Il n’y a que ceux- là qui me font du bien? Il n’y a que ceux-là qui me fassent du bien?
Il n’y a que ceux-là qui me font du bien? Il n’y a que ceux-là qui me fassent du bien?
En français, l’usage du subjonctif est courant, voire considéré comme littéraire, avec les tournures superlatives : le seul que, le premier qui, le plus x que et tant d’autres. La forme il n’y a que… en fait partie : « Il n’y a que Maille qui m’aille. »
Dans la langue courante, l’indicatif reste néanmoins très usuel et il est sans doute un peu vain de chercher une nuance de sens. C’est plutôt une question de registre de langue.
Il semblerait au contraire que l’opposition indicatif/subjonctif ait du sens, si on en croit l’auteur de l’article (Alain Rihs) » Le subjonctif comme marqueur procédural » :
le subjonctif, en tant que marqueur grammatical, occupe une place spécifique au sein du système linguistique, qu’il s’agit de différencier clairement de celle du mode indicatif avec lequel il forme un couple oppositif.
Sans doute ne peut-on pas écarter la question du choix du subjonctif qui, s’il n’est pas toujours facile à analyser, n’en demeure pas moins signifiant. Voici l’article en question, que je trouve, pour ma part, très intéressant : Le subjonctif comme marqueur procédural | Cairn.info
Depuis des années je vois passer des explications sur les usages du subjonctif mais je n’ai jamais rien pu en faire. Dans les faits, ne restent que quelques constructions bien établies qu’il convient certes de respecter mais chaque fois qu’il y a doute on s’aperçoit que l’indicatif ou le conditionnel s’emploient très bien sans différence sensible. C’est pour cela que je pense que nombre d’usages sont « littéraires », au sens d’appuyés sur une connaissance et une pratique de la littérature classique de moins en moins maitrisée, même chez les écrivains (mon expérience de relecteur me l’a confirmé). D’ailleurs, comment les Latins faisaient-ils sans subjonctif ?
Je vais regarder le texte de M. Rihs à tête reposée.
Il y a bien un mode « subjonctif » en latin, non ?
@Ouatitm : oui, c’est vrai… techniquement. Mais il est rare dans les textes et on le trouve essentiellement pour des usages typés comme l’impératif (avec lequel il se confond) ou dans des textes poétiques. On en détecte la trace dans des latinismes comme le célèbre Habeas corpus. Le besoin du mode subjonctif a toujours existé ensuite mais il s’est traduit de manière différente selon les langues (auxiliaires, conditionnel, tournures non verbales). Dans les langues européennes modernes, on retrouve partout des contorsions délicates à maitriser.
On a assez souvent le choix entre le subjonctif et l’indicatif et c’est le cas ici.
Avec l’indicatif, le fait « cela me fait du bien » est considéré comme réel.
Avec le subjonctif « qui me fassent du bien » on est dans la réflexion, on envisage plus ou moins tacitement les autres, qu’implique « ceux-là ». Le fait « qui me fassent » est, en quelque sorte, virtuel.
C’est une question d’angle de vue.
