RE: genre des noms de ville et des pays

« Reims ressemblait à ce qu’il était autrefois »

« Mourmansk et Vladivostok restent accessibles en hiver, mais ils sont situés à de très grandes distances de…. »

J’ai le sentiment que l’usage est assez flottant concernant le genre des noms de ville mais là le masculin me surprend. Ne sous-entendons pas « la ville de  » ?

« L’Europe et la Russie ne sont pas sérieusement touchés »
Et bizarrement pour cette phrase, je suis étonnée du masculin aussi, certes ce sont les pays mais ne dit-on pas la Russie et l’Europe…

Merci de m’aider à y voir plus clair !

Illys Amateur éclairé Demandé le 18 septembre 2021 dans Question de langue
5 Réponses

Lez Bon usage actuel : Les noms de villes

« Les noms de villes  sont masculins dans l’usage parlé, mais souvent féminins dans la langue écrite, surtout littéraire. H2

On pose parfois en règle que ces noms sont féminins seulement quand ils se terminent par un muet. Cette finale favorise le féminin, sans doute, mais les écrivains le choisissent aussi dans d’autres cas.
La blanche Navarin (HugoOrient.)— Comme une Pompéi gardée par des sergents de ville (E. et J. de Gonc.Ch. Demaillyxv )— Lyon, Marseille, Bordeaux insurgées (FranceLes dieux ont soif, p. 78)— L’éclatante Jérez, toute pleine de l’odeur de ses celliers à vin (LouÿsLa femme et le pantinix )— À l’horizon, toute plate elle aussi, Madrid (Montherl.Service inutilePl., pp. 615-616)— Hank-Kéou était toute proche (MalrauxCondition hum., p. 157)— Dans Cusset endormie (GiraudouxLittérature, p. 317)— Amsterdam endormie (CamusChutePl., p. 1548)— Sfax, […] Sousse et Kairouan étaient, à leur tour, libérées (de GaulleMém. de guerre, t. II, p. 122)— Meknès était plus discrète que Fez, moins magnifique et moins oppressante (BeauvoirForce de l’âge, p. 339)— Paris est traversée de parfums d’arbres (NourissierAllemande, p. 180)— Arras et Amiens étaient prises (CabanisProfondes années, p. 157)— Montreuil s’est bâtie autour de l’abbaye (Grand dict. enc. Lar., t. VII, p. 7089)Etc.
Le fém. est particulièrement naturel si les noms de villes contiennent l’article fém. dans leur forme ordinaire, soit que cet article précède, soit qu’il suive avec un adjectif : La Rochelle se donne tout entière au commerce maritime (Grand dict. enc. Lar.)— Une seconde Rochelle (Al. DumasTr. mousq.)— Ma sainte Mecque (LotiRoman d’un enfantxix )— Fondée en 1519 […] , la Havane est attaquée à plusieurs reprises (Grand dict. enc. Lar.). — La vieille Havane (BeauvoirForce des choses, p. 513)— Albe-la-Longue […] fut fondée , selon la légende, par Ascagne (Italie, Michelin, 1963, p. 47).

Le masc. se rencontre pourtant : Équipé d’un bassin de plaisance, La Rochelle est un notable port de pêche (Grand dict. enc. Lar.)[Le rédacteur pense sans doute à port. — Tous les La Ferté (DaninosDaninoscope, p. 69).

Le masculin prédomine : 1) quand le nom est précédé des adjectifs vieux, nouveau ou grand , pour désigner des quartiers de la ville ou son extension ; — 2) quand le nom est précédé du déterminant tout  ; — 3) quand il est employé par métonymie, pour un évènement, une équipe sportive ou, s’il s’agit d’une capitale, le gouvernement du pays (ou les institutions qui y siègent : pour Bruxelles, l’Union européenne).
Les rues du vieux Marseille (Flaub.Voy., t. II, p. 540)— Le vieux Belleville (RomainsHommes de b. vol., t. III, p. 315)— Rien ne subsiste du vieux Cologne (Maulnierdans le Figaro litt., 13 sept. 1952)— Divers organismes administratifs englobent l’ensemble de l’agglomération londonienne, le « Grand Londres » (Greater London) (Grand dict. enc. Lar.).

Quand l’adjectif fait partie du nom de la localité (surtout pour la distinguer d’une autre), il est ordinairement masc. : Noisy-le-Grand, Noisy-le-Sec, Vieux-Rouen, Rosoy-le-Vieil, Rosoy-le-Jeune, etc. Mais le fém. se rencontre : Pournoy-la-Grasse et Pournoy-la-Chétive (Moselle), Vaison-la-Romaine , etc. en France ; Habay-la-Vieille et Habay-la-Neuve (d’où Louvain-la-Neuve , fondée en 1970) en Belgique ; La Nouvelle-Orléans aux États-Unis. H3 Ce genre est plus fréquent quand le nom se termine par un muet : Ermenonville-la-Grande et Ermenonville-la-Petite, Brienne-la-Vieille, Suze-la-Rousse, Brive-la-Gaillarde en France ; Basse-Wavre H4 en Belgique.

De la fenêtre on découvrait […] tout Villeneuve (FromentinDomin.ii )— Tout La Rochelle en était troublé (Maupass.C., Ce cochon de Morin, III)— Tout Antioche s’étouffait au théâtre (FranceThaïs, p. 102)— Tout La Rochelle fut menacé d’envahissement (MaeterlinckVie des termites, p. 71)— Tout Rome remarquait qu’il semblait heureux (MauroisChateaubr., p. 384)— Tout Thèbes sait ce qu’elle a fait (AnouilhAntigone, p. 106).

Tout , précédé de l’article masc., se met devant un nom propre de ville auquel il se joint par un trait d’union, pour former un nom composé désignant l’élite de la société de cette ville : Les médaillons connus du « tout-Paris » (A. DaudetRois en exil, p. 85)— Le Tout-Menton mondain et tuberculeux (MaeterlinckDouble jardin, p. 132)— Le Tout-Paris méprise le reste du monde (BendaRapport d’Uriel, p. 157)R1

Il suffira d’une victoire, d’un Austerlitz, d’un Iéna (BainvilleNapol.xxii )— Bruges, battu seulement 3-4 [au football] (dans le Monde, 19 sept. 1986)— Washington s’était toujours opposé […] au transport […] des troupes que nous tenions prêtes (de GaulleMém. de guerre, t. III, p. 195)— Bruxelles [= la Commission européenne] est concerné […] par la question de l’efficacité des crédits européens (dans le Monde, 28 avril 2006, p. 8)R2″
Prince Grand maître Répondu le 18 septembre 2021
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