RE: L’un de ceux qui + verbe au pluriel ou singulier ?

Répondu

Bonjour !

J’ai une phrase de ce type : « Il est l’un de ceux qui se prend le moins la tête ». La formulation est-elle correcte ou devrais-je écrire plutôt « Il est l’un de ceux qui se prennent le moins la tête » ?

Au début, j’aurais plutôt mis au pluriel, mais finalement je ne trouve pas cela si choquant au singulier non plus. Je me demande donc quelle est la bonne écriture.

Merci.

Tatsu Débutant Demandé le 2 février 2015 dans Conjugaison
7 Réponses

Merci pour vos réponse qui me confirment ce que je pensais.

En faisant des recherches, j’ai trouvé ce lien : http://www.etudes-litteraires.com/grammaire/accord-un-des.php
On peut lire deux exemple où l’emploi du singulier est justifié. Peut-être que ça en éclairera d’autres 🙂

Merci d’avoir pris le temps de me répondre et de m’expliquer !

Tatsu Débutant Répondu le 2 février 2015

On peut préciser que dans les exemples que vous citez, le singulier est possible parce que la construction est un des… qui. Avec un de ceux… qui, le pluriel est normalement incontournable. 😉

le 2 février 2015.

Que ce soit « un des » ou « un de ceux » ne change absolument rien Vlavv, désolée. Il s’agit toujours de « un parmi tous ceux qui font l’action ».

le 3 février 2015.

Il y a pourtant une différence. Comparons les exemples suivants :

  1. Il répondit à un des consuls qui l’interrogeait.
  2. C’est un des hommes qui comptent le plus en matière de littérature.
  3. Tu es un de ceux qui m’ont le plus aidé.

Dans le cas 1., le singulier est naturel parce que l’antécédent logique est un. On pourrait remplacer par celui  : Il répondit à celui [parmi les consuls] qui l’interrogeait. Dans ce contexte, la virgule avant qui est fréquente, mais pas obligatoire.
Je ne reviens pas sur le cas 2., qui semble faire consensus.
Dans le cas 3., en revanche, qui ne peut se rapporter qu’à ceux, sans quoi ceux n’aurait pas de complément. Le pluriel est donc obligatoire.

(Sources : BDL, Larousse [→ Accord du verbe], Grevisse [§434].)

le 3 février 2015.

Non Vlavv, il n’y a aucune différence entre vos trois exemples, le pluriel s’impose chaque fois :
1. Il répond à un consul parmi tous ceux qui l‘interrogent.
2. Il est un homme parmi tous ceux qui comptent.
3. Tu es un ami parmi tous ceux qui m’ont aidé.

le 3 février 2015.

Il va en falloir un peu plus pour me convaincre. 😉 Je vous ai cité Larousse et Grevisse, je pourrais ajouter Littré, Bescherelle, Girodet et Thomas. En revanche, j’attends toujours vos sources… Pour le moment, je n’ai pas lu une seule grammaire qui refuse l’accord au singulier après un des… qui.

Voici un autre exemple où l’accord détermine le sens :
– C’est un des élèves qui a remporté le prix. (Un seul élève l’a remporté.)
C’est un des élèves qui ont remporté le prix. (Un des élèves parmi ceux qui l’ont remporté.)

Après un de ceux… qui, en revanche, la grande majorité des grammaires imposent le pluriel pour la raison que j’ai donnée plus haut. Après un de ceux-là… qui, le singulier est de nouveau de rigueur. En somme, c’est la logique qui dicte l’accord. 😉

le 3 février 2015.

Je ne cherche pas à vous convaincre, Vlavv, j’apporte ma contribution à la recherche utopique de la vérité linguistique. Tout comme Joëlle et Chambaron qui sont visiblement du même avis que moi, et ne citent pas non plus d’autre source que leur savoir, mes sources sont mes connaissances… Sans doute parce que cette question, loin d’être un point de grammaire épineux, est parmi les questions les plus basiques que l’on puisse rencontrer. D’autre part, je vous démontre de façon logique que le pluriel est requis, je ne vois pas ce que vous ne comprenez pas, et de mon côté, je ne comprends pas pourquoi vous faites un distinguo entre deux formes similaires. Ce que je me demande, c’est si vous êtes bien sûr de vos sources, car il est assez étonnant de voir que Czardas (cf. sa réponse plus bas), qui cite toutes ses sources, dont Larousse et Grevisse, vient tout à faire contredire ce que vous avancez.

le 3 février 2015.

Bonsoir,

En toute sincérité, Cathy, et sans animosité aucune, je pense qu’il serait temps que vous remettiez quelque peu en cause vos certitudes plus que formelles. Nous sommes tous bien placés pour savoir que la langue française est loin d’être évidente, que rien n’est jamais acquis et que le doute nous permet justement de vérifier si ce que nous pensons est avéré ou non. Je suis certaine que vous qui vous évertuez parfois à rappeler la charte du site n’avez pas manqué ce paragraphe :

« Nous encourageons nos membres à utiliser les ressources en ligne pour répondre aux questions, mais veillez à bien citer vos sources. »

Certes, cela fait référence aux sources virtuelles (qui nous servent à boire et à manger), mais il va de soi que citer des sources en règle générale n’est pas inutile. Cela sert notamment à justifier nos dires, leur donner plus de poids.

