RE: Adverbe ou conjonction de subordination ?
Bonjour,
Dans la phrase suivante : « Je lui expliquai comment elle devait s’y prendre. », quelle serait la nature du mot « comment » ?
On le définit généralement comme un adverbe, mais ici il semble introduire une subordonnée complétive du verbe « expliquai ».
Est-ce qu’un adverbe peut introduire une complétive ? Considère-t-on alors qu’il n’est pas adverbe mais conjonction de subordination ? Enfin, est-ce que la complétive est aussi interrogative indirecte, bien qu’aucune interrogation ne soit entendue ?
Je pense qu’il faut éviter de confondre nature et fonction d’un mot.
La nature de comment est bien celle d’un adverbe et il est d’ailleurs étymologiquement formé comme une grande partie d’entre eux avec la désinence -ment. C’est l’équivalent parfait de la locution adverbiale « de quelle manière » : Comment est-il venu ? (= Il est venu de quelle manière, avec quels moyens? )
Il peut être utilisé fonctionnellement comme conjonction de subordination dès lors qu’il introduit une proposition subordonnée : Je me demande comment il est venu. (à comparer à je me demande s’il est venu, où si est incontestablement une conjonction)
Je ne pense pas qu’il y ait confusion !
J’ai bien compris, grâce à vos réponses, que l’adverbe pouvait introduire une subordonnée. Ma question portait sur deux classes grammaticales, l’adverbe et la conjonction de subordination.
En fait, je ne comprends pas bien votre emploi du terme « fonctionnellement » ; un adverbe ne change pas de nature selon le contexte, et la conjonction de subordination n’est pas une fonction grammaticale, comment un adverbe pourrait donc avoir la conjonction de subordination pour fonction ? Vous entendiez peut-être que l’adverbe pouvait tenir le rôle de mot subordonnant ?
Je pense que vous avez compris ce que je disais. La grammaire scolaire est ce qu’elle est, souvent simplifiée pour des raisons pédagogiques. Ses appellations sont des commodités qui ne recouvrent qu’imparfaitement la réalité profonde de la langue mais personne n’a trouvé mieux.
La différence nature-fonction se rencontre ailleurs et l’on a vu des grammairiens parler « d’adjectif invariable » pour qualifier un adjectif (nature) simplement employé de manière adverbiale (fonction). De nombreux noms (nature) se retrouvent avec une fonction adjectivale lorsque placés en apposition à un autre nom. Le participe présent et l’adjectif dérivé d’un verbe ont eu du mal à se différencier et continuent d’entretenir des relations ambigües. Ce serait trop long de continuer.
Dans votre exemple, on a donc bien un adverbe (nature) utilisé comme conjonction (fonction). Le cas est fréquent puisque pourquoi, quand, où, cités par Tara subissent le même sort. Mais si est une pure conjonction et ne peut se retrouver isolément.
Pour certains (comme, par exemple), ils sont si divers que des grammairiens rechignent à les qualifier.
