RE: Question accord participe passé verbe avoir après préposition « en »
Bonjour,
Je souhaiterais savoir comment accorder le mot « vu » dans la phrase suivante :
« Des larmes se fraient un chemin sur mes joues qui en ont déjà vues tant ces derniers jours »
Il me semble qu’une règle existe sur le fait qu’on n’accorde pas si il y a la préposition « en ». Mais la correctrice (je suis auteure) m’a dit d’écrire « vues ».
Merci de votre retour !
Belle journée,
Inès Joly
Définition de l’Académie :
Frayer : Ouvrir une voie, une route, la rendre praticable.
Se frayer un chemin dans une jungle. Par extension. Se frayer un passage au milieu de la foule.
Donc, à mon avis la tournure est mal choisie, dans la mesure où il n’y a aucun obstacle sur une joue, et les larmes glissent, sans être obligées de « se frayer un chemin », à moins que la joue soit très velue. Auquel cas on dirait plutôt « se frayaient un chemin au milieu des poils ». Mais je doute que des larmes aient une capacité d’action……………..
De plus, une virgule s’impose après « joues, et votre tournure « en ont déjà vu tant » est plus que maladroite, on dira plutôt « qui en ont tant vu ».
Pour en revenir à votre correctrice, je suis désolée de vous dire qu’elle ne sait visiblement pas de quoi elle parle….
Ma suggestion :
Des larmes coulent sur mes pauvres joues, qui en ont déjà tant vu ces derniers jours.
Des larmes* se fraient un chemin au milieu des poils épais de mes joues velues, qui en déjà vu tant ces derniers jours.
*de rire – Merci, ça fait du bien ! :-D.
Plus sérieusement, vous avez inversé l’ordre « qui en ont déjà vu tant », en remplaçant par « qui en ont déjà tant vu » ; il me semble que ça ne dit pas la même chose, peut-être parce que ça rappelle l’expression « en voir (de toutes les couleurs) ». Je trouve que le « en » ne semble plus se rapporter aux larmes (ça pourrait se rapporter à des baffes, des coups). Je relirai demain à tête reposée, en zappant le passage sur les poils, histoire de garder la tête froide!
Heureuse de vous avoir fait sourire :°)
Non, je vous assure Dewelis, « elles en ont tant vu » et non pas « elles en ont vu tant « , aucun doute là-dessus !
Construction similaire dans, par exemple, « La Périchole » (Offenbach) :
Ah quel dîner, je viens de faire,
Et quel vin extraordinaire !
J’en ai tant bu, mais tant tant tant,
Que je crois bien que maintenant… je suis un peu grise, un peu grise, mais chut !
Faut pas qu’on le dise, chut ! Faut pas, faut pas, chut !
