RE: Il se voient, Pierre et lui…

Alors me revoilà, comme annoncé dans le fil « souci avec le contraire de tardif » (résolu !), avec un autre petit souci de langue.
Il s’agit ici d’un homme qui regarde une photo ancienne, prise quarante ans auparavant, où il est à une fenêtre près d’un ami. Il est nostalgique.
Mon texte démarre comme suit :
Il regarde la photo. Il se voit, Pierre et lui…

Et c’est là que ça me gêne. Il se voit me choque, car immédiatement suivi d’un pluriel « Pierre et lui ». J’ai donc  envie d’écrire il se voient, puisqu’il voit qui : Pierre et lui.

Peut-être me direz vous : mais bien sûr Emsi, non seulement tu peux le faire mais tu DOIS l faire (fol espoir…) car il se voient est des plus corrects dans ce cas.
Et sinon, je trouve le singulier tellement moche à lire que je vais certainement changer ma phrase (‘c’est mon principe quand quelque chose me gêne, même si c’est bon grammaticalement ou syntaxiquement, et puis chercher d’autres formulations fait travailler les méninges !).

Mais encore une fois peut-être me direz-vous que le pluriel dans ce cas présent est correct ? (Fol espoir, BIS…).

Grand merci aux personnes qui voudront bien me répondre.

Emsi Érudit Demandé le 10 octobre 2021 dans Question de langue
11 Réponses

Oui je crains bien que Phil-en-trope n’ait raison : il n’y a pas moyen de traduire par les mots ce que je veux exprimer.

Les solutions proposés ont certes le sens « technique » de ce que je veux dire, mais n’en ont pas la portée affective ou émotionnelle.

Le contexte, Prince, je l’ai donné je crois : un homme regarde avec une nostalgie une photo où il se trouve à une fenêtre en compagnie d’un ami, décédé depuis. Je peux ajouter que cette photo a été prise il y a quarante ans, qu’il est donc plongé dans un passé assez lointain, dans une époque où lui et cet ami étaient proches, mais ça ne va pas changer grand chose à votre réflexion je pense.

Les formules qui commencent par  « il se voit… » donnent trop d’importance à l’un des deux hommes (celui qui regarde la photo, en l’occurrence, et qui « s’y voit« , même si c’est « avec…« ) ), alors que mon but est que les deux soient mêlés en une même entité, un pluriel.

Mais peut-être, en partant de l’idée de Tara, pourrais-je dire « Il y voit Pierre et lui » : là on a plus d’équilibre. La « couverture » est moins tirée vers celui qui regarde : certes il est le sujet (il y voit) mais tout de suite on embraye sur l’autre, Pierre, ce qui équilibre. (un peu sur le principe de bonne éducation qui consiste à dire « vous et moi » plutôt que « moi et vous » : le sujet s’efface devant « l’autre »).
Oui Tara, vous me donnez sans doute une clef qui permet de m’approcher de ce que je veux dire, même si on n’y est pas vraiment (mais j’ai compris que c’était impossible, sauf à partir dans des phrases plus longues, plus « construites », et qui sont moins dans l’émotion je trouve).

Donc merci Tara, merci à Prince dont le « y » m’inspire ce mix avec le phrase de Tara, et merci aussi à Phil-en-Trope, car ce que je voulais, c’est savoir s’il était admissible d’écrire « il s’y voient Pierre et lui », je vois que ça ne l’est pas (espoir déçu, oui !).

Bref, merci à tous pour votre aide.
Pardonnez les  éventuelles fautes de frappe, je voulais répondre avant d’aller dormir et mes yeux ne suivent plus trop…

Bonne semaine !

PS : oui  « modifier » je sais que ça passe par le crayon, mais j’avais beau faire, ce crayon, au lieu de me mettre sur mon texte afin que je le corrige, m’envoyait sur la même fenêtre que lorsqu’on clique sur « Nouveau » pour poster un nouveau sujet.

Emsi Érudit Répondu le 11 octobre 2021

C’est exactement cela. Vous voulez exprimer trop de choses avec trop peu de mots. Il est possible au contraire de développer et ainsi de donner des nuances qui peuvent alors être très subtiles.

le 11 octobre 2021.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.