RE: S’agit-il de cet étudiant dont tu nous avais parlé ? (DONT ou QUE)

Bonsoir,
Je suis en train de préparer le Voltaire et dans le livre Certificat Voltaires 20 tests corrigés Vuibert, test 1 question 158 j’ai une « colle » :
S’agit-il de cet étudiant dont tu nous avais parlé ?
J’ai répondu faux car pour moi on devrait dire « S’agit-il de l’étudiant dont tu nous avais parlé », pour ne pas avoir dans une même phrase DE CE et DONT.  Or le livre considère que la phrase est juste.
Pouvez vous m’éclairer ?

manue78 Débutant Demandé le 10 juillet 2023 dans Général
4 Réponses

Je suis assez d’accord avec vous sur le principe, dans les phrases simples, on choisit entre un déterminant démonstratif et une relative déterminative. Il y a apparemment une double détermination avec « ce » et « dont » :
— Je me méfie des gens dont on dit trop de bien.
— Je me méfie de ces gens.
La double détermination crée une redondance :
— Je me méfie de ces gens dont on dit trop de bien.

Quand à la fois on montre et on décrit, quand à la fois on rappelle et on décrit, il peut y avoir une redondance volontaire, un effet de style, qui est acceptable en considérant syntaxiquement la relative comme descriptive plutôt que déterminative :
— Vois-tu cet homme qui vient vers nous ?
— Connais-tu cet homme dont je t’ai parlé hier ?
Mais quand la relative est fondamentalement déterminative, cet artifice est incorrect :
— Prends ce dessert que tu préfères (au lieu de prends ce dessert ou prends le dessert que tu préfères).

Dans votre phrase, les premiers mots « il s’agit de » disent clairement qu’il s’agit de déterminer précisément l’étudiant, et pourraient appeler une construction stricte :
— De qui s’agit-il ?
— Il s’agit de cet étudiant (soit qu’on le montre, soit qu’on vient d’en parler)
— Il s’agit de l’étudiant dont je t’ai parlé hier
L’effet de style est intéressant dans une phrase qui ne répond pas à la question « qui est-ce ? » :
— Je déjeune ce midi avec cet étudiant dont je t’ai parlé hier (la relative étant construite comme un développement)
Beaucoup moins pour limiter l’information à la désignation d’une personne :
— De qui s’agit-il ? Il s’agit de cet étudiant dont je t’ai parlé hier (la réponse étant dans la relative, le démonstratif est artificiel)

Mais si vous pensez que l’exercice ne porte que sur dont/que, il ne faut pas tenir compte de cette objection, il ne faut pas tenir compte de l’objection qui précède, il ne faut pas tenir compte de cette objection qui précède.

CParlotte Grand maître Répondu le 11 juillet 2023

Développement très pertinent qui peut servir à une correction stylistique mais certains contextes pouvant justifier la redondance, jamais le projet Voltaire ne considérerait cela comme une faute.

le 11 juillet 2023.

@Bruno974,
Ce que j’ai voulu exprimer, c’est que je pense que @manue n’est pas tombée dans le piège « de… dont » que vous évoquez dans votre réponse. Je pense même que votre réponse n’a absolument aucun rapport avec son objection. Je m’étais astreint à ne pas le dire, pour que ma réponse ne soit pas supprimée comme la dernière fois que je vous ai adressé la parole, mais je crois réellement que votre réponse était cette fois-ci encore totalement hors sujet : @manue dit clairement qu’elle a vu une faute dans la redondance « de ce… dont« , non pas à cause de « de… dont« , mais à cause de « ce… dont« . Si le Projet Voltaire ne veut pas traiter ce dernier sujet (dont les frontières ne sont pas nettes entre la syntaxe et le style), très bien, mais pourquoi alors piéger les exercices ? Il suffisait d’utiliser l’article défini, et @manue n’aurait pas perdu le point, car c’est bien « de cet étudiant… dont » qu’elle met en cause. Jamais elle n’aurait critiqué « de l’étudiant… dont« , et c’est même ce qu’elle propose. Je pense qu’elle connaît parfaitement l’interdiction de la redondance « de… dont » quand les mots se rapportent au même verbe, et n’y voit aucune objection quand il s’agit de verbes différents.
On peut lui compter une faute pour avoir critiqué à tort la double détermination « ce… dont« , s’il s’avère qu’elle est ici correcte, mais surtout, qu’on ne lui compte pas cette faute sur une règle qu’elle connaît, qu’elle respecte, et que vous lui exposez cependant dans votre réponse.
Elle n’a commis absolument aucune faute en relation avec la règle sur laquelle vous insistez.

le 11 juillet 2023.

Vous avez peut-être raison mais le titre de la question interroge sur dont ou que .

le 11 juillet 2023.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.