RE: Sous le pont Mirabeau coule (nt ?) la Seine Et nos amours…
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
…
Bonjour, les experts,
Ces vers d’Apollinaire sont écrits partout ( je crois) comme je les ai écrits ci-dessus. Mais alors, Apollinaire se serait-il trompé ou le zeugma autoriserait-il cet accord du verbe au singulier ?
Ne faudrait-il pas plutôt écrire :
Sous le pont Mirabeau couleNT la Seine
Et nos amours ?
Qu’est-ce qui coule ? La Seine et nos amours, nan ? C’est bien un pluriel…
Merci d’avance pour vos lumières.
Ply
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Il faut considérer la strophe en entier.
Sur le plan strictement syntaxique, la Seine est le seul sujet et nos amours est sujet réel du verbe souvenir. Comprendre : faut-il qu’il me souvienne de mes amours (avec ellipse de la préposition).
Cependant, la poésie étant aussi un langage sonore et polysémique, et si on dit ce passage plutôt qu’on ne le lit, on peut entendre AUSSI que les amours coulent avec la Seine sous le pont Mirabeau. En ce cas Faut-il qu’il m’en souvienne peut âtre rattaché aux deux premiers vers ou/et au dernier.
Ce qui permet d’avoir simultanément ces différents sens est -entre autres- l’absence de ponctuation. On a là un exemple de l’intérêt qu’il peut y avoir à ne pas ponctuer.
