RE: Liaisons (dangereuses ?)

Répondu

Bonjour,

À l’oral, je fais (ou ne fais pas) les liaisons entre les mots à l’instinct (ou par souvenir), ce sans réellement en connaître les règles.

Je les ai cherchées ce jour et d’après ma petite « enquête » ;), la liaison est obligatoire seulement dans les cas suivants :
– entre le déterminant et un nom (ex : un oiseau, les enfants)
– entre le pronom et le verbe, antéposé ou pas (ex : ils étaient/étaient-ils)
– entre le verbe être et l’attribut du sujet (ex : la Terre est une planète)
– entre les verbes être et avoir et le participe passé des formes verbales composées (ex : ils ont agi avec méthode)
– entre l’adjectif « antéposé » et le nom (ex : un petit homme, un grand homme, un premier acte, de minuscules enfants)
– entre la préposition et le syntagme nominal (ex : dans un an)
– après certaines prépositions (en, dès, sans et sous)
– dans certaines locutions figées (ex : de temps en temps)

Je ne vois nulle part une obligation de liaison entre un nom ET l’adjectif postposé, ni aucune règle à ce sujet précis, et c’est pourtant ce point qui m’interroge, car je ne le connais pas.

Par exemple, à tort ou à raison (vous allez me le dire 😉 ),   je ne dirais pas :
Passe-moi le poulet « t » orange
J’ai vu des poulets « z » orange ou « z » ivres
Je cherche un bistrot « t » ouvert

Et, je dirais :
Des rêves « z » imaginaires
Des livres « z » interdits

En fait, j’aimerais bien une âme charitable pour m’expliquer le cas concernant les liaisons entre un nom suivi par son adjectif.

Que dire pour « des œuvres originales », pour « des filles osées », pour « un paquet intrigant »,  » une baguette ordinaire » ?

Merci…

Cocojade Grand maître Demandé le 19 novembre 2022 dans Question de langue
4 Réponses

Cocojade,

Je trouve votre question particulièrement intéressante.
Personnellement, je ne reviendrai pas sur les règles énoncées, et la logique que vous avez évoquée, je suis bien d’accord avec tout ce qui a été dit.

Mais je me suis aperçue que le passage à l’euro a marqué le début de « fautes d’orthographe orales » en chaîne.
Quel rapport, me direz-vous ?
Eh bien, avec les francs, la question ne se posait pas, puisque l’unité de monnaie commençait par une consonne.
Mais avec les euros, la plupart des gens avaient du mal à accorder « cent » et « vingt » à l’oral.
C’était tantôt « cent z’euros  » ou « vingt z’euros « , tantôt « deux cents t’euros  » ou « quatre-vingts t’euros« …
Et finalement, on a assisté très rapidement à la suppression systématique des liaisons, pour parler de sommes en euros.
Mais le plus grave est que cette tendance s’est également propagée comme une traînée de poudre à la langue entière, et je déplore que les enfants, étudiants, journalistes, ministres, et même grands intellectuels n’y échappent pas,  notamment dans ces tournures :
Les z’autr’élèves  / Les z’autr’habitants  / Les z’autr’hommes  avant toi (chanson), …
Il y a également une nouvelle mode qui fait fureur chez les journalistes et les intellectuels, c’est celle de prononcer « quand-h-on  » et « quand-h-il « .

Cathy Lévy Grand maître Répondu le 21 novembre 2022
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