accord

Bonjour,
J’ai un doute quant à l’accord du mot « crânien »
Des traumatisés crâniens au masculin
Mais au féminin,dit-on traumatisées crâniennes ?

Merci d’avance de votre éclairage.

Sissi Amateur éclairé Demandé le 3 juin 2020 dans Accords
Ajouter un commentaire
9 réponse(s)
 

Je pense que la phrase signifie : des personnes atteintes d’un traumatisme crânien.
Il y a une ellipse ou un raccourci, avec une construction grammaticalement douteuse, que ce soit au masculin ou au féminin.
En effet, si vous avez des « femmes souffrant d’un bras cassé ». Vous n’allez pas dire ou écrire « des bras cassées »….Idem pour les jambes cassées, « cassé » ne va pas s’accorder avec le sexe du patient.
Par métonymie, je dirais ce matin, le médecin a vu « des traumatismes crâniens »(sous-entendu : des personnes atteintes de…).
Sauf si vous donnez le sexe avec avec la phrase complète (des femmes atteintes d’un traumatisme crânien) inutile de préciser avec le raccourci que ce sont des femmes ou des hommes, sauf à créer des accords douteux.

joelle Grand maître Répondu le 3 juin 2020
Ajouter un commentaire

Merci de votre réponse.
La phrase « traumatisés crâniens » est couramment utilisée dans les institutions et dans le milieu du handicap, si on peut dire.
Par contre,mon soucis subsiste dans sa forme au féminin.

Si quelqu’un peut m’éclairer là dessus.

Je vous remercie par avance.

Sissi Amateur éclairé Répondu le 3 juin 2020

Je reformule, une expression telle que celle-ci, si elle est couramment utilisée, n’est pas forcément correcte et fait partie du jargon ; dans certains milieux, le jargon consiste en ellipses peu rigoureuses. Je vous confirme donc que « traumatisées crâniennes » n’est pas correct pour dire que ce sont des femmes. L’adj. crânien signifie l’origine ou le lieu du traumatisme, ici le crâne, il n’y a pas de raison d’accorder au féminin ( comme pour boîte crânienne) sauf dans un  jargon du quotidien qui peut s’entendre, voire se propager au point de traumatiser la langue.

Voir mon analogie pour les femmes ayant le bras cassé, vous n’écrivez pas des bras « cassées ».

le 3 juin 2020.
Ajouter un commentaire

Bonjour,

Traumatisé est un substantif, crânien est un adjectif – ici épithète – variable en genre et en nombre, les règles d’accord  du français demandent que l’adjectif s’accorde avec le substantif qu’il complète, il faut donc accorder : les traumatisées crâniennes.

(Dans bras cassé, cassé est l’épithète de bras, il reste donc logiquement au masculin.)

phil-en-trope Grand maître Répondu le 3 juin 2020
Ajouter un commentaire

C’est le traumatisme qui est crânien dans l’expression « traumatisme crânien ». Joëlle, à mon avis, a raison, c’est par raccourci qu’on parle de traumatisé crânien.
Un traumatisme crânien est un traumatisme qui affecte le crâne.
Un traumatisé crânien signifie : une personne dont le crâne est traumatisé, qui a un traumatisme affectant le crâne. Pour plus de précision : ce n’est pas la personne qui est crânienne mais bien le traumatisme.
La bonne formulation me paraît être :
Un homme/une femme, qui a reçu un traumatisme crânien.

Tara Grand maître Répondu le 3 juin 2020
Ajouter un commentaire

On a dans ce cas non un adjectif qualificatif (la personne / la traumatisée n’est en effet pas crânienne), mais relationnel, comme avec par exemple automobile dans assurance automobile, l’assurance n’est pas automobile, mais elle est relative aux automobiles, de même que la voiture présidentielle n’est pas présidentielle, mais relative au président/à la fonction présidentielle, et d’ailleurs, dans traumatisme crânien, crânien est relationnel : le traumatisme n’est pas crânien, le traumatisme crânien, c’est le traumatisme du crâne.
Contrairement aux adjectifs qualificatifs, les adjectifs relationnels ne décrivent pas, mais fondent des catégories : ici celle des personnes victimes d’un type particulier de traumatisme.

On peut bien sûr donner d’autres formulations, les vôtres, ou encore des victimes de traumatisme crânien, mais je pense que traumatisé(e) crânien(ne) reste correcte.

