RE: C’est du vécu

Je voudrais mettre bon ordre dans l’accord du participe passé vécu selon que les années mentionnées précédemment représentent une mesure ou une expérience, car j’ai lu beaucoup d’analyses contradictoires, y compris sur ce forum. Confirmez-vous les accords suivants ?

« Les quatre-vingts ans qu’il a vécu, personne ne l’a jamais vu se départir de son sourire. »
« Les quatre-vingts ans qu’il a vécus ne lui ont jamais fait perdre le sourire.« 

Bruno974 Grand maître Demandé le 31 mars 2023 dans Accords
3 Réponses

Pour être franche Bruno, je ne suis pas moi-même convaincue par ces distinctions qui se trouvent pourtant dans des sites sérieux -ici la BDL.
Plutôt que d’essayer de transmettre une réponse, j’aurais mieux fait de réfléchir et de suivre ma logique, ce qu’en général, je fais.
Je ne vois pas pourquoi la présence d’un nombre devrait changer les choses.
L’année qu’il a vécue a été très enrichissante.
Les deux années qu’il a vécues ont été très enrichissantes
—-
le complément de mesure est nettement repérable  : je regrette les dix euros que m’a coûté cet objet. mais : les dix euros que j’ai perdus

Vivre n’est jamais à mon sens un verbe qui commande un complément de mesure.
Les deux années qu’il a vécues/ les deux drames qu’il a vécus/les deux affronts qu’il a vécus… etc
J’efface mon premier message  qui à mon avis est erroné.

Tara Grand maître Répondu le 31 mars 2023

On s’en doute un peu que le complément de vivre, même s’il exprime une durée, n’est pas un complément de mesure. La question n’a jamais été de savoir si c’est un complément de mesure, mais de savoir dans quel cas c’est un complément d’objet, et dans quel cas c’est un complément de temps.

Complément de mesure :
— Il mesure deux mètres, il mesure combien, quelle est sa taille ? caractéristique, valeur intrinsèque
— Il pèse deux kilos, il pèse combien, quel est son poids ? caractéristique, valeur intrinsèque
— Il a vécu deux ans à Berlin, il a vécu combien ? quel est son… ? caractéristique ? valeur intrinsèque ? évidemment que ce complément ne mesure rien !

Complément de lieu :
— Il travaille à Berlin, il vit à Berlin

Complément de temps :
— Il travaille à Berlin depuis deux ans, il a vécu deux ans à Berlin, il a travaillé à Berlin pendant deux ans…

Complément d’objet :
— Il vit ses rêves, il a vécu de belles années à Berlin, il vivra d’autres aventures…

Dans « il a vécu à Berlin deux années, il a vécu heureux, il y a vécu heureux, il a vécu deux années, il a vécu heureux deux années, il a vécu cent ans« , jamais vous ne verrez un COD dans « deux années » ou dans « cent ans », si ?
Mais dès qu’on renverse la phrase, vous estimez que les années deviennent par magie un COD ?
— les deux années qu’il a vécues à Berlin ?
— les cent ans qu’il a vécus ?
Très bien, mais pourquoi ? Pourquoi est-il si naturel à votre avis que des compléments de temps se transforment en compléments d’objet quand on les déplace devant le verbe ? Je crois que c’est un peu la question posée.

le 2 avril 2023.
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