RE: « Les chattes que j’ai vues frapper. » Est-ce juste ?

Est-ce que ce genre de construction existe-t’il en Français ?  Quelqu’un qui frappe des chattes, je l’ai vu, ensuite pour alerter une autre personne je dis « les chattes que j’ai vues frapper sont blanches ».
Un autre exemple: « les maisons que j’ai témoignées construire datent de 1947 ».
Ceci a l’air illogique, mais la curiosité, vous savez !

EclairNoir Amateur éclairé Demandé le 9 août 2021 dans Question de langue

Est-ce que ce genre de constructions existe
OU BIEN
Ce genre de constructions existe-t-il (sans apostrophe)

le 9 août 2021.
4 Réponses

Bonjour,

Le Bon usage actuel, § 951- Participe passé suivi d’un infinitif :

I. Les règles 

Règle générale : 

« Le participe passé conjugué avec avoir et suivi d’un infinitif (avec ou sans préposition) s’accorde avec le complément d’objet direct (voir N. B. ci-dessous) qui précède quand l’être ou l’objet désignés par ce complément font l’action exprimée par l’infinitif. 

 

Les violonistes que j’ai entendus jouer sont des virtuoses : les violonistes (représenté par que) jouent. — Dès que je l’eus entendue tirer le verrou derrière elle (GidePorte étr.viii )— Je ne l’ [= George Sand] ai point vue boire à la coupe des Bacchantes et fumer indolemment assise sur un sopha comme une sultane (Chat.Mém., IV, XI, 7)— Je les ai vus partir comme trois hirondelles (HugoF. d’aut.vi ). jardin (SartreMots, p. 40)— Que de pleurs j’ai vus couler ! » Etc. 

Cas contraire : 

« Sinon, le participe reste invariable : Les airs que j’ai entendu jouer étaient joyeux. La mauvaise humeur qu’il a laissé voir. Les mesures qu’il a voulu prendre, qu’il a osé prendre, qu’il a préféré prendre. Ces personnes n’arrivaient pas ; je les ai envoyé chercher. Les comédies qu’on a empêché de jouer, qu’on a autorisé à jouer. — La matière […] que j’ai cherché à pétrir (BarrèsMes cahiers, t. XIV, p. 170)— Que de pleurs j’ai vu verser ! — Je ne me la suis pas laissé prendre [= laissé prendre la petite fille à moi] et je me suis sauvée avec elle (ClaudelAnn. faite à M., III, 3)[À moins que Claudel n’applique l’invariabilité dont il est question dans b .] »

 

« Notons que : 1) si l’infin. a son propre objet direct, le pronom objet direct ne peut être rapporté à l’infin. et le partic. varie : Ces bûcherons, je les ai vus abattre des chênes ; — 2) si l’agent de l’infin. est ou peut être exprimé avec la préposition par (cf. § 903, le pronom ne peut être rapporté au participe, et celui-ci est nécessairement invariable : Ces arbres, je les ai vu abattre (par le bûcheron). »

 

II. Applications

 

Les chattes que j’ai vu(es) battre.

A.  Si ce sont  elles qui battent. ==> …que j’ai vues battre [leurs chatons]
B. Si l’on retient la forme « que j’ai vu battre » pour dire « que j’ai vu se faire battre. « . ==> … que j’ai vu battre |par des voyous]
C. Si l’on ne retient pas cette forme mais plutôt « que j’ai vu se faire battre »  ==> … que j’ai vu se faire battre [par des voyous]

 

 

 

 

Prince Grand maître Répondu le 9 août 2021
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