RE: LAURENT MAUVIGNIER, LA MAISON VIDE
Bonjour,
J’aime beaucoup Laurent Mauvignier, et j’ai récemment lu son dernier livre… J’aime ce qu’il raconte, j’aime son style.
MAIS… j’ai relevé quelques phrases qui m’ont paru fautives ou qui me font douter, et je vous les soumets :
« Une langue qui n’a plus de natal que le nom » : natal ? natale ? (page 437)
« Par tous ceux-là qui fuient, têtes baissées, la nuque rougie » (page 467) : pourquoi accoler le pluriel de têtes baissées et le singulier de la nuque ? Après tout, chacun n’a qu’une tête comme il n’a qu’une nuque. Je ne dirais pas qu’il y a une faute, mais que ce n’est pas « logique ».
« Comme si tous ceux qui les avaient repoussés ne l’avaient fait pour rien » (page 470) : il me semble que ce « ne » n’est même pas explétif, et qu’il induit un pluriel contraire à l’intention de l’auteur.
« Lui comme les autres ignorait » (page 592) : le pluriel pour ignorait ne s’impose-t-il pas ?
Qu’en pensez-vous ?
Amicalement,
Karine
Comme correcteur professionnel, je suis étonné que l’éditeur (Éditions de Minuit) ait laissé passer autant d’approximations, de surcroit pour un ouvrage distingué par le prix Goncourt. Il me semble avoir vu passer d’autres remarques à ce sujet sur des sites spécialisés.
Ci-dessous, ce que j’aurais proposé :
« Une langue qui n’a plus de natale que le nom » (essayez un autre adjectif, c’est clair) ;
« Par tous ceux-là qui fuient, tête baissée, la nuque rougie » (le singulier est naturel, le pluriel une hypercorrection) ;
« Comme si tous ceux qui les avaient repoussés l’avaient fait pour rien » (négation ici indue) ;
« Lui comme les autres ignoraient… » (le singulier serait justifié en cas d’incise de ‘comme les autres’).
Bonjour,
je ne vous suis pas :
Une nation qui n’a plus de grand que le nom -et non pas grande-, l’adjectif ne qualifie pas nation, mais nom.
C’est moi qui ne vous suis pas : on reprend bien en l’état l’adjectif pris dans « grande nation ». La nation concernée ne mérite plus son qualificatif de grande et elle ne conserve que le nom (le substantif).
Euh … elle a bien un grand nom…
Pour moi, non. L’idée est bien que ce n’est plus une « grande nation » mais juste une « nation ». De même, dans le roman cité, la langue n’est plus natale si elle est corrompue par trop d’influences extérieures (typiquement le franglais que nous entendons qui n’a plus rien à voir avec le français de nos parents).
