RE: La feminisation
Bonjour,
Je voudrais une réponse à cette question, s’il vous plaît.
Dans le passage suivant, Philippe Geluck choisit délibérément des féminisations peu réussies. Pourquoi le sont-elles ? Pouvez-vous proposer des formes plus conformes à la norme ?
Certains lecteurs courroucés m’ont fait remarquer l’emploi abusif, dans cette chronique de termes comme dessinateuse au journalisteresse.
Dessinateuse
Les noms de métier masculins en -Teur ont généralement leur féminin en -trice
instituteur/institutrice – agriculteur/agricultrice – acupuncteur/acupunctrice – aviateur/aviatrice – acteur/actrice – et donc auteur/autrice dessinateur/dessinatrice
Mais :
docteur /doctoresse et chanteur.chanteuse
—> la suffixation de Geluck amuse parce qu’elle n’est pas conforme à celle que la langue a adoptée jusque là.
Ce sont les mots en -eur (et pas en -teur) qui sont suffixés en -euse :
danseur/danseuse – blanchisseur/blanchisseuse – serveur/serveuse
Journalisteresse.
Le mot journaliste est épicène (se finit par un « e » et peut se dire tel quel au masculin et au féminin) : la suffixation est superfétatoire.
un juge /une juge – une secrétaire/une secrétaire – un ministre/une ministre – une maire/une maire – un peintre/une peintre.
—> en suffixant ainsi ces deux noms de métier, Geluck se moque des tentatives maladroites pour féminiser les noms de métiers.
Ainsi, autrice existe depuis « toujours » en français. Inutile d’inventer autre chose (on a entendu « auteuse »).
Remarques :
– Jusqu’au XVIIe siècle, tous les noms de métiers, fonctions et dignités exercés par des femmes étaient nommés au féminin et inversement pour les hommes.
– les différents suffixes qu’utilise la langue à ce propos complique un peu les choses. Il me semble que le suffixe en -esse devrait être abandonné parce qu’il est maintenant rare et vieilli. (On ne le ressent plus dans « princesse » mais il gêne dans « doctoresse »).
