RE: typographie des pensées intégrées dans le texte : majuscule ou non après deux points
En ponctuation on ne met pas de majuscule après deux points.
Mais lorsque les pensées sont intégrées dans le texte d’un roman, donc sans guillemets, je me demande si je peux/dois malgré tout laisser la majuscule, comme pour une réplique indépendante. Exemple : C’est à ce moment-là que j’ai pensé : Suis-je condamnée ?
En typographie classique, si vous isolez du texte long (phrase complète) en style direct, il faut laisser entre guillemets après un deux-points. La citation termine normalement la phrase :
– C’est à ce moment-là que j’ai pensé : « Suis-je condamnée ? »
Lorsque la phrase est très courte et peu caractéristique, on peut se demander s’il n’est pas opportun de laisser en style indirect, mode habituel de la narration :
– C’est à ce moment-là que je me suis demandé si j’étais condamnée.
C’est un critère essentiellement stylistique bien sûr, mais comme correcteur j’ai constaté depuis des années une prolifération des passages en style direct dans les ouvrages. Sans préjuger de leur intérêt, on observe donc une multiplication des signes typographiques et un enchevêtrement parfois délicat de vrais dialogues, de coupures intempestives, de réflexions des personnages, de répliques ultrabrèves (oui, bonjour, etc.) On finit parfois par se demander qui parle et où on en est de l’action.
