RE: Que s’était-il passé pour que…
Bonjour à tous, et merci d’avance pour votre aide précieuse.
J’ai une question concernant cette phrase qui me pose problème :
« Il réfléchissait. Que s’était-il passé avec son père pour que sa voiture ait brûlé de la sorte ? »
Les temps sont-ils juste ? J’ai l’impression que quelque-chose cloche. J’ai aussi envisagé : « Il réfléchissait. Que s’était-il passé avec son père pour que sa voiture brûlât de la sorte ? »
Mais ça me semble encore pire… ça ne collerait pas non plus avec le reste de mon texte.
Auriez-vous des suggestions ?
Merci d’avance !
La différence entre les temps composés et les temps simples :
Le temps composé exprime l’aspect accompli :
Que s’était-il passé avec son père pour que sa voiture eût brûlé de la sorte ?
Le temps simple non : Que s’était-il passé avec son père pour que sa voiture brûlât de la sorte ?
C’est donc vous qui choisissez, selon que vous voulez ou non insister sur l’idée d’achèvement (eût brûlé) ou sur le processus (brûlât)
Remarque : les temps imparfait et plus que parfait du subjonctif sont souvent remplacés par le passé du subjonctif : ait brûlé ou présent du subjonctif brûle : parce que les premiers tombent plus ou moins en désuétude et que le verbe de la principale suffit à renseigner sur le temps.
La réponse de Tara est la plus pertinente. Bien sûr, la notion d’accompli implique l’existence d’une antériorité, mais c’est bien l’accompli qu’exprime expressément le temps composé. Aucune obligation à ce que le temps de la subordonnée soit totalement dépendant de celui de la principale.
Exemples :
Que lui a-t-on dit pour qu’elle tremble ainsi ?
L’emploi du présent n’informe que sur le processus de tremblement. Il ne dit pas s’il a cessé (ce qui est possible) ou s’il perdure.
Que lui a-t-on dit pour qu’elle ait ainsi tremblé ?
Que lui avait-on dit pour qu’elle eût ainsi tremblé ?
L’emploi du passé (ou du plus-que-parfait) informe de l’accomplissement du processus (celui-ci est terminé). Le fait que le tremblement soit postérieur aux propos (et non antérieur) n’interdit pas l’usage d’un temps composé dans la subordonnée (l’antériorité du procès de celle-ci est marquée par rapport au référentiel de la narration.)
Oui votre précision est importante : Le temps de la subordonnée ne dépend pas totalement de la principale. Il faut toujours se garder des automatismes et réfléchir en contexte.
Le mode subjonctif est commandé ici par l’expression du but (le fait est pris dans une projection de la pensée).
