Accord après pas de

Bonjour à tous et à toutes.

En rédigeant une dictée, ce week-end, avec une poignée d’amis, j’ai été tarabusté par un accord que j’estime litigieux.

Je vous donne ci-après plusieurs phrases de ladite dictée pour bien vous imprégner du sens : « En effet, les accents se sentent oubliés, délaissés. Sur les claviers des ordinateurs, ils sont devenus presque inexistants, relégués aux touches périphériques. Dans les adresses sur Internet, ils sont carrément interdits de séjour. Est-ce parce qu’ils n’ont pas d’équivalent en anglais, langue dominante dans la technologie informatique ?

Le litige porte sur l’accord d’équivalent. Personnellement, je l’ai écrit avec un s (pluriel donc). Et mes amis de me railler en chœur prétextant qu’il ne peut pas y avoir de pluriel puisque le mot équivalent est précédé du mot « pas ».

Ma première question est d’ordre général.

Une tournure négative, quelle qu’elle soit (sans, pas de etc.) appelle-t-elle forcément le singulier ?

Ma deuxième questions nous plonge au cœur même du litige. Dans ce contexte, ne pourrions-nous pas écrire :  » Est-ce parce qu’ils n’ont pas d’équivalents en anglais, langue dominante dans la technologie informatique ?  »

Après tout, nous dirions bien, dans une tournure positive : En anglais, les accents de la langue française ont des équivalents. Non ?

En vous remerciant d’avance.

Maximus Amateur éclairé Demandé le 16 juillet 2015 dans Question de langue

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2 réponse(s)
 

Je décomptais le troupeau : il n’y avait pas de chevaux dans le pré., ils étaient tous dans l’enclos..
Je recherchais vainement ma jument : il n’y avait pas de cheval dans le pré, ni dans l’enclos.
L’accord dépend du sens. Si on attend un pluriel dans la phrase affirmative, on le reprend dans la forme négative, et l’inverse. À noter qu’il s’agit d’un cas différent de « aucun ».

Dans une dictée, on essaye d’éviter les tournures litigieuses qui prêtent ensuite à débat, voire à brouille. Si l’on ne peut les éviter, on prévoit dans le corrigé type toutes les variantes acceptables.

Chambaron Grand maître Répondu le 16 juillet 2015

Tout d’abord, la présence de pas ou de sans n’impose pas systématiquement le singulier : une robe a habituellement deux manches, on écrira « une robe sans manches » ; un manteau a habituellement plusieurs boutons, on écrira « un manteau sans boutons » ; le Trésor de la langue française cite V. Hugo : « Il n’a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête. » ; on connaît aussi le proverbe : « Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ».
Le nom se met au pluriel lorsque ce qu’il désigne renvoie nécessairement à plusieurs éléments : cet arbre n’a pas de feuilles (en principe, un arbre a plusieurs feuilles).

« Sans équivalent » et « pas d’équivalent » sont des locutions adjectivales invariables.
C’est avéré par le Trésor de la langue française, à l’entrée « homme » : « […] D’autres encore n’ont pas d’équivalent au fém. » ; également à l’entrée « style » : « À la matière sans équivalent de Cézanne s’ajoute la majesté du dessin… »
On retrouve aussi le singulier dans l’exemple cité par le CNRTL : « Les crimes hitlériens, […], sont sans équivalent dans l’histoire. » (Camus).

Il faut donc écrire : « Est-ce parce qu’ils n’ont pas d’équivalent en anglais… ».

(Attention à ne pas confondre : « ils ont des équivalents » (plusieurs équivalents) et « ils n’ont pas d’équivalent » (aucun équivalent).

jean bordes Grand maître Répondu le 16 juillet 2015
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