RE: La feminisation
Bonjour,
Je voudrais une réponse à cette question, s’il vous plaît.
Dans le passage suivant, Philippe Geluck choisit délibérément des féminisations peu réussies. Pourquoi le sont-elles ? Pouvez-vous proposer des formes plus conformes à la norme ?
Certains lecteurs courroucés m’ont fait remarquer l’emploi abusif, dans cette chronique de termes comme dessinateuse au journalisteresse.
Ce que votre examinateur a appelé « la norme » n’existe pas. Et ses préjugés n’ont aucune valeur.
Il n’a probablement aucune raison valable pour prétendre par exemple que « autrice » et « auteure » seraient des féminisations réussies, tandis que « auteuse » ou auteresse seraient des féminisations peu réussies.
Si vous êtes dans une formation de haut niveau, et que votre prof parle le latin et connaît toutes les langues intermédiaires entre le latin et le français actuel, alors d’accord, il a raison, mais dans ce cas vous n’avez pas besoin de notre aide. Il vous expliquera par exemple que selon les mots, selon leur usage, selon les régions et les époques, selon qu’ils ont un sens nominal ou adjectival, selon des considérations culturelles, selon le besoin ou non de métonymie, il sera parfois apparu une forme plus particulièrement féminine d’un nom, et laquelle.
Sinon, votre prof ne connaît en réalité au français rien de plus que vous et moi, mais il souhaite faire savoir que lui a le droit d’avoir une opinion sur le sujet (tel mot est plus beau que l’autre, tel mot est élégant, tel mot est vulgaire, tel mot est manifestement mal formé…) sans avoir à se justifier, et que vous feriez bien d’avoir la même opinion que lui si vous voulez deux points à la question.
C’est le cas de beaucoup d’enseignants. Et le droit qu’ils se donnent de décider quel féminin est réussi s’appelle un argument d’autorité. Sur les questions terminologiques, il est habituel qu’il n’y ait absolument aucun rapport entre l’idéologie officielle régnant au MÉN et la réalité linguistique. Vous devez surtout apprendre à ne pas vous en formaliser publiquement. Quand vous croiserez cette personne, vous devez lui dire « je vous dois beaucoup ». Dans quelques années, quand ces gens seront « partis », il sera à nouveau toléré de poser les bonnes questions et de répondre à votre question avec des arguments linguistiques.
Ce qui m’inquiète personnellement, c’est que même sur un site spécialisé, a priori réservé à des gens qui s’y connaissent un peu, on trouve toujours du monde pour soutenir et justifier les bêtises du prof, par principe et sans analyse.
