RE: Accord en nombre de l’adjectif
Bonjour à tous,
J’ai un doute quant à l’accord en nombre de l’adjectif dans la phrase suivante.
« Lorsque nous avons un piètre image de nous-mêmes, nous avons tendance à nous sentir indigne de confiance. »
Merci d’avance !
Nous » peut en effet, avoir différentes valeurs.
Il y a le « nous exclusif » qui correspond à « nous autres » et le « nous inclusif » qui correspond à moi et toi/vous.
Lorsque nous avons une piètre image de nous-mêmes, nous avons tendance à nous sentir indignes de confiance.
Ici le « nous » est clairement inclusif même si cette inclusion est très large et du même type que : nous sommes tous des mortels.
L’adjectif se met au pluriel dans les deux cas.
Ce serait d’ailleurs le cas aussi avec un nous exclusif : nous ne sommes pas plus bêtes que vous
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Les seuls cas ou « nous « est considéré comme singulier, c’est le cas du « nous de majesté » : nous, roi de France, entendons être seul...et celui du « nous de modestie » : comme nous l’avons écrit plus haut, nous avons été intéressé…
(en ces cas, le verbe se conjugue normalement mais les adjectifs sont au singulier.)
Bonjour Tara,
je suis tout à fait d’accord avec votre analyse et dans l’exemple demandé, après un nous qui peut tout à fait désigner un collectif, l’emploi du pluriel permet d’assurer un « sans faute » à la rédactrice.
Néanmoins, en interrogeant la toile, je trouve par exemple cet extrait d’article de philosophie qui me laisse dubitatif :
» […] Ce qui est important ici, c’est qu’en prenant conscience que nous sommes celui que nous voyons dans le miroir, sur une photo ou une vidéo, nous prenons simultanément conscience de ce que nous représentons pour autrui. Et nous n’en prenons pas vaguement conscience, comme le font certains animaux évolués, qui ont bien le sentiment d’exister ; nous le faisons de manière totalement claire, et potentiellement grave – car cette conscience réflexive peut nous amener à nous poser nombre de questions existentielles, métaphysiques et religieuses. C’est également elle qui fait que nous prenons soin de notre apparence, en fonction de critères culturels, et non pas naturels (maquillage, coiffure, habits, etc.).
Dans un miroir, nous nous voyons comme nous croyons qu’autrui nous voit, voit notre apparence. C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes capables de nous voir nous-mêmes dans notre tête comme l’on dit, en projetant en nous l’image de ce que nous supposons être. […] »
D’un côté, une expression dans le propos du philosophe démontre que le nous y possède une valeur singulière (nous sommes celui) et de l’autre un accord grammatical est fait au pluriel (nous sommes capables). Avouez qu’il y a là quelque chose de déroutant ! Faut-il s’accommoder de cette incohérence ou considérer qu’à côté des nous de majesté et de modestie, il y aurait un nous de psychologie… aux règles semblables ou aux règles spécifiques ?
