RE: Pour expliquer la négation, une manuelle scolaire (un livre pour le delf intitulé  » [email protected] ») dit que pour mettre les phrases suivantes à la forne négative on ne change pas les articles partitifs. Je sais faire du vélo. / Je ne sais pas faire du vélo. Je sais faire de l’equitation. / je ne sais pas fsire de l’equitation. Mais avec du ski on doit changer les articles et on doit dire : Je ne sais pas faire de ski. La question : Est- ce que c’est vrai ? Et pourquoi seulement avec ski on doit changer les articles ?

Répondu

Ont dit : Je ne sais pas faire du ski. Ou Je ne sais pas faire de ski. Et pourquoi ?

Emad1976 Érudit Demandé le 24 janvier 2021 dans Question de langue

Un manuel scolaire
On
dit

le 24 janvier 2021.
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Je distingue les phrases négatives simples du genre Je ne bois pas de vin (1) et les phrases négatives complexes du type Je ne sais pas faire de/du (?) vélo (2).

1. Phrases simples du genre  « Je ne bois pas de vin »

La BDL  (1.1.) rappelle la règle générale (a) accompagné de son importante exception (b). J. Hanse va dans le même sens (1.2.).

1.1. La BDL
a. « Rgle générale : « Lorsqu’ils se trouvent dans une phrase négative avec ne… pas, ne… plus, etc., l’article indéfini (un, une, des) et l’article partitif (du, de la, des) sont habituellement réduits à de (ou d’) devant le complément direct. Exemples :- Je ne prendrai pas de vacances cet été. (et non : Je ne prendrai pas des vacances cet été.)- Nicole ne boira pas de vin ce soir, puisqu’elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. (et non : Nicole ne boira pas du vin ce soir, puisqu’elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte.)- Il n’y a pas de farine dans cette recette. (et non : Il n’y a pas de la farine dans cette recette.)- Jean-Guy n’a pas trouvé d’avocat pour défendre ses intérêts dans cette affaire. (et non : Jean-Guy n’a pas trouvé un avocat pour défendre ses intérêts dans cette affaire.)

b. Exception : Toutefois, ces déterminants gardent leur forme régulière lorsque la négation est suivie d’un élément qui s’oppose à ce qui est nié, ou encore lorsque le nom est employé comme attribut après le verbe être. Exemples :- Nous n’avons pas des compliments à te faire, mais des reproches.- Nicole ne boira pas du vin ce soir, mais de la bière.- Je ne suis pas une incompétente, malgré ce que j’ai fait.- Ce n’est pas du grésil ni de la grêle. »

1.2. J. Hanse
L’éminent grammairien (un des deux plus grands gram. contemporains, à mon avis) Joseph Hanse va dans le même sens (de façon parfois un peu plus développée) :

 a. Règle générale : « Avec la négation composée (ne pas…, ne jamais, etc.),  mais uniquement devant le sujet réel d’un verbe impersonnel ou devant un complément direct, la tendance très nette de la langue soignée est d’employer de au lieu de du, de la, des (bien que le français parlée incline parfois à employer du, de la, des) : Il n’a pas d’excuses. Je n’ai pas de pain. Il n’y a pas de feu,

b. Exception importante : « La règle générale du remplacement de du, de la, des par de après une négation devant le  complément direct ou le sujet réel d’un verbe impersonnel comporte une exception importante. La langue soignée fait une distinction qu’elle a certes raison de maintenir, mais qui est trop subtile pour que la langue courante s’en préoccupe. Tandis que dans les phrases citées ci-dessus il y a une négation pure et simple de l’absence d’excuses, de pain, de feu (cf. 1.2., a), parfois le contexte, une opposition de termes, un adjectif ou  un complément peuvent réduire la portée de la négation ; une affirmation est implicite et dès lors cette idée positive entraîne le maintien de du, de la, des après ne pas : Je n’ai pas des remords mais des regrets. Il ne demande pas du pain mais du gâteau. Cela n’a pas empêché des réponses satisfaisantes : ce qu’on veut dire, c’est qu’il y a eu des réponses satisfaisantes. Je ne vous ferai pas des reproches inutiles : je vous ferai des reproches mais non des reproches inutiles. » Etc.

La langue très soignée respecte cette exception, mais l’usage courant hésite à en tenir compte.  (dixit Hanse).

2. Phrases négatives complexes du type « Je ne veux pas faire de/du (?) vélo

Tara, vous avez tiré un bon fil ; je le déroule entièrement.

@ tous : Voyez les deux réponses de Maître Capello, excellent (je l’ai connu pendant plusieurs années) intervenant et modérateur du site Word Reference (WR).

1re question ; 1re réponse de Me Capello :

X  : « La négation: En voici deux exemples:

1): Je veux faire du velo : je ne veux pas faire de velo.

2): J’hésite à faire des remarques. Je n’hesite pas à faire des remarques.

La différence entre le premier exemple et le deuxieme, est-elle issue de la différence entre le verbe transitif direct et le verbe transitif indirect?

Pour la phrase suivante: J’hésite à manger des gateaux, la negation est-elle

Je n’hésite pas à manger de gateaux? Pourtant, il me semble qu’on ne doit pas omettre l’article et que la phrase devrait rester:

Je n’hésite pas à manger des gateaux. »

Maître Capello

 

Mod et ratures

Suisse romande

 

French – Switzerland

16 Septembre 2015

Première réponse de Me Capello à X: 

« La différence entre vos deux phrases est que dans la première, le verbe avec la négation est un verbe modal (vouloir). La négation porte donc apparemment sur le verbe modal, mais elle porte en fait réellement sur le verbe à l’infinitif (faire). On a donc le choix dans ce cas :

Je veux faire du vélo.
Je ne veux pas faire de/du vélo.
 (= « Je veux ne pas faire du vélo »)

Au contraire, dans votre second exemple, la négation porte sans ambiguïté sur le verbe introducteur (hésiter) et non sur l’infinitif qui suit (faire). L’article du COD de faire reste donc inchangé.

{J’hésite à} {faire des remarques}.
{Je n’hésite pas à} {faire des remarques}.

Mais : {J’hésite à} {ne pas faire de remarques}. »

 

Seconde réponse de Me Capello (j’espère que vous comprenez l’anglais) :

« I wouldn’t make the distinction you make between « not too often » and « not at all. » In fact, the temporal adverbial phrases trop souvent and en hiver could be swapped without changing anything regarding the choice between du/de la and just de. Both sentences are acceptable with either construction but I prefer the one with just de in both cases.

Il ne faut pas faire de/du sport trop souvent / en hiver.
Il ne faut pas faire de (la) natation trop souvent / en hiver.

Using du/de la can however make more sense if you specify—or it is obvious from context—that the recommendation not to do any sports does not apply in other circumstances.

Il ne faut pas faire de/du sport trop souvent / en hiver [mais c’est une bonne idée d’en faire de temps en temps / en été].
Il ne faut pas faire de (la) natation trop souvent / en hiver [mais c’est une bonne idée d’en faire de temps en temps / en été].

On the other hand, omitting the temporal adverb entirely usually makes the solution with de the only natural one.

Il ne faut pas faire de sport.
Il ne faut pas faire de natation.

Except once again if you specify that you should do something else instead.

Il ne faut pas faire du sport, mais faire attention à son alimentation.
Il ne faut pas faire de la natation, mais du yoga. »

Bonne soirée !   🙂

 

Prince Grand maître Répondu le 26 janvier 2021

La grammaire française n’est pas manichéenne : elle est souvent en nuances, subtilités et exceptions.

le 26 janvier 2021.
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