RE: Le participe imparfait

Bonjour,

Le titre peut en effet paraitre bien mystérieux.

Je me retrouve souvent dans des situations où il me faut utiliser le participe pour parler de faits ou d’actions trouvant leur origine dans le passé. Nul participe présent ne sera alors utilisable. Maintenant, qu’en est-il du participe passé prenant une forme de passé composé ? Eh bien celui-ci également me semble parfois lointain du message que je veux faire passer, du temps que je veux utiliser. Où est le participe imparfait ? Est-ce un manque à la langue française ? Existe-t-il un système grammatical venant en remplacement de cette lacune ?

Prenons exemple avec cette phrase à l’indicatif présent : « La situation n’est pas à mon avantage. »
Toutefois, cette information est désormais caduque, alors j’utilise l’imparfait : « La situation n’était pas à mon avantage. »
Mais, je souhaite déduire de cette affirmation une conséquence. Il me faut alors utiliser la forme participiale : « La situation n’étant pas à mon avantage, j’ai abandonné. » Soit, mais on en a oublié le temps qui était à l’imparfait.
Essayons alors avec un participe passé : « La situation n’ayant pas été à mon avantage, j’ai abandonné. » Eh bien non, cela ne me sied pas ! Je veux garder mon temps imparfait. Que faire ? Existe-t-il une solution ? De mon invention sort une formule du type « La situation n’étiant pas à mon avantage, j’ai abandonné. », évidemment erronée et irréelle.

Voyez-vous l’idée ? Plusieurs enjeux à cette question : premièrement, existerait-il une construction grammaticale méconnue pour pallier cet obstacle bien contraignant ? ; ensuite, il peut être intéressant de voir le point de vue de chacun sur cette question que je trouve intéressante et d’en débattre ci-dessous.

LeJuriste Membre actif Demandé le 12 juillet 2023 dans Conjugaison
6 Réponses

Merci pour ces informations, notamment Marcel1 qui donne une explication assez concise en lien avec celle de Ouatitm. Je comprends que le participe ne doit pas donner le temps, c’est à la subordonnée de s’en charger.

Néanmoins, s’il nous fallait reformuler sans participe l’exemple donné dans ma question, en prenant bien en compte l’imparfait, voici la phrase que j’userai :  » La situation n’était pas à mon avantage, alors j’ai abandonné. » Ici, nous avons, dans la première partie de la phrase, un temps à l’imparfait, et dans la seconde un temps au passé composé.
Le sens de cette phrase est complètement différent de celui donné aux phrases suivantes :

  • « La situation n’est pas à mon avantage, alors j’ai abandonné. » (présent + passé composé) et
  • « La situation n’a pas été à mon avantage, alors j’ai abandonné » (passé composé + passé composé).

Pour moi, les deux dernières phrases reformulées font paire avec d’un côté le participe présent, de l’autre le participe passé (passé composé), mais ma première reformulation avec l’imparfait ne trouve nulle paire dans les règles participiales. Nous voyons toutefois bien la différence entre les trois reformulations présentées ci-avant. Ne devraient-elles pas toutes être formulables en participe ? Comment bien en distinguer le sens sans ce que l’on pourrait appeler un « participe imparfait » ?

LeJuriste Membre actif Répondu le 12 juillet 2023

La situation n’est pas à mon avantage, alors j’ai abandonné.
Concomitance entre les deux actions (ou par rapport à la situation d’énonciation : la situation est toujours d’actualité, et elle n’est toujours pas à mon avantage).
> forme simple du participe : La situation n’étant pas à mon avantage, j’ai abandonné.

La situation
n’a pas été / n’était pas à mon avantage, alors j’ai abandonné.
Antériorité du désavantage par rapport à l’abandon (ou par rapport à la situation d’énonciation : la situation n’est plus d’actualité).
> forme composée du participe : La situation n’ayant pas été à mon avantage, j’ai abandonné.
Le passé composé a valeur d’accompli du présent : la situation n’est plus d’actualité, en revanche, l’abandon (l’état de fait qui en résulte) l’est toujours.

 

(Je ne sais pas si c’est un lapsus de votre part –  Je comprends que le participe ne doit pas donner le temps, c’est à la subordonnée de s’en charger -, mais si ça ne l’est pas, petite précision : ce qui donne le temps, c’est le verbe conjugué – qui se trouve ici dans la principale.)

le 12 juillet 2023.
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