Bien sûr, personne ne songerait à sortir Grevisse pour expliquer la règle concernant l’orthographe de sa/ça, par exemple, mais sur des points qui peuvent vite se révéler subtils, j’ose croire qu’il est toujours préférable de citer de bonnes sources plutôt que « nos connaissances » (je vois mal un chercheur publier un article mentionnant comme seules et uniques sources « mes connaissances », mais peut-être en connaissez-vous…). Vous affirmez quand même fermement contrer en toute légitimité des sources comme Grevisse et Littré avec une simple démonstration logique… Je suis ébaubie.

Enfin, pour répondre à votre interrogation quant à la justesse des sources citées par Vlavv, permettez-moi très simplement de vous citer (une fois de plus, pardonnez-moi) Grevisse (Le Bon Usage, 14e édition, § 434, intitulé « Pronom relatif précédé de un de(s) + nom ou pronom pluriels »). Je me permets de mettre en exergue une partie qui, je pense, finira de prouver que Vlavv a bien raison (et vous tort, par conséquent), et ce, avec le fameux exemple des députés.

« Ordinairement, le pronom relatif a pour antécédent logique le nom ou le pronom pluriels, et, par conséquent, le verbe, l’attribut ou le participe passé qui s’accordent avec ce pronom relatif se mettent au pluriel : Je vous présente […] l’un des hommes que votre départ inattendu a le plus ÉTONNÉS (B. CONSTANT, Ad., II). — […] Il gravit l’un des sentiers qui MÈNENT aux parties les plus désertes du haut lieu (BARRÈS, Colline insp., XVI).

[…]

Il arrive quelquefois que l’antécédent logique soit un, qu’on pourrait remplacer par celui. [R1] Cela entraîne naturellement le singulier : Il répondit à un des consuls qui l’INTERROGEAIT… [Un seul consul l’interroge.] […] »

Quant à la remarque R1, voici ce qu’elle nous dit :

« Avec le pronom démonstratif suivi d’un complément pluriel, l’accord régulier se fait avec ce pronom : Il répondit à celui des consuls qui l’INTERROGEAIT… — Voir cependant au § 931, d, 2°, des ex. où des auteurs accordent avec nous quand la formule est Ceux d’entre nous. »

Bref (comme disait Pépin), comme vous pouvez le constater, les sources sont bien fiables, l’accord au singulier est bien possible, et ce, même sans la virgule.

le 4 février 2015.

Cathy, attention, vous confondez tout… Rien de ce qu’ont dit les autres participants ne contredit la règle que je mets en avant. La question initiale de Tatsu concernait la construction un de ceux… qui. Cette construction appelle le pluriel, nous sommes tous d’accord là-dessus. C’est ce point-là qui a été défendu (à raison) par Chambaron, Joëlle et Czardas.

Mon premier commentaire dans cette discussion était en réponse au lien que Tatsu avait trouvé au cours de ses recherches. Celui-ci donnait la règle pour la construction un des… qui. J’appelais simplement l’attention sur le fait que cette forme, quoique similaire, n’était pas identique à celle qui faisait l’objet de sa question initiale, puisque l’une autorise le singulier et l’autre pas.

Les sources données par Czardas,  qui me contredisent selon vous, ne concernent que la construction un de ceux… qui. Le Dictionnaire des difficultés de la langue française qu’il cite a été écrit par Adolphe V. Thomas, que j’ai moi-même référencé dans mon message précédent. À côté de l’article que Czardas a recopié dans son message (et qui s’intitule « Accord du verbe avec « un de ceux… »), on peut lire l’entrée suivante :

  • Accord du verbe après « un des… ». Après un des… qui le verbe qui suit se met généralement au pluriel, à moins que l’on veuille insister sur l’idée d’individualité (il faut alors que un correspond à peu près à celui ou celle).

C’est exactement la même chose pour le Précis de grammaire française de Grevisse, qu’il cite également. Juste avant la remarque qu’il a recopiée (Après un de ceux qui, une de celles qui, le verbe se met au pluriel), on peut lire la règle suivante :

  • Après un(e) des, un(e) de, le relatif qui se rapporte tantôt au nom pluriel, tantôt à un(e), selon que l’action ou l’état concerne, quant au sujet, plusieurs êtres ou objets ou bien un seul.

J’espère que le malentendu est maintenant dissipé. Je me permets tout de même de faire remarquer que beaucoup de temps aurait pu être gagné si vous vous étiez donné la peine de vérifier vos affirmations au moyen de n’importe quel ouvrage spécialisé (ou d’une simple recherche sur Internet), plutôt que de rejeter en bloc les exemples, analyses et sources que j’ai fait l’effort de fournir.

Cordialement.

le 4 février 2015.
Votre réponse
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