RE: Nouvelle piste de réflexion ? Pas autre choix
Bonjour,
J’ai récemment posé une question qui interrogeait quant à l’usage correct de la formulation suivante : je n’avais pas autre choix (sans le d’ devant autre)
La majorité n’a pas semblé trouver l’utilisation de celle-ci correcte et j’en ai donc bien sûr pris note.
Cependant, comme je l’avais également indiqué en réponse, je ne pouvais pas me sentir entièrement satisfaite. En effet, si j’avais (depuis très longtemps) retenu la possibilité d’écrire indifféremment, et ce, de manière appropriée, les deux formulations (avec le d’ ou sans le d’) … c’est que très logiquement, je l’avais vu quelque part.
Le modérateur d’un forum, consacré à la langue française, vient de m’envoyer un lien.
Sur ce lien, on constate que la tournure » pas autre choix que » (sans le d’) est retrouvée à l’intérieur de plusieurs ouvrages (plus d’une dizaine).
Qu’en pensez-vous s’il vous plaît ?
Merci par avance
NB le post de la question initiale a été clôturé (dans le sens où tout y a été dit). C’est la raison pour laquelle je pose ici cette nouvelle question ou voie de réflexion.
Le rôle de l’article est très complexe.
Elle était accablée, sans autre choix possible : tout le monde acceptera cette formulation et en effet, il n’y a pas d’article.
Je pense que si nous avons d’emblée refusé votre « je n’ai pas autre choix », c’est peut-être parce qu’il n’était pas en contexte.
Comme on n’accepterait pas hors contexte : Mon oncle avait un accident. On voudrait : mon oncle a eu/eut/avait eu.. un accident. Mais on accepterait : ça y était, mon oncle avait un accident !
Je n’ai pas autre choix : article zéro- je n’ai pas un autre choix/ d’autres choix : article indéfini.
Je crois comprendre qu’il y a une différence d’aspect.
La reprise anaphorique est impossible avec l’article zéro. On ne peut pas écrire (ou dire) : je n’ai pas autre choix et celui-ci est difficile alors qu’on peut dire : je n’ai pas d’autres choix et celui-ci est difficile.
Alors ?
Avec l’article zéro il semble que le nom COD « fasse partie » du verbe, qu’il prenne une valeur progressive , si j’ai bien compris l’article dont je vous transmets le lien.
Je suis dans la situation , dans l’état sans autre choix.
L’article zéro en français : un imparfait du substantif? – Persée
Peut-être l’article vous éclairera un peu.
Bonjour Tara,
De mémoire (question sur un post précédent), la phrase originelle était » Elle m’a informée, qu’au vu de la situation, il n’y avait pas autre choix »
Franchement, et ce même si effectivement je vous rejoins sur l’importance d’un contexte donné, je crois que celui-ci ne changera rien à la « récusation » générale 😉 qui a été donnée à la tournure « pas autre choix ».
J’ai donné mon sentiment, avis ainsi que ma conclusion personnelle dans un commentaire en réponse à Marcel1. Je sais quelle est la formulation admise et sa raison d’être et je ne remets pas en cause celle-ci. Toutefois, je n’ai pas eu matière (texte ou autre réf) m’indiquant clairement, formellement et définitivement que la formulation que j’ai employée n’est pas correcte.
Je vous remercie d’avoir cherché à faire avancer ces échanges ainsi que pour votre lien que je vais consulter.
Bonne fin de dimanche Tara 🙂

marcel1
Bug du site qui rend impossible de publier une réponse au bon endroit, je vous la donne donc en commentaire (puisque là ça marche).
C’est donc un fait indéniable que des occurrences de cette formulation existent, si on les regarde de plus près (à tout le moins pour les ouvrages dont le contenu est accessible), on constate :
qu’une forte proportion provient d’ouvrages dont les auteurs sont africains, on peut donc supposer que c’est là un africanisme (qui est bien évidemment parfaitement légitime, mais qui risque d’être ressenti comme fautif par un lecteur français, ou issu d’autres espaces de la francophonie qui ne sont pas familiers de cette tournure).