 

Quoi qu’il en soit, si Sissi n’a pas la latitude de reformuler la phrase, il faut bien faire l’accord (et effectivement cet emploi se trouve couramment dans la littérature dédiée à ces  questions).

phil-en-trope Grand maître Répondu le 3 juin 2020

C’est clair.

le 4 juin 2020.
Ajouter un commentaire

Oui, j’avais bien pensé à un adjectif relationnel. Mais franchement, je bute sur « une traumatisée crânienne ».  Du coup, je suis allée consulter le TLF :
Crânien, ienne […] Du crâne, qui appartient ou se rapporte au crâne. Boîte crânienne, synonyme de crâne (cf. boîte I B2 a). Os, nerfs, traumatisme crânien (s); voûte, vertèbres crânienne(s). On sait que l’état des sutures crâniennes se modifie avec l’âge, les pièces osseuses étant d’autant plus soudées que l’individu est plus vieux (J. Rostand. […]Le pithécanthrope de Java, longtemps représenté par une simple calotte crânienne (Teilhard de Chardin)

Tara Grand maître Répondu le 3 juin 2020

Oui, et qu’en concluez-vous ? Je me permets de vous poser la question, parce que je suis incapable de déterminer, à partir de cette simple citation, si vous confirmez ou infirmez votre position.
(Par ailleurs, butez-vous également sur un traumatisé crânien ?)

le 3 juin 2020.
Ajouter un commentaire

Très bien, à moi de décider à qui je donne raison autrement dit ;o))

Merci en tous les cas pour ce débat.

Sissi Amateur éclairé Répondu le 3 juin 2020

C’est un peu ça ! 🙂

le 3 juin 2020.
Ajouter un commentaire

Phil-en-trope a écrit : Oui, et qu’en concluez-vous ? Je me permets de vous poser la question, parce que je suis incapable de déterminer, à partir de cette simple citation, si vous confirmez ou infirmez votre position.
(Par ailleurs, butez-vous également sur un traumatisé crânien ?)

Veuillez m’excuser, je n’ai pas été claire :
Je bute aussi bien sur le masculin. Il est vrai qu’on entend parfois « traumatisé crânien » et peu (pas ?) « traumatisée crânienne ».
« Assurance automobile » : je perçois « automobile » comme une apposition. On rencontre cette formulation en alternance avec « assurance voiture »  ou avec l’abréviation « assurance auto » (on n’abrège normalement pas les adjectifs). Je mets sur le même plan « assurance poids lourds » et « assurance vie »

Je vois une nette différence avec  « des produits régionaux » où l’adjectif est indiscutablement relationnel  et qui n’est jamais remplaçable par l’apposition :  « des produits région » (alors qu’à l’inverse on n’a pas d’adjectif relationnel possible avec « des produits maison »)

N’en déplaise à qui que ce soit, il est important de pouvoir déterminer si oui ou non un adjectif  peut être relationnel et si, par exemple, « traumatisé crânien/traumatisée crânienne » est acceptable. Et je ne pense pas que nous ayons à nous en excuser.
La question de Sissi portait précisément sur ce point. Elle savait évidemment que l’adjectif s’accorde toujours avec le nom auquel il se rapporte, mais était gênée -comme moi- par le rapprochement des deux mots : « traumatisée » et « crânienne » (le masculin étant parfois entendu ne la gênant pas, ou moins).

Je me permets encore une fois de demander à LG57 de rester poli :  les points de suspension n’enlèvent rien à l’indélicatesse (et même l’incongruité) des propos : Les deux réponses de Joëlle, et donc les deux réponses de Tara, c’est juste des *** s.

Tara Grand maître Répondu le 4 juin 2020

Merci Tara pour votre réponse.

Les adjectifs peuvent s’abréger – sympa, écolo, bio, etc. -, mais je suis d’accord avec vous que dans le cas d’assurance auto il parait difficile d’analyser auto comme adjectif, puisque l’adjectif automobile ne semble effectivement pas exister sous la forme tronquée.
Mais à la limite, peu importe que ce soit un adjectif ou un substantif, puisque dans les deux cas on a un relationnel : deux notions sont mises en relation ; si le SN2 est adjectif, il est paraphrasable par un complément de nom (1), s’il est substantif, on est en présence d’un SN1 préposition / subordonnée SN2 réduit à SN1 SN2, qu’il est facile de « déréduire » :

(1)
Les produits régionaux = les produits des régions / de la région.
La résidence présidentielle = la résidence du président.

(2)
L’assurance maladie = l’assurance en cas de maladie / qui couvre les frais occasionnés par les problèmes de santé.
Des produits minceur = des produits qui font mincir / qui favorisent la minceur.

Pour ce qui est de produits maison, on aurait pu dire avec un adjectif produits domestiques, ça n’a pas été retenu par l’usage qui a préféré le substantif maison apposé, substantif qui est donné comme adjectif invariable par Larousse, TLFi, Usito ! 😉
Les deux constructions sont distinctes morphologiquement, mais non sémantiquement/fonctionnellement, ce qui sans doute a décidé ces lexicologues a opérer ce reclassement.

Si on en revient au traumatisé(e) crânien(ne), on a un substantif : traumatisé = personne victime d’un traumatisme, si le traumatisme a touché le crâne, on a donc un traumatisé du crâne.
Puisque l’adjectif crânien signifie notamment du crâne / qui se rapporte au crâne, je ne vois pas ce qui interdit de dire un traumatisé du crâne = un traumatisé crânien, et donc – crânien n’étant pas un adjectif invariable -, une traumatisée crânienne.
On peut aussi avoir traumatisé adjectif, avec par exemple personne traumatisée crânienne.

 

(Quant à demander à LG57 de rester poli, je crois que c’est peine perdue : il n’est manifestement pas équipé de cette option.)

le 4 juin 2020.

Vous avez remarqué que LG57 est l’ancien LG56, qui est donc passé du Morbihan à la Moselle du fait de son exclusion du site pour ses mots empreints de nuance et d’esprit !
Il se fatiguera…

le 4 juin 2020.

Oui.

le 5 juin 2020.
Ajouter un commentaire

Phil-en-trope : juste : on peut abréger certains adjectifs.

Je vous lis avec intérêt mais je ne parviens pas à accepter « crânien » comme adjectif relationnel car j’entends « du crâne » comme « qui appartient au crâne » et donc  je comprends  : un traumatisé qui appartient au crâne et non un traumatisé par une blessure reçue au crâne.
Ceci étant, j’ai peut-être un blocage (pas de traumatisme crânien pourtant…) et il est sûr que ce point n’a pas une importance … capitale (hi hi hi!).
Retenons peut-être ceci qui est intéressant : on touche les limites des classifications et particulièrement avec ce « maison » qui devient adjectif.

Tara Grand maître Répondu le 5 juin 2020

Oui, je crois comprendre votre réticence. Ici, il faut en effet entendre crânien de façon extensive comme : au niveau du crâne , soit de façon plus lointaine et non directement anatomique que qui appartient au crâne.

Mais on retrouve cette même relation « distendue »  avec – en prenant quelque de proche – par exemple handicapé + moteur* (« par extension », voir ci-dessous, la définition de la 9e édition du dictionnaire de l’Académie – ) = un handicapé moteur, OK – et au pluriel ? des handicapés moteur ou moteurs ? Et au féminin ? une handicapée moteur ou motrice ?

Bref, dans ce cas de figure, moteur – qui est sans conteste adjectif – est-il invariable (en genre, en nombre, les deux) ou pas ?

D’après ces deux ngram (ici et ), l’usage hésite, mais semble favoriser l’accord.

(Pour traumatisée(s) crânien(ne)(s)), il n’y a pas assez d’occurrences pour générer un ngram, mais quand on regarde dans Google, on trouve des non-accords, mais apparemment en moins grand nombre que les accords, et dans GoogleLivres, très massivement plus les formes accordées.)

 

_________

* ☆2. PHYSIOL. ANAT. Qui contribue au mouvement. Muscle moteur de la cuisse. Cortex moteur, centre cérébral qui contrôle l’activité musculaire. Nerf moteur, fibre motrice, nerf, fibre nerveuse qui commande un muscle ou un viscère. Par ext. Se dit de tout ce qui a rapport au mouvement, à la motricité. Troubles moteurs. Handicapé moteur.
(Graissé et souligné par moi.)

le 5 juin 2020.

Je n’aime pas bien non plus ce « handicapé moteur », voyez-vous. Il m’apparaît comme brachylogique (avec nuance péjorative) : un raccourci … limite ! (pour rester dans le ton.)

le 7 juin 2020.
Ajouter un commentaire
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.