Genre des noms de couleurs
Dans un livre de beaux-arts, faut-il dire : « ajouter du terre de Sienne dilué » ou « de la terre de Sienne diluée » ?
Il me semble que tous les noms de couleurs sont masculins, même ceux issus de noms féminins (un rose clair, un orange vif), mais cela me semble bizarre de mettre le masculin ici.
Merci pour vos réponses!
Comme je l’explique dans ma réponse à la question précédente, il faut faire attention à la confusion entre un nom de couleur et l’objet physique qui l’a engendré.
Si l’on parle du pigment minéral, comme dans votre exemple, il s’agit bien de diluer de la « terre de Sienne » (ville de Toscane), ce que faisaient couramment les peintres qui préparaient jadis leurs pigments.
Si l’on parle de la teinte correspondante (jaune brun) en apposition adjectivale, c’est « terre de Sienne » mais le genre ne s’exprime jamais : un aplat terre de Sienne. C’est largement répandu ainsi, par métonymie avec le pigment.
Si c’est le substantif isolé, il est normalement masculin, avec trait d’union et sans majuscule. C’est la norme typographique : « Le terre-de-sienne donne beaucoup de chaleur aux paysages. » Cette règle n’est pas respectée dans les rares exemples que j’ai pu trouver. Ce problème se retrouve pour une dizaine de noms de couleurs assez rares (gorge-de-pigeon, feuille-morte, cuisse-de-nymphe, etc.), dont le nom a été fixé par des artistes avant de passer bien plus tard dans les dictionnaires.
Exemple extrait de l’article « Terre » du TLF :
Des traces allant de la couleur terre de Sienne naturelle, moins chaude et très claire jusqu’à la terre de Sienne brûlée très puissante et très foncée*
*C’est moi qui met en gras
Merci beaucoup !