On voit aussi quelques ouvrages québécois, ils sont nettement plus restreints, alors québécisme ? ou erreur ?
D’autres sont écrits par des auteurs étrangers ; les derniers sont des autoéditions (ce qui limite considérablement leur légitimité*).
Je vous laisse conclure à votre guise.
* Vous pourrez en juger en parcourant les premières page de ce récit (auto-édité, donc) dont l’auteur se révèle être également étranger – lusophone).
Hypothèse – Cette absence d’article est peut-être le résultat d’une confusion avec / contamination de : nul autre choix / aucun autre choix.
Cocojade
Bonjour Marcel1 🙂
Ce que je conclue de tout ceci ?
Que les faits sont :
– Qu’il est indéniable que les occurrences de cette formulation existent puisque nous les avons trouvées (peu importe là que ce soit à tort ou à raison, c’est juste un fait)
– Qu’effectivement, on les retrouve majoritairement dans des ouvrages dont les auteurs ne sont pas d’origine française.
– Que malgré tout, ces derniers ouvrages ont bien dû être traduits vers la langue française (et que je doute que les traductions vers le français aient pu être effectuées par des étrangers)
– Qu’une auteure française (Nathalie Pivert Chalon, française, publiée par les Éditions du Panthéon) a employé cette formulation et que celle-ci n’a pas été modifiée/corrigée avant impression.
– Que la totalité des correcteurs orthographe/grammaire testés, n’ont pas relevé cette formulation comme étant incorrecte et ne l’ont pas soulignée comme fautive (environ une dizaine de correcteurs)
– Qu’à ce jour, je n’ai pas trouvé règle précise sur cette tournure précise validant ou invalidant formellement le non-emploi du d’.
Ce que j’en pense ?
Au niveau « global » j’en pense, comme je l’ai parfois constaté à l’usage, qu’il faut toujours se garder des affirmations péremptoires qui, sans preuve établie du contraire, peuvent s’avérer, parfois, incomplètes (voire non fondées)
Au niveau « précis » de la formulation objet de la question, j’en pense que, bien que j’emploierai certainement à l’avenir la tournure communément admise, je n’ai pas eu preuve que l’autre formulation est assurément et formellement incorrecte.
Et… qu’en ce sens, je ne dis pas que je me l’interdirai à jamais.
Et… que votre hypothèse n’est pas dénuée de logique.
Et… que ma propre question initiale, incluant ses dérivés, m’aura littéralement épuisée 😉
Bonne fin de dimanche Marcel1 (et bonne fête des papas, si tel est votre cas 🙂 )
marcel1
Merci Cocojade, bon fin de dimanche également. 🙂
Ouatitm
Bonsoir,
Vous écrivez : « Qu’à ce jour, je n’ai pas trouvé règle précise sur cette tournure précise validant ou invalidant … ».
Il vous est de même impossible de trouver une règle précise portant sur la tournure autre met qui validerait ou invaliderait la phrase suivante : « Je n’ai jamais mangé autre met aussi délicieux ».
Les règles sont génériques, et s’il devait y avoir une exception à la règle vous trouveriez cette règle précise rapidement comme un recherche fort simple permet d’afficher le cas « autre chose (sans article) »
Le fait que vous ne trouviez pas de règle précise pour ce cas signifie simplement que ce cas ne souffre pas d’exception.
Cocojade
Bonsoir Ouatim,
Si je reprends votre exemple » je n’ai jamais mangé autre met aussi délicieux », même moi, j’écrirais « je n’ai jamais mangé d’autre met aussi délicieux ».
Pourquoi ? Parce qu’ici la phrase induit clairement une comparaison.
La phrase « je n’ai autre choix », induit une annonce, une conclusion. Aucune notion de comparaison n’y a place.
C’est la nuance que je ressens.
Merci pour votre retour Ouatim