RE: COI et question « d’où? »

Bonjour,

« Ce thé délicieux venait du Népal » : dans mon cahier d’exercices « du Népal  » est considéré comme complément d’objet indirect. Je ne comprends pas cette réponse…
Pouvez-vous m’éclairer ? Pou moi c’est un complément circonstanciel de lieu…

Merci beaucoup !

AnnBj Amateur éclairé Demandé le 24 avril 2020 dans Général
6 Réponses

1. Je laisse d’emblée de côté le « Sancier », qui évoque à ce sujet un complément essentiel-circonstanciel.

2. De même, j’écarte le CC de lieu, car du Népal n’est ni effaçable ni déplaçable sous peine de changer le sens de la phrase. Ex. : J’ai invité Jessica  dîner à Paris.  A paris est un complément essentiel qui précise le lieu visé par l’action. Si on le déplace  comme ici  A paris, j’ai invité Jessica  à dîner, il devient un CC qui donne un cadre spatial général à l’action.  Ce thé délicieux venait du Népal. ==>  °Ce thé délicieux venait.

3. Serait-ce alors un c. essentiel de lieu ?
L
es C. E.L. ressemblent à des CCL, mais ils ne sont ni déplaçables ni supprimables. Ils ont soit pronominalisables (par en ou y) soit substituables par un adv. de lieu (là…).  Ex. : Je me rend s à mon bureau. ==> °Je me rends. °A mon bureau, je me rends. Je m’y rends. Je me rends là.
° Ce thé délicieux venait. °Du Népal ce thé délicieux venait.  Ce thé délicieux en venait. Ce thé délicieux venait de là.
Du Népal correspond  donc bien aux critères d’identification du CEL.

4. Mais qu’en est-il du C.O.I. ?
On le sait ; ce complément n’est ni effaçable ni facilement déplaçable. Il est pronominalisable en en quand le complément est introduit par de, ce qui est possible, on vient de le voir. On insère difficilement et ce (ou et cela)
entre le verbe et le complément :  *Ce thé délicieux vient, et cela, du Népal.

Ma conclusion : Bien évidemment, tous ces critères figurent dans les meilleurs ouvrages utilisés lors de ma préparation à l’agrég de lettres mod.* : Je n’invente rien ! SI l’on estime que  et cela s’accommode mal de la phrase proposée par Ann ,  voilà comment ont peut fonder l’existence d’un C.O. I. au présent cas.
Cela dit, comme on l’a vu, la qualificatif de complément adverbial essentiel de lieu (terme retenu par les ouvrages de la collection « Grevisse ») peut se justifier également.

* Ces critères se retrouvent actuellement dans Le Petit bon usage de la langue française, fin 2018.


Prince Grand maître Répondu le 24 avril 2020
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