RE: l’histoire avec un grand H
Bonjour,
On peut écrire l’Histoire avec un grand H pour distinguer les histoires de chacun et celle, commune, de l’aventure humaine.
Cette distinction, au moyen de cette majuscule, peut-elle s’appliquer à d’autres mots? Comme la science, la musique, etc…
Il faut rappeler qu’en typographie « moderne », la majuscule à tout nom commun répond un à souci unique et invariant : distinguer, dans un contexte donné, ce qu’on nomme valeur absolue de la valeur relative. Chaque élément de la définition compte :
– Dans un contexte donné : une majuscule se justifiera dans un ouvrage, pas dans un autre :
– Valeur absolue : le mot a une valeur permanente et bien déterminée. L’article est normalement l’article défini ;
– Valeur relative : le mot appelle un complément (explicite ou non), peut se mettre au pluriel (ou à l’autre genre).
Pour Histoire, le référentiel occidental bien partagé est celui de « ensemble des évènements passés rapportés par écrit ».
La majuscule disparait avec les variations :
– L’histoire de la France (complément limitatif) de telle date à telle autre ;
– Une brève histoire des révoltes paysannes (article indéfini) ;
– Appartenir aux histoires des pays européens (pluriel).
Ce cas-là est bien connu et se passe normalement de définition. Mais rien n’empêche d’appliquer la même logique à n’importe quel nom qui prend une valeur absolue dans un texte. Dans un ouvrage de musicologie, on pourra par exemple définir « la Musique » comme « l’ensemble des phénomènes sonores organisés créés par l’Homme » (Homme = l’être humain). Tous les autres emplois seront alors dotés d’une minuscule initiale : la musique des sphères, une musique céleste, les musiques antiques, etc.
Il convient de se méfier des majuscules dites « d’allégorie », généralement affectées par les poètes débutants à tout mot qu’ils personnifient. On en trouve souvent des quantités telles que cela discrédite rapidement cet usage. Même Baudelaire ne l’utilise pas dans un de ses plus célèbres poèmes :
« La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile […] «
En conclusion, il y a autant de noms avec majuscule initiale que de besoins dans un texte. L’important reste la définition rattachée à cet usage, précaution préliminaire rarement observée par les auteurs (sauf dans le domaine scientifique).
