RE: Utilisation du ‘NE’ explétif toujours pas claire pour moi
Bonjour à toutes et tous,
Dans ces phrases, l’emploi du « NE » est-il correct ou pas du tout ? (et pourquoi s’il vous plait, histoire que je m’instruise 😉 )
» Prudent, il s’éloigna d’elle le temps que sa potion NE fasse effet »
idem pour celle-ci, j’ai du mal à me faire un avis :
» Il ne fallut que quelques secondes pour que son corps NE soit tétanisé »
J’ai lu plusieurs articles au sujet de ce NE explétif mais j’ai quand même du mal avec ces deux exemples : dans la mesure ou la potion n’a pas encore fait effet et que le corps n’est pas encore tétanisé, est-ce correct d’utiliser ce NE ?
Merci beaucoup !
Il existe en français un « ne » dit explétif : cela signifie que son emploi ne modifie pas la phrase positive en une phrase négative. Il s’utilise pour l’élégance de la proposition, n’altère pas le sens de l’énoncé et se rencontre quasiment exclusivement dans la langue écrite, ayant pratiquement disparu de la langue parlée. Du reste, tous les exemples illustrant ce propos sont extraits de la littérature. Il faut en outre signaler que, dans Le bon usage, son célèbre ouvrage de référence si précieux à tous les grammairiens, Maurice Grevisse se réjouit de la suppression progressive de cette particule inutile qu’il qualifie de parasite. En effet, sa présence s’explique uniquement par le fait que la phrase contient une « idée négative ».
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Mais si vous tenez à l’employer :
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- La phrase principale est positive et contient un verbe ou une locution conjonctive exprimant la peur, la crainte (tel que : de crainte que, de peur que, … appréhender, avoir peur, craindre, redouter, trembler, etc.). La subordonnée est alors construite au subjonctif : Je craignais que mes soins ne fussent mauvais. » A. France- Dans une interro-négative : Tu ne crains pas qu’il n’envoie des échos aux journalistes ? M. Pagnol
Attention : après un verbe de peur employé négativement, il ne faut pas ajouter un « ne » : Hélas, on ne craint point qu’il venge un jour son père. Racine
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- La phrase principale est positive ou négative, et contient un verbe exprimant l’évitement, l’empêchement, la défense, la précaution (tel que : empêcher, éviter, prendre garde) : Tout ce que je dis là n’empêche pas qu’il n’y ait de jolies choses dans votre livre… Marivaux
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- La phrase principale est une comparaison d’inégalité (construite avec : plus que, davantage que, moins que, mieux que, autre que, autrement que, meilleur que, moindre que, pire que, plutôt que, etc.) : Leurs cas de conscience, complaisamment exposés, me troublaient moins qu‘ils ne m’édifiaient… Sartre
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- Après certaines locutions conjonctives (telles que : avant que, depuis que, à moins que, etc.) : Il existait un monde où l’artiste trouve avant qu’il ne cherche » Cocteau -: Un Lièvre en son gîte songeait (Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ?) La Fontaine
D »après Beschrelle – Le « ne » explétif
