PAUL MORAND – MILADY
Bonjour,
Dans la nouvelle sous rubrique, Paul Morand parle des « chevaux bais clairs ». Cet accord m’a turlupinée.
Voici la règle que j’applique : Quand deux mots sont employés pour qualifier une seule couleur, aucun ne varie ; s’il s’agit de deux adjectifs de couleur, un trait d’union les relie, mais l’ensemble reste invariable : des écharpes gris–bleu, mais des teints jaune citron.
En conséquence, j’aurais écrit des « chevaux bai clair », ce que semble me confirmer Le Bon Usage qui prend pour exemple « Une jument bai brun ».
Toutefois, si j’interroge mon ami Google, celui-ci est très affirmatif :
Bonne journée,
Karine
Il faut appliquer les règles sur l’accord des noms et adjectifs de couleur avec circonspection. Certains cas sont délicats et il faut reprendre l’esprit plus que la lettre de la norme.
C’est le cas avec l’adjectif bai qui n’est pas à proprement parler une couleur et n’est rangé comme tel que par commodité. C’est une configuration de la robe de certains chevaux, essentiellement d’origine arabe. On peut aussi penser à alezan, rouan, zain ou isabelle,, termes techniques du monde hippique. Dans certains cas, l’adjectif est même devenu un substantif à part entière : « Imaginez un bai brun dans toute sa force, bien nourri, bien brossé, luisant au soleil. » (Alain, Propos, 1910)
Il est rare de trouver une nuance complémentaire exprimée par un autre adjectif ou un nom, mais on constate alors des choix différents :
– Lamartine : « Ils sont tous bais bruns et à longues crinières : véritables chevaux homériques. » (Voyage en Orient) .
– F.-A. Bayard : « Un coupé jaune clair, à chevaux bai foncé » (Le Château de cartes)
Pour résumer, on peut appliquer l’invariabilité mais rien ne condamne l’accord si la tournure vise plutôt, comme chez Morand, le type spécifique de cheval.
