RE: Concordance des temps

Répondu

Bonjour et merci de m’indiquer si les phrases suivantes sont correctes s’agissant de la concordance des temps.

Personne ne savait ce qu’Andrea avait dit à l’autre bout du fil. Mais tout à coup, Hendrix a freiné la voiture. Il l’avait réconfortée au téléphone : « Très bien, j’arrive bientôt. Reste là. »
Après le coup de fil, il avait posé son regard sur moi, son visage froid et sévère : « Descends de la voiture. » Un ordre dans lequel aucune négociation n’était permise.

Mirana Débutant Demandé le 7 juin 2022 dans Général
5 Réponses

Il y a deux rôles différents au passé composé :
1. un temps d’antériorité par rapport au présent : « Ce matin je fais du café ; hier j’ai demandé qu’on m’appelle, et voila que le téléphone sonne… »
Mais si votre histoire n’est pas écrite au présent, alors ce sens n’interviendra jamais dans votre récit.
2. un temps principal du récit pour une histoire qu’on raconte au passé, un temps équivalent au passé simple des romans classiques : « Ce matin-là je reçus une lettre, et tandis que je la lisais le téléphone sonna » devient « Ce matin-là j’ai reçu une lettre, et tandis que je la lisais le téléphone a sonné« .
Le passé composé est un temps du récit, plus actuel que le passé simple, et bien adapté pour certaines histoires.

Je crois que votre récit est construit selon la méthode 2. Est-ce exact ?

Alors vous utilisez deux temps de base :
a) le passé composé pour toutes les actions ponctuelles (équivalent du passé simple dans les récits classiques)
b) l’imparfait pour toutes les actions qui durent
–> Je suis rentrée tard ce jour-là. Il pleuvait. Je me suis fait un thé. J’étais fatiguée.
Est-ce bien le système de temps que vous utilisez dans votre récit ?

Et vous utilisez également parfois deux autres temps,
c) pour parler du passé dans un récit au passé, on utilise un temps nommé plus-que-parfait
d) pour parler du futur dans un récit au passé, on utilise un temps nommé conditionnel présent
–> J’ai repensé à ce que j’avais fait dans la journée. Je me demandais comment ça se passerait le lendemain.

Donc voilà, votre texte est écrit au passé composé, avec quelques plus-que-parfait quand c’est nécessaire. On est d’accord ? Vous avez mis un plus-que-parfait à un ou deux endroits du récit, pour de bonnes raisons. Tout le reste doit être au passé composé (où à l’imparfait pour des verbes qui s’inscrivent dans la durée ou l’habitude comme ‘il pleuvait’, ‘on savait’…).

Après un plus-que-parfait, il faut repasser dès que possible au passé composé.

Vous n’allez tout même pas continuer à écrire tout le reste de votre récit au plus-que-parfait au prétexte d’un coup de téléphone qui a nécessité un ou deux verbes au plus-que-parfait. Par exemple quand il est très clair que le coup de fil est fini, et que Hendrix dit de descendre de voiture. Au moins à cet endroit, vous devez repasser au passé composé. Êtes-vous d’accord avec cela ?

Voici l’histoire au passé simple, avec un peu de contexte et des adverbes :
— Nous roulions depuis une heure. Son téléphone sonna. Il eut une courte conversation avec Andréa et raccrocha. Nous à l’arrière, nous ignorions ce qu’ils s’étaient dit. Hendrix freina. Il l’avait apparemment réconfortée mais nous n’en savions pas plus. Il posa son regard sur moi, et me demanda de descendre.
Vous voyez qu’il n’y a que deux plus-que-parfait (soulignés) dans la phrase, se référant aux deux moments qui se situent après l’appel et où on se demande ce qu’ils se sont dit (notion de légère antériorité) ; tous les autres verbes sont au passé simple ou à l’imparfait…

Remis au passé composé :
— Nous roulions depuis une heure. Son téléphone a sonné. Il a eu une courte conversation avec Andréa et a raccroché. À l’arrière, on ignorait ce qu’ils s’étaient dit. Hendrix a freiné. Il l’avait apparemment réconfortée. Après un moment de réflexion, il a posé son regard sur moi, et m’a demandé de descendre.
Vous voyez qu’il n’y a toujours que deux plus-que-parfait dans la phrase, se référant aux deux moments qui se situent après l’appel et où on se demande ce qu’ils se sont dit pendant l’appel (‘on se demandait ce qu’ils s’étaient dit’)…

Si dans mes deux phrases (celle au passé simple et celle au passé composé) ci-dessus, vous retrouvez le sens que vous voulez exprimer, alors il ne faut que deux plus-que-parfait.
Vous ne pouvez pas mettre « freiner » au plus-que-parfait comme on vous le conseille, ce n’est pas une action antérieure à l’appel, et vous avez raison de revenir immédiatement au passé composé.
Vous ne pouvez pas conserver « poser son regard » au plus-que-parfait, comme on vous le conseille au prétexte qu’on serait encore dans une antériorité à je-ne-sais-quoi. L’appel est fini, c’est écrit clairement, vous devez obligatoirement repasser au passé composé pour reprendre le cours normal de votre récit.

Merci de prendre un peu de temps pour nous dire clairement à quel temps vous construisez la totalité de votre récit, et donner la chronologie des cinq verbes : savoir, dire, freiner, réconforter, poser. Pour dire lesquels s’inscrivent dans le cours normal du récit, et lesquels marquent une antériorité par rapport à un autre. De toute façon, il faut faire ce travail pour l’ensemble du récit, et non simplement se poser la question une fois de temps en temps.

Pie Débutant Répondu le 7 juin 2022
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