RE: qui sait ?
J’ai une question ponctuation.
Dans la phrase : Une jeune mendiante attend quelques euros qu’elle redonnera tout à l’heure à un homme de main, peut-être le père du bébé, qui sait.
Faut-il un point d’interrogation après qui c’est ? En faut-il un nécessairement après cette interjection ?
Question intéressante et inédite me semble-t-il.
On ne peut mélanger sans désordre une phrase affirmative et une autre interrogative. Il faut donc isoler les deux :
–soit par une ponctuation forte : Une jeune mendiante attend quelques euros qu’elle redonnera tout à l’heure à un homme de main, peut-être le père du bébé. Qui le sait ? [ l’interrogation porte sur la totalité de ce qui précède].
– soit par une incise, ici typiquement des parenthèses : Une jeune mendiante attend quelques euros qu’elle redonnera tout à l’heure à un homme de main, peut-être le père du bébé (qui sait ?) [ ne porte que sur le membre qui précède].
– soit par un tiret long (dit cadratin : Une jeune mendiante attend quelques euros qu’elle redonnera tout à l’heure à un homme de main — peut-être le père du bébé, qui sait ?
Dans tous les cas, le point d’interrogation doit être maintenu.
ah oui, belle analyse ! merci !!!
C’est très bien vu, mais je m’interroge sur le caractère interrogatif de « qui sait », justement.
Étonnant que le caractère interrogatif soit mis en doute !
Cela vient certainement de l’usage.
Au futur, le doute disparait. Qui saura dire pourquoi ?
La très pertinente analyse de Chambaron montre bien que « qui sait ? » demeure interrogatif. Si on ne veut pas de cette forme, alors on peut utiliser : « personne ne le sait ».
Cette forme interrogative est choisie pour des raisons bien précises : évoquer l’oral, intervenir en tant que narrateur, c’est à dire sortir un peu du récit, solliciter le lecteur…
