RE: Participe passé passif et antéposition

Peut-on sous-entendre les auxiliaires d’un participe passé passif pour antéposer la forme ainsi raccourcie au tout début de la phrase ? J’ai l’impression d’avoir déjà vu ce genre de construction. Est-elle correcte ou s’agit-il seulement d’une licence poétique ? Par exemple, pourrait-on dire : « Prononcés ces derniers mots d’apaisement,  le patriarche rendit l’âme serein. » pour « Ces derniers mots d’apaisement (ayant été) prononcés,  le patriarche rendit l’âme serein. » ? Si vous connaissez des exemples chez des écrivains,  merci de les partager.

Bruno974 Grand maître Demandé le 13 mars 2023 dans Conjugaison
4 Réponses

L’exemple est ambigu, je le concède, et je n’aurais pas l’idée de m’exprimer ordinairement ainsi.  Pour préciser qui parle, j’ajoute cette première phrase : « Après l’avoir béni, le curé l’assura que tous ses péchés étaient pardonnés. Prononcés ces derniers mots d’apaisement,  le patriarche rendit l’âme, serein. »
Il me semble que ce genre de formulation est à l’origine des participes passés devenus prépositions, dont l’Académie considère encore qu’ils peuvent être accordés dans certains cas : « Paul s’était inscrit au concours avec beaucoup d’appréhension. Passées les premières épreuves, il se sentit soulagé et confiant. »
J
e me demandai si des écrivains classiques avaient usé de cette construction avec d’autres participes que ceux devenus des expressions figées et s’il était encore possible de le faire.

Bruno974 Grand maître Répondu le 14 mars 2023

Je vous livre mon sentiment, qui n’a rien d’une certitude : avec le rajout de votre première phrase, la seconde me parait être une anacoluthe, y compris et surtout si « prononcés » n’est pas antéposé (« ces derniers mots d’apaisement prononcés [sous-entendu : par le curé, qui est déjà un peu loin de la principale] – le patriarche rendit l’âme, serein. » Et curieusement, le fait d’antéposer le participe passé rapproche les mots prononcés de leur auteur (le curé). Je  ne dis pas que cette construction est correcte, simplement on en perçoit une relative utilité.

Si le patriarche avait été l’auteur des mots d’apaisement, personnellement je ne vois pas pourquoi on « aurait le droit » d’écrire « Paul s’était inscrit au concours avec beaucoup d’appréhension. Passées les premières épreuves, il se sentit soulagé et confiant», et pas « Le patriarche soulagea  à haute voix son angoisse avec une  longue prière réconfortante, inventée de toutes pièces. Prononcés ces derniers mots d’apaisement,  il rendit l’âme, serein. »
Il y a peut-être une nuance qui m’échappe. En tous cas, tout comme vous, je pense avoir déjà rencontré ce type de construction, y compris chez des auteurs contemporains, y compris également avec des verbes autres que ceux devenus préposition. J’essayerai d’y être attentive lors de mes prochaines lectures !
Si vous possédez le Grevisse 14è  édition, le paragraphe 259 , ne concernant  hélas que la variabilité / invariabilité  du participe passé antéposé, donne (entre autres) cet exemple : « : Ôtée la casserole, la chevelure du patient apparut curieusement crénelée (PAGNOL, Temps des secrets, p. 23) ». 

le 14 mars 2023.

Oui anacoluthe ou alors forme vieillie. Il faudrait voir plus avant.

le 15 mars 2023.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.