RE: Accord du verbe avec plusieurs sujets / requête envers
Bonjour,
Je souhaiterais obtenir une précision d’accord et de construction :
1. Cette terrible vision, ce sentiment d’effroi la laisse (laissent ?) décontenancée. (Parfois, quand il y a deux sujets synonymes, le verbe peut être au singulier. Serait-ce le cas ici ?)
2. Il portait une cuirasse qu’aucune lance, aucune épée ne pourrait (pourraient ?) transpercer.
3. requête envers (il a une requête envers elle). Cette formulation est-elle correcte ?
Merci pour vos réponses.
Bonsoir,
1. Il est évident si l’on considère le sens qu’il y a ici un seul sujet. On peut en rajouter que le singulier serait toujours requis :
« Cette terrible vision, ce sentiment d’effroi, cette horreur innommable, (quoi que ce soit ces 3 locutions désignent le même sujet) la laisse décontenancée.
2. Le singulier pour la même raison, mais le sens voudrait que les deux termes soient intervertis :
Il portait une cuirasse qu’aucune épée, aucune lance ne pourrait transpercer.
3. Envers quelqu’un signifie à l’égard de quelqu’un, Vous ne pouvez pas avoir une requête à l’égard de quelqu’un.
Si votre requête porte sur la personne, une tournure correcte serait par exemple : « il a une requête à son sujet » ou « …la concernant » ou encore « …qui la concerne »
Un sentiment ne peut pas désigner un objet du monde. Je suis témoin d’un attentat, il y a des victimes en nombre : c’est une vision d’horreur, mais ce n’est pas un sentiment d’effroi (ça suscite un sentiment d’effroi, c’est donc une cause, un déclencheur).
Donc Cette terrible sensation, ce sentiment d’effroi la laisse décontenancée, OUI (dans la mesure où ces syntagmes ne désignent pas des choses concrètes, le pluriel serait acceptable) ; Cette terrible vision, cet effroyable spectacle la laisse décontenancée, OUI (itou, on peut estimer qu’on ne désigne pas exactement la même chose ; ce n’est pas exactement comparable à si par exemple – pour désigner une même personne – on disait À notre père et oncle qui a jamais restera dans notre cœur, où là le pluriel est absolument inenvisageable) ; mais la phrase de Marisa, NON.
Par conséquent, si on accepte cette phrase (que je trouve franchement mauvaise), il faut bien y voir deux syntagmes désignant deux réalités distinctes et partant accorder le verbe au pluriel.
Si la requête porte sur la personne (registre juridique), on trouve effectivement la préposition envers ; mais je ne l’avais pas indiqué puisque j’avais fait préciser à Marisa le sens qu’elle avait en tête, qui n’était pas celui juridique.
