RE: « Une bien drôle façon de montrer ses sentiments »
Bonjour,
J’ai trouvé cette phrase dans une traduction d’un roman de Simone van der Vlugt, Bleu de Delft, et elle attire mon attention.
Après tout, en français, les adjectifs sont censés pouvoir être mis avant ou après le nom qu’ils qualifient. Je peux aussi bien dire « une bien gentille façon de montrer ses sentiments » que « une façon bien gentille de montrer ses sentiments ».
Mais il me semble que si je peux écrire : « c’est une façon drôle de montrer ses sentiments », on n’écrira pas « c’est une drôle façon », mais bien plutôt « une drôle de façon ». Y a-t-il un livre dans lequel soit référencé un usage particulier de cet adjectif ? Parce que stricto sensu, même si ça agace mes oreilles, pourquoi ne pas écrire « une bien drôle façon » ?
Merci de votre aide,
Amicalement,
Karine
D’après un article du Grévisse : Construction indirecte de l’apposition
Dans un certain nombre de cas, l’apposition précède le nom et y est joint par la préposition « de ».
Dans des désignations affectives : elle était toute fière de voir son chef d’œuvre de robe mouillée
Dans des contextes péjoratifs ; Ce Cochon de Morin (titre d’un conte de Maupassant) :
Or, « drôle » a été un nom. L’emploi de « drôle de » pourrait s’expliquer ainsi : c’est un drôle de garçon
Remarque :
On ne trouve pas le féminin « drôlesse » c’est une drôle de femme et non *une drôlesse de femme:.
On peut trouvez des degrés : les plus drôles de confusions (Stendhal). Mais c’est peut-être par contamination (on prendrait drôle pour un adjectif).
Par ailleurs on rencontre des adjectifs ainsi employés ; Cet imbécile de Morin n’avait rien entendu
