RE: En ce moment je tombe tout. Je tombe des choses.
Puis-je écrire ou dire : Je tombe des choses. En ce moment je tombe tout. Je suis perturbé en ce moment, je tombe tout.
Merci pour votre aide.
Bonjour jbambaggi,
Je ne sais que dire au sujet des choses dites compliquées en français. J’aime la richesse de la langue, ses subtilités. C’est pour cela que je viens sur cette plateforme. Bien sûr que les choses, dans la vie, devraient être simples et claires, mais les nuances, les tournures… C’est tellement beau ! C’est vrai que parfois c’est compliqué, mais j’aime l’effort et quand j’ai réussi à m’enrichir, c’est un plaisir incomparable. Je ne vois pas pourquoi, du fait que bien des choses se relâchent, on devrait aller dans ce sens. J’aime aussi inventer des mots et jouer avec eux, mais la structure d’une langue est le reflet de l’esprit de celui qui la parle.
Bonjour Zully.
Ce ne sont pas les complications de la langue française qui me posent problème : en général, elles ont d’excellentes raisons d’être. Non, ce que j’ai pointé, ce sont les « complications » inutiles, voire fautives.
Je reprends mes exemples. Après après que, il faut l’indicatif – et c’est bien normal puisque l’événement qui suit est supposé être déjà passé. Après avant que, il faut le subjonctif – là encore, rien que de de très normal puisque l’événement qui suit est supposé rester à venir.
Mais la symétrie entre les deux locutions conduit un très grand nombre de gens à unifier les modes employés. On aurait pu croire que c’est le mode le plus « simple » (l’indicatif) qui aurait été choisi, mais non, c’est le subjonctif. Du coup, la tournure fautive (après que + subjonctif) est tellement fréquente que ce sont ceux qui ne se trompent qui sont considérés comme étant dans l’erreur. Du coup, il faut se contorsionner pour réussir à s’exprimer correctement sans pour autant donner l’impression d’être en faute (utilisation de l’infinitif ou du passé antérieur de de l’indicatif parce qu’il ressemble au plus que parfait du subjonctif: après avoir fait telle chose , ou après qu’il eut fait telle chose, sans le circonflexe). Cette évolution est tellement lourde que la norme finira peut-être par donner après que + subjonctif, alors que ce serait tout à fait illogique.
Pour en revenir à tomber, l’usage transitif existe (ne serait-ce que dans les expressions tomber le masque, tomber les coeurs, sans connotation familière particulière). Il est plus simple. Mais il faudrait utiliser une forme bien plus compliquée (faire tomber ou laisser tomber) qui utilise deux verbes au lieu d’un pour dire la même chose (les nuances entre les trois seraient absolument imperceptibles). Est-ce le résultat d’une « bonne » évolution ?
