RE: Il s’est ensuivi / Il s’en est suivi
Pourquoi entend-on et lit-on de plus en plus souvent « Il s’en est suivi« , « Les émeutes qui s’en sont suivi » , notamment de la part de nos chères têtes pensantes ?
En effet, le verbe s’ensuivre est un verbe impersonnel, et ne se conjugue qu’à la troisième personne du singulier.
Quelle drôle d’idée de le scinder en deux pour le conjuguer ?… Imagineriez-vous de dire « Ils s’en sont volé » pour « Ils se sont envolés » ou « Elles s’en sont fui » au lieu de « Elles se sont enfuies » ?
L’Académie Française est formelle, on doit écrire « Il s’ensuivit » et non pas « Il s’en suivit », et « Il s’est ensuivi » et non pas « Il s’en est suivi ».
L’emploi (plus rare) du verbe « s’en ensuivre » est également accepté : « Les événements qui s’en sont ensuivi » (écrit « ensuivis » sur le site de l’Académie, lequel est erroné (question supplémentaire) ?).
Pourtant, quelle n’est pas ma stupéfaction de constater que de nombreux sites d’orthographe et de conjugaison, et même le Larousse (!!!) affirment que le verbe s’ensuivre se conjugue à la troisième personne du singulier et du pluriel, et que la forme correcte, au passé composé, est « Il s’en est suivi » !
Je suis particulièrement intéressée par l’avis d’un expert en la matière !
Bonjour,
Il est certain que « il s’en est ensuivi » n’est pas plus laid que « il s’en est envolé » (je parle d’esthétique, pas de la grammaire et donc pas de la valeur de « en » dans l’un ou l’autre de ces exemple), malgré tout, l’usage erroné mais répandu faisant que « il s’en est ensuivi » provoque une certaine gêne, je préfère trouver une autre façon de dire, ce que fort heureusement permet la langue française. Et puis ça fait travailler les méninges de chercher d’autres façons de dire. Pour éviter le « il s’en est ensuivi », quand on pense qu’il va gêner (attention, je ne dis pas : pour ne jamais l’employer !) les possibilités sont assez nombreuses.
C’est un peu la même chose avec le subjonctif après « après que » : on sait très bien qu’il faut dire « après qu’il est venu » et non pas « après qu’il soit venu », mais là encore, la force de l’usage (‘erroné) fait qu’il y a une gêne auditive, et donc à chaque fois que c’est possible je privilégie « après + substantif » (après sa venue),et autres multiples possibilités que là encore la langue permet. Et je réserve le « après que » et son subjonctif (qui ne me choque aucunement) à mes échanges avec des personnes qui savent que l’emploi en est juste.
Ceci pour dire que parfois, on peut tout à fait connaître une règle et aimer l’appliquer, mais trouver mieux, pour telle ou telle raison, de parfois… la contourner (en toute légalité, ou oserai-je le jeu de mot « en toute lingualité »…), ce qui est aussi un excellent et amusant exercice de gymnastique linguistique.
Bien cordialement,
