RE: conditionnel passé seconde forme et concordance des temps (eût/eut + p.p.)
Bonjour tout le monde,
Dans le test 9 du livre « Certificat Voltaire – Un entraînement intensif à l’épreuve d’orthographe » (Dominique Dumas), question 194, on nous propose la phrase suivante :
« Il eut pu aider cet enfant s’il l’eut voulu ; il lui aurait offert une vie toute autre. »
La correction proposée est :
« Il eût pu aider cet enfant s’il l’eût voulu ; il lui aurait offert une vie tout autre. »
Si je comprends la correction au verbe « pouvoir » (l’auxiliaire du conditionnel passé II prend un accent circonflexe à la troisième personne du singulier), je ne la comprends pas pour le verbe « vouloir ». Pour moi, il faudrait de l’indicatif. Pourriez-vous m’éclairer à ce sujet ?
En vous remerciant par avance pour votre aide.
Note : pour m’aider à comprendre la phrase et savoir quels temps employer, je remplace le conditionnel passé II par un conditionnel passé classique, et cela me donne « Il aurait pu aider cet enfant s’il l’avait voulu ». Mon erreur et mon incompréhension viennent peut-être de là.
Si, logique il y a.
Il faut d’abord bien comprendre le sens de l’imparfait ou du plus que parfait dans la subordonnée introduite par si
Il eût pu aider cet enfant s’il l’eût voulu = Il aurait pu aider cet enfant s’il l’avait voulu
ou au présent :
Il pourrait aider cet enfant s’il le voulait
L’imparfait (ici l’imparfait de l’auxiliaire) n’a aucune valeur temporelle. Sa valeur est uniquement modale. Il marque l’irréel comme le ferait un conditionnel.
Le plus que parfait indique l’antériorité comme le ferait un conditionnel passé.
Alors pourquoi l’imparfait ? Il faut trouver la réponse dans l’histoire de la langue.
Voici un extrait de l’article qui traite du sujet : Aux origines des emplois modaux de l’imparfait. Le cas de l’emploi hypothétique et de l’emploi contrefactuel par Adeline Patard et Walter De Mulder
Aux origines des emplois modaux de l’imparfait. Le cas de l’emploi hypothétique et de l’emploi contrefactuel | Cairn.info
« Dans ces tours, l’imparfait donne lieu à des interprétations qui divergent nettement de sa valeur habituelle de passé imperfectif, valeur à laquelle il est associé dans les descriptions ou dans les séquences à l’arrière-plan de narrations. Le sens ici produit se distingue d’abord sur le plan modal. L’imparfait implique en une distance épistémique vis-à-vis de la réalité du locuteur : il renvoie ainsi respectivement, dans les tours contrefactuel et hypothétique, à une situation dont la réalisation a été contrariée ou qui apparaît comme improbable voire irréelle «
