RE: fût-elle

Bonjour,
Le « fût-elle du zèle » dans le texte suivant n’est-il pas de trop ? N’y a-t-il pas toujours une part de zèle dans l’invective ?
L’avocat le cède au militant politique. Il en adopte le sabir et les mauvaises manières : l’invective, fût-elle du zèle.

missnath Amateur éclairé Demandé le 6 avril 2023 dans Question de langue
5 Réponses

Invective : Discours violent et injurieux contre quelqu’un ou quelque chose. – Injure proférée avec emportement. 
zèle : Ardeur, empressement, dévouement mis au service d’une cause ou d’une personne, ou à l’accomplissement d’une tâche.
TLF

l’invective, fût-elle du zèle :
Pour qu’il y ait pléonasme, il ne suffirait pas qu’il y ait du zèle dans une invective, il faudrait que les deux termes aient le même sens ou du moins dise la même chose.
Par exemple : Il y mit du zèle avec ardeur serait un pléonasme inutile parce que zèle = ardeur.

Quant à la pertinence de votre formulation, c’est autre chose : notez les mots soulignés ci-dessus : le zèle  s’applique à une tâche. Une injure, un discours, ne sont pas des tâches. De plus vous suggérez que invective = zèle et donc qu’une injure est une ardeur.
>> l‘invective fût-elle l’effet d’un zèle serait une bonne formulation.

Mais on ne voit pas très bien ce que vous voulez dire avec : L’avocat le cède au militant politique. Il en adopte le sabir et les mauvaises manières : l’invective, fût-elle du zèle. On ne voit pas la relation de sens entre les deux propositions séparées par les deux points. Les deux points annoncent normalement, une explication.

Tara Grand maître Répondu le 6 avril 2023
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