RE: « Nommé d’après »
Bonjour à tous,
Je viens vous soumettre aujourd’hui une petite question de langue.
Je vois souvent l’expression « nommé d’après » (ex. : « Nommé d’après le célèbre couturier, la fondation Machin… »).
Peut-être que cette phrase est tout à fait correcte, mais, rien à faire, cette expression me dérange chaque fois – je trouve qu’elle ressemble fort à une traduction de « named after ».
Je suis preneuse de vos avis et de vos lumières. 🙂
Merci beaucoup !
Piclou
Ça ne me semble pas être un anglicisme. Le dictionnaire de l’Académie donne de d’après la définition suivante :
- Loc. prép. D’après, selon. Indique que le complément sert de modèle, de référence ou d’indice
Autrement dit : Nommée en référence au célèbre couturier, la fondation, etc.
C’est l’expression « nommé d’après » qui paraît être une « mauvaise » traduction de « named after ». Sur certains forums de langue, des étudiants essaient de traduire cette expression en français, et cela semble assez compliqué.
On ne dirait pas « Voici le musée Rodin, nommé d’après le célèbre sculpteur ».
On dirait « Voici le musée Rodin, nommé ainsi en hommage au célèbre sculpteur
, qui porte le nom du célèbre sculpteur
, du nom du célèbre sculpteur
Cdlt
Je rejoins Catbaloo.
Nommée en référence à est également une expression ( actuellement) malheureuse, traduction de In reference to.
J’ajoute la possibilité acceptable :
Voici le musée Rodin, d’après le nom du célèbre sculpteur
Dans le cas présent, on peut sans doute utiliser la formule « en hommage à », mais il est d’autres fois où ce tour ne sera pas adéquat. Et je ne vois pas en quoi l’association nommer + d’après est problématique.
Quelques exemples (authentiques et datant du XIXe – si anglicisme il devait avoir, on peut dire qu’après deux siècles il a été métabolisé) :
TARENTELLE , danse nommée d’après la ville de Tarente.
(Source.)
NANKIN , étoffe nommée d’après la ville.
(Source.)
La rue du Lupanar , ainsi nommée d’après la maison particulière ( Pl . 90 ) qui y est établie.
(Source.)
Et une occurrence contemporaine, pour le plaisir de retrouver Alain Rey et son Dictionnaire Historique de la langue française :
