« Augurer de » et/ou « augurer des » ?
Bonjour,
Soit la phrase : Ces promesses d’investissement laissent augurer de conséquences financières substantielles pour l’entreprise
de conséquences ou des conséquences (ou les deux et si oui, quelle est la différence ?)
Je ne suis pas certain de comprendre la différence entre les deux (indéfini contre défini ?) et à savoir si la première formulation est correcte.
— augurer de conséquences : il y aura des conséquences, on ne sait pas lesquelles (?)
— augurer des conséquences = « de les » ? -> il y aura des conséquences et on sait lesquelles (?)
Merci.
Votre hésitation vient peut-être de cet emploi spécifique du verbe « augurer » :
Augurer + adverbe. qualitatif (bien, mal, au mieux, etc.) de (à propos de) qqn ou qqc. :
j’augure mal de cette rousse bien faite, la taille et les hanches rondes, mais d’une laideur flagrante… Colette
Mais augurer a, dans la phrase que vous proposez , le sens de Avoir le pressentiment que cette chose se produira et la construction est : Augurer qqc.
Remplaçons augurer par prévoir
Je prévois des conséquences –> j’augure des conséquences
Bien sûr, si on insère un adjectif devant ce nom pluriel « des » devient « de » comme toujours dans ce cas : –> j’augure de désastreuses conséquences
Si l’adjectif est placé après le nom –> j’augure des conséquences désastreuses
Le verbe augurer divise grammairiens et lexicographes depuis plusieurs siècles, tant pour sa construction que pour son sens exact. Je ne peux que vous inviter à lire l’article de référence du site Parler français qui en donne une étude détaillée.
Il est donc inutile de reprendre ici toutes les variantes mais on peut retenir que le verbe est plutôt construit avec la préposition de (augurer de conséquences + complément) qu’avec un complément direct (augurer quelque chose).
Il semble aussi reconnu que le verbe présager constitue une variante plus ergonomique pour exprimer clairement le résultat de l’augure en question. Cela est particulièrement le cas si le sujet n’est pas une personne mais une situation (cela ne présage rien de bon).
Signalons enfin qu’à l’origine, augurer de introduisait le phénomène interprété et non le résultat prédit : on augurait du vol des oiseaux que les conditions étaient favorables ou non.
Merci. En effet, l’emploi et le sens de ce verbe est assez complexe.
