RE: Accord avec « ce »
Bonjour,
je ne sais pas comment accorder le verbe être dans la situation suivante :
« Ce que j’avais pris pour des antennes étai(en)t en fait des poils rétractables, dont elle se servait sûrement pour s’orienter. »
Savez-vous si le pluriel est défendable ? Si le singulier est de mise ? Merci de porter votre attention éclairée à mon problème ténébreux
Bien à vous
Bonjour,
Vous avez raison de vous poser la question car si le pronom neutre ce est généralement considéré comme neutre et singulier, le présentatif c’est peut néanmoins se tenir au pluriel (ce sont, ce furent, c’étaient) et cela est même considéré par de nombreux linguistes comme relevant d’un langage « soigné ». Vous pouvez donc écrire sans commettre de faute : « C’étaient des poils rétractables. » Est ce que l’adjonction d’une relative après ce oblige à rétablir le verbe être au singulier ? En général, oui, car c’est l’ensemble pronom + proposition ainsi constitué (Ce que j’avais pris pour des antennes) qui devient le sujet et à l’instar d’une proposition sujet est de genre neutre et de nombre singulier. Néanmoins vous trouverez des exceptions, notamment lorsque la relative est courte : Ce que vous dites sont des passions d’ignorance (Rohrbacher) / Ce que vous dites sont tout autant de visions (Grammaire des grammaires, Girault-Duvivier) / Tout ce que vous dites sont des mystères (Laurens). Lorsque la relative est plus longue, on reprend le plus souvent le pronom, ce qui vous laisse alors la liberté de choisir le nombre : Ce que j’avais pris pour des antennes, c’était/ c’étaient en fait des poils rétractables… Sachez en tout cas que le présentatif c’est au singulier devant un attribut pluriel n’est jamais fautif, quoiqu’on en dise.
« c’est au singulier devant un attribut pluriel n’est jamais fautif, quoiqu’on en dise. » : il est important de le rappeler. Merci Bruno.
