RE: Liaisons (dangereuses ?)
Bonjour,
À l’oral, je fais (ou ne fais pas) les liaisons entre les mots à l’instinct (ou par souvenir), ce sans réellement en connaître les règles.
Je les ai cherchées ce jour et d’après ma petite « enquête » ;), la liaison est obligatoire seulement dans les cas suivants :
– entre le déterminant et un nom (ex : un oiseau, les enfants)
– entre le pronom et le verbe, antéposé ou pas (ex : ils étaient/étaient-ils)
– entre le verbe être et l’attribut du sujet (ex : la Terre est une planète)
– entre les verbes être et avoir et le participe passé des formes verbales composées (ex : ils ont agi avec méthode)
– entre l’adjectif « antéposé » et le nom (ex : un petit homme, un grand homme, un premier acte, de minuscules enfants)
– entre la préposition et le syntagme nominal (ex : dans un an)
– après certaines prépositions (en, dès, sans et sous)
– dans certaines locutions figées (ex : de temps en temps)
Je ne vois nulle part une obligation de liaison entre un nom ET l’adjectif postposé, ni aucune règle à ce sujet précis, et c’est pourtant ce point qui m’interroge, car je ne le connais pas.
Par exemple, à tort ou à raison (vous allez me le dire 😉 ), je ne dirais pas :
Passe-moi le poulet « t » orange
J’ai vu des poulets « z » orange ou « z » ivres
Je cherche un bistrot « t » ouvert
Et, je dirais :
Des rêves « z » imaginaires
Des livres « z » interdits
En fait, j’aimerais bien une âme charitable pour m’expliquer le cas concernant les liaisons entre un nom suivi par son adjectif.
Que dire pour « des œuvres originales », pour « des filles osées », pour « un paquet intrigant », » une baguette ordinaire » ?
Merci…
Cocojade,
Je trouve votre question particulièrement intéressante.
Personnellement, je ne reviendrai pas sur les règles énoncées, et la logique que vous avez évoquée, je suis bien d’accord avec tout ce qui a été dit.
Mais je me suis aperçue que le passage à l’euro a marqué le début de « fautes d’orthographe orales » en chaîne.
Quel rapport, me direz-vous ?
Eh bien, avec les francs, la question ne se posait pas, puisque l’unité de monnaie commençait par une consonne.
Mais avec les euros, la plupart des gens avaient du mal à accorder « cent » et « vingt » à l’oral.
C’était tantôt « cent z’euros » ou « vingt z’euros « , tantôt « deux cents t’euros » ou « quatre-vingts t’euros« …
Et finalement, on a assisté très rapidement à la suppression systématique des liaisons, pour parler de sommes en euros.
Mais le plus grave est que cette tendance s’est également propagée comme une traînée de poudre à la langue entière, et je déplore que les enfants, étudiants, journalistes, ministres, et même grands intellectuels n’y échappent pas, notamment dans ces tournures :
Les z’autr’élèves / Les z’autr’habitants / Les z’autr’hommes avant toi (chanson), …
Il y a également une nouvelle mode qui fait fureur chez les journalistes et les intellectuels, c’est celle de prononcer « quand-h-on » et « quand-h-il « .
