RE: Si + passé composé/futur antérieur
Bonjour, la phrase de dialogue suivante est-elle correcte au niveau de la concordance : « Si elle a pu augurer de ton arrivée au domaine, elle t’aura, sans l’ombre d’un doute, laissé des indices » ? Pour moi oui, car on respecte la construction temporelle « si (présent), alors (futur) » avec un décalage. Merci d’avance !
Pour exprimer le rapport condition/conséquence avec la conjonction si, il existe sept combinaisons temporelles possibles et uniquement sept :
- Présent de l’indicatif + présent de l’indicatif
S’il vient, alors il paye.
Le rapport condition/conséquence exprime ici une vérité d’ordre général, atemporelle. Ce rapport est équivalent au si… alors… d’une démonstration logique (si les droites sont parallèles, alors elles ne se croisent pas.)
NB : le présent de la principale peut aussi exprimer le futur et la phrase est alors équivalente à 2.
- Présent de l’indicatif + futur simple
S’il vient, alors il paiera.
L’affirmation se présente ici comme une projection dans le futur avec une certitude ou un automatisme quant à la conséquence. Le rapport condition/conséquence est équivalent au si… alors… d’un programme informatique (si le résultat est négatif, alors il apparaîtra en rouge, sinon il restera en noir.) Le présent de la subordonnée de condition est modal, il exprime en fait un futur. On pourrait ainsi formuler la même idée en apposant deux propositions indépendantes (Il viendra, alors il paiera.)
- Imparfait + imparfait
S’il venait, alors il payait.
Dans ce système au passé, on se contente de constater la conséquence d’une action habituelle ou répétitive. Toute incertitude est levée et il s’agit simplement de relier une cause et une conséquence. Si peut être facilement remplacé par quand (Quand il venait, il payait.)
- Imparfait + conditionnel présent
S’il venait, alors il paierait.
Cette construction, bien qu’introduite par un imparfait, exprime aussi un futur, futur hypothétique avec un soulignement de l’incertitude portant sur la réalisation de la condition. L’imparfait dans la subordonnée de condition est modal, il exprime en fait un conditionnel à venir. Ce conditionnel apparaît si on formule l’idée avec une locution plutôt qu’avec la conjonction si (Au cas où tu viendrais, tu n’aurais rien à payer.)
Lorsqu’une narration est principalement conduite au passé, l’expression hypothèse/conséquence dans le fil du récit avec la conjonction si fait obligatoirement appel à la combinaison imparfait/conditionnel présent. (Jean attendit Pierre au pied du chêne. Si ce dernier venait, il paierait.)
- Plus-que-parfait + conditionnel passé
S’il était venu, alors il aurait payé.
Le plus-que-parfait introduit une négativité : la condition ne s’est pas réalisée et la conséquence liée ne se réalisera donc pas, elle reste un raisonnement et non un fait.
- Passé composé + passé composé
S’il est venu, alors il a payé.
Dans ce système au passé, on affirme la conséquence logique d’une action ponctuelle supposée réalisée. Comme une telle conséquence est automatique, elle peut servir à prouver que la condition a été réalisée.
- Passé composé + futur antérieur
S’il est venu, alors il aura payé.
Dans ce système au passé, on suppose la conséquence d’une action ponctuelle supposée réalisée. Cette combinaison est souvent utilisée pour exprimer une certaine incertitude sur la conséquence (S’il est venu, alors il aura probablement payé.)
Pourquoi pas : s’il avait gagné au loto, il serait riche ?
Vous avez raison
PQP + cond. présent ( conséquence présente hypothétique d’une action non réalisée)
et aussi
Présent + futur antérieur ( anticipation de la condition : la conséquence est en fait la condition réelle)
Et aussi
Passe composé + futur simple
C’était nul cette idée de restreindre à 7
