases dans lesquelles le pronom s(e) est complément d’objet direct du verbe rendre, d’Elle s’est rendu compte, où le pronom s(e) est complément d’objet indirect de ce même verbe.

On écrit

 

On n’écrit pas

 

Les élèves se sont rendus en classe

Elles se sont rendues indispensables

Ils se sont rendu compte du danger

Les élèves se sont rendu en classe

Elles se sont rendu indispensables

Ils se sont rendus compte du danger »

 

Le Dict. de l’Acad. française.

 

 

Prince Grand maître Répondu le 5 novembre 2021

Dans les deux cas on a affaire au verbe pronominal se rendre.. Le participe passé s’accorde avec se.
Elles se sont rendues
[…] le pays dans lequel elle s’était rendue

jean bordes Grand maître Répondu le 5 novembre 2021

Vous avez raison mais dans les deux cas se est  COD donc il y a accord.

jean bordes Grand maître Répondu le 5 novembre 2021

En réalité je m’adressais à l’auteur du msg, quant à votre réponse je n’ai rien à redire !

BeN Amateur éclairé Répondu le 5 novembre 2021

Explication de Elle s’est rendu compte. Marc 81. Parler FRANCAIS

« Si, d’après ledit article, la jeune Britannique d’origine indienne Neha Ramu s’est notamment illustrée à l’examen de grammaire en réalisant un sans(-)faute, on ne peut en dire autant de notre malheureux journaliste.

En effet, à en croire nos plus éminents spécialistes, la cause est entendue : dans la conjugaison de se rendre compte, « le participe est toujours invariable ». Voilà qui est dit. Inutile pour autant d’espérer trouver la moindre justification à cet état de fait dans les comptes rendus de Girodet, Thomas, Hanse, Bescherelle et consorts : derrière le bel unisson, aucune explication. Une telle vérité aussi laconiquement partagée ne pouvait que paraître suspecte.

L’Office québécois de la langue française est heureusement plus prolixe : selon lui, dans la locution se rendre compte, c’est le substantif compte, et non le pronom se, qui tient lieu de complément d’objet direct. Comme celui-ci est toujours placé après le verbe, l’invariabilité du participe passé est de rigueur, selon la règle d’accord des verbes occasionnellement pronominaux.

Si l’explication est grammaticalement satisfaisante, elle ne laisse pourtant pas de heurter le bon sens : car, après tout, est-on fondé à considérer se rendre compte (de quelque chose), qui signifie « s’en apercevoir, en prendre conscience », comme la forme pronominale de rendre compte (de quelque chose), à savoir « en faire le récit, le rapport, en rendre raison » ? A priori, le compte n’y est pas… D’où la réflexion de mon correspondant (cf. commentaires ci-dessous), qui a tôt fait de ranger ladite locution dans le groupe des verbes (occasionnellement) pronominaux non réfléchis – entendez : qui existent aussi à la forme non pronominale, mais avec un autre sens (sur le modèle de s’apercevoir, qui ne signifie pas « apercevoir soi-même » mais « prendre conscience ») – et, partant, de prôner l’accord du participe passé.

C’est oublier que le substantif compte est ici pris au sens figuré de « action de rapporter ce qu’on a fait, ce qu’on a vu, etc., et d’en rendre raison, de l’expliquer ». À l’origine, se rendre compte (de quelque chose) signifiait ainsi « se l’expliquer, s’en rendre raison », comme cela est encore attesté dans la huitième édition du Dictionnaire de l’Académie : « J’éprouvais un sentiment dont j’avais peine à me rendre compte. » Ce n’est que dans la dernière édition dudit ouvrage que l’Académie enregistre l’acception moderne de « s’en apercevoir, en prendre conscience », dans laquelle le sens originel de compte n’est plus perçu. Malgré ce glissement sémantique, l’invariabilité du participe passé – pleinement justifiée dans le sens premier – a été conservée dans le sens moderne.

Il n’empêche, j’ai peine à me rendre compte du silence des ouvrages spécialisés sur ce point de grammaire… réservé à l’entendement des seuls surdoués ? »

 

 

 

Prince Grand maître Répondu le 5 novembre 2021
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