RE: Accord verbe

Répondu

Bonjour,

Je lis dans un texte :
Comment expliquer que ces récits, que leur auteur a volontairement pensé en situation dans son époque […], apparaissent d’une confondante actualité.
Ne faudrait-il pas accorder « pensé » avec « récits » : pensés ?

Merci !

mperrier Amateur éclairé Demandé le 1 août 2022 dans Accords

Oui.

le 1 août 2022.

Pour les raisons que (a) Tara vous répond « oui » à une question interronégative, (b) qu’elle se permet de répondre en commentaire plutôt que de donner une vraie réponse pouvant recevoir des commentaires, des votes positifs, des votes négatifs, et pouvant être référencée par un lien, et (c) que les réponses en un mot ont davantage pour objet d’afficher un mépris pour la question voire pour son auteur que d’y répondre du mieux possible… pour ces raisons, ne tenez aucun compte de la réponse de Tara mise ci-dessus en commentaire.

le 1 août 2022.
3 Réponses
Meilleure réponse

L’auteur a possiblement fait le choix, assez fréquent, de l’invariabilité du participe passé des verbes attributifs. Cela mérite une vérification.
On peut estimer que certaines expressions peuvent avoir la valeur syntaxique d’un attribut. Il est d’équerre = il est droit. Il est de bonne composition = il est tolérant. Il est en première position = il est premier… Si vous acceptez l’idée que l’expression « en situation » puisse être considérée comme un attribut (disposé, prêt, adapté, correspondant…), alors poursuivons, mais si pour vous c’est un complément essentiel du verbe : il est « dans une situation » comme il serait « dans un endroit », alors vous avez raison, l’accord est considéré par les grammaires comme obligatoire (j’ignore pourquoi mais c’est comme ça). Le verbe n’est plus assimilable à un verbe attributif.

Étudions cependant le cas où nous serions en présence d’un verbe attributif suivi d’une expression ayant valeur d’attribut.
Selon presque toutes les grammaires, le choix de ne pas accorder est possible :
— Je l’avais cru partie. Les journaux l’ont dit morte. Une pratique qu’on a longtemps pensé abolie.
— Une armée qu’on n’avait pas cru en situation de résister, ni en capacité de gagner la guerre.
— Une personne qu’on pensait vivante. Une personne qu’on a pensé en vie.
Le principe de cette absence d’accord est qu’on ne croit pas, qu’on ne dit pas, qu’on ne pense pas, une personne ; mais qu’on croit, qu’on dit, qu’on pense, que cette personne est morte ou en vie.
Des auteurs accordent cependant, deux logiques différentes se confrontent.

C’est ainsi qu’on écrit validement :
— L’auteur avait pensé que ces récits étaient authentiques.
— L’auteur avait pensé ces récits authentiques.
— Des récits que l’auteur avait pensé(s) authentiques.
— Des récits que l’auteur avait pensé(s) en situation.
— Des récits que l’auteur a voulu(s) authentiques.
— Des récits que l’auteur a voulu(s) en situation.
L’adjectif « authentique » étant « attribut », nombre de grammaires autorisent l’accord comme l’absence d’accord.

Quand le sens de « on pense cette personne… » est « on pense que cette personne est… », et qu’on complète par un attribut, l’absence d’accord est possible et logique. L’auteur de la phrase que vous nous soumettez a peut-être tenté de suivre cette règle. J’ai répondu pour montrer qu’il y a des cas possibles d’invariabilité d’un participe passé, car les mots antéposés ne constituent pas forcément à eux seuls des compléments d’objet direct.

Cela dit, votre phrase fonctionne probablement différemment, c’est une phrase de sociologues, de fonctionnaires, de membres de cabinets de conseil…
— il faut repenser nos mobilités, comment penser la ville de 2050, une nouvelle façon de penser la citoyenneté…
Si le sens philosophique « penser la mort » est classique, le sens « il a pensé le récit en situation«  est totalement débile. Je vous suggère de ne faire que survoler ce genre de livres, et quand par exemple vous tombez sur une phrase se terminant par « une confondante actualité« , de ne pas perdre votre temps à creuser la pensée de l’auteur, ni les raisons de tel ou tel accord. C’est juste un type payé pour écrire des trucs débiles avec notre argent, il n’y a aucune analyse syntaxique à faire.

Quand on est philosophe, on a le droit de dire des choses du style « il faut s’efforcer de penser l’impensé, de penser l’objet non pas dans sa dimension déjà analysée et exprimée, mais dans sa dimension naturelle ou essentielle, dans la dimension qu’il avait avant même qu’on le pense ».
Mais on ne peut pas écrire que « ce récit a été pensé en situation dans son époque ». Ce n’est pas possible d’écrire cela, et ce n’est pas pour une raison d’orthographe ou syntaxe. C’est juste parce ça n’a aucun sens.
Cette phrase :
— Ces récits, que leur auteur a volontairement pensé(s) en situation dans son époque, apparaissent d’une confondante actualité.
est juste de la *** .
On ne peut pas discuter de l’orthographe des mots d’une telle phrase, ni des accords.

Benezet Grand maître Répondu le 1 août 2022
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