RE: Une remarque, plus qu’une question

Répondu

Bonjour,

Depuis quelques années, on entend souvent improprement le substantif « espèce » mis au masculin, dans des tournures comme : « c’est un espèce de requin qui a surgi de l’eau« . Comme si le masculin de requin se répercutait sur le mot précédent.

Il me semblait que c’était une faute assez récente, et qui touchait exclusivement des mots comme « espèce » ou « sorte » (plus rarement). Or je trouve dans C’est Mozart qu’on assassine, de Gilbert Cesbron, qui date de 1966, cette phrase qui me semble participer du même principe : »Il faudra que je fasse ramoner cette diable de cheminée. »

Bien sûr, le genre est fautif, mais finalement, je m’interroge sur la linguistique plus que sur l’orthographe, et peut-être la langue va-t-elle évoluer dans ce sens…

Amicalement,
Karine

2 Réponses

Votre remarque est pertinente et l’exemple de Cesbron vient confirmer ce que de nombreux linguistes avaient déjà remarqué : la langue a employé depuis longtemps espèce (et donc certains autres mots de cette catégorie) avec le genre du complément de nom qui suit. Voir dans ce billet une liste d’exemples relevés chez des auteurs de renom depuis le XVIIIe siècle.
La pérennité sur plusieurs siècles de ce que l’on peut considérer comme une anomalie grammaticale laisse perplexe. On peut y voir une forme d’archaïsme par lequel la langue perpétue l’origine latine du mot espèce au sens de « apparence » (species ) un peu différent de celui de « catégorie » qu’il a pris ensuite.
Une rapide recherche sur « une diable de » montre le même phénomène intrigant. On trouve aussi des exemples de « un sorte de » dans des ouvrages dont le sérieux n’est pas en cause.

Chambaron Grand maître Répondu le 3 août 2024
